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lundi 12 décembre 2016

COMMÉMORATION MÉDÉA 2000 - 2016

Il y a bientôt seize ans, s’est produit le massacre d’une vingtaine de lycéens de Médéa (Algérie) par des islamistes. Ayons une pensée pour leur mémoire.






Il y aura 16  ans dans quelques jours, massacre d’une vingtaine de lycéens de Médéa (Algérie), assassinés dans le dortoir de l’internat de leur lycée technique par des islamistes le 16 décembre 2000.

Depuis, j’ai vainement cherché, auprès du Ministère français de l’Éducation Nationale et d’Amnesty International une réaction quelconque à ce massacre, une manifestation de solidarité avec les lycéens algériens ...

rfi, 16 décembre 2000

C'est dans la nuit de samedi à dimanche que l'Algérie a connu un autre massacre qui marquera l'histoire d'une guerre qui dure depuis 1992 et aurait déjà fait plus de 100 000 victimes. Au lycée technique de Médéa, une petite ville située à 80 kilomètres seulement au sud d'Alger, les internes gagnent leurs dortoirs, vers 21 h, pour la révision quotidienne de leurs cours. Tandis que les surveillants se retrouvent dans une salle voisine pour établir leurs rapports journaliers. Soudain une baisse de tension inquiète un garde, qui s'assure aussitôt du bon fonctionnement des disjoncteurs ; puis, rassuré, il dit aller regarder la télé dans le foyer. En fait un groupe de terroristes s'est déjà infiltré dans un des blocs de l'internat, en passant par la façade aveugle du lycée dressée en contrebas, qui longe l'oued Lahreche, non loin d'un bois connu de tous : il est devenu depuis longtemps une véritable base de repli pour un des GIA qui ont refusé l'offre d'amnistie du président Bouteflika d'il y a un an et demi. 

En quelques minutes seulement le massacre est accompli. Presque en centre-ville, pas dans un douar isolé sur les collines de Médéa. Les terroristes, portant des vestes civiles mais des pantalons militaires, ouvrent d'abord le feu dans le dortoir, puis achèvent les jeunes lycéens à la hache; tandis que la panique gagne tous les présents. « Nous ne savions plus que faire, a raconté par la suite un surveillant. Tout le monde cherchait un coin obscur pour déjouer l'attention des terroristes. Je ne sais même plus qui a mis la sirène en marche ». Selon lui, cette sirène a fait fuir le commando «ou du moins écourté leur acte sanglant ». Six ou sept minutes plus tard les services de sécurité étaient sur les lieux. Ils n'ont pu que constater le massacre : « les cadavres des internes baignaient dans le sang. La plupart s'étaient cachés sous les lits », a précisé le surveillant. Quelques heures plus tard, dix-neuf lycéens âgés de 15 à 18 ans et deux surveillants gisaient à la morgue de Médéa. D'autres, grièvement blessés, étaient soignés à l'hôpital.
Un autre ramadan dans le sang


Une autre source sur ce massacre est LEFIGARO.fr du 17 décembre 2000.

" Des lycéens massacrés dans un internat en Algérie. Un groupe armé a assassiné au moins 16 élèves et un surveillant du lycée technique de Médéa, à 80 km au sud d’Alger dans la nuit de samedi [16] à dimanche [17]. La presse rapporte d’autre part que 18 islamiques ont été abattus par les forces de sécurité lors d’une opération qui s’est déroulée de mardi à jeudi dans la région de Jijel. "

" ALGER - Les jeunes ont été tués par balles par un groupe armé qui s’était introduit vers 21H30 locales (20H30 GMT) dans l’internat du lycée technique de Médéa situé en pleine ville, selon les mêmes sources. Le groupe armé, qui appartiendrait au Groupe Armé Islamique (GIA) d’Antar Zouabri, s’est introduit dans le dortoir à la faveur de l’obscurité et a tiré sur les élèves et leurs surveillants. Selon certains témoignages, le nombre de victimes pourrait être de dix neuf lycéens et de deux surveillants. Les victimes seraient âgées de 15 à 18 ans. Il s’agit du plus important massacre de civils depuis le début du ramadan, le mois de jeûne sacré musulman qui a débuté le 27 novembre. Quelque 200 personnes ont été tuées dans des violences en Algérie depuis cette date, dont une majorité de membres des forces de sécurité et d’islamistes armés, selon un décompte établi à partir d’informations de presse.

La région de Médéa semble particulièrement touchée par les attentats des groupes armés. [...]"


Au moment où l'islam est particulièrement discuté en France avec le halal, le voile, la burka, les abattages rituels, les prières dans les rues

et surtout les derniers attentats : Charlie-Hebdo et Hypercacher, Isère, Bataclan-Paris et St Denis, Magnanville, Nice et Saint Étienne du Rouvray,

il me semble important de rappeler la réponse qu'avaient donnée les islamistes algériens à l'apport par la France de cette belle institution napoléonienne qu'est le lycée.


* * * * *

DAECH 2015, Dar al islam : " « Tout musulman qui lit la charte de la laïcité sait ce qu'elle implique comme mécréance. Lorsque tu mets ton enfant à l'école de la république, tu acceptes qu'il ingurgite cette bouillie de mécréance, corrompant ainsi sa prime nature et lui faisant emprunter les voies des gens de l'Enfer. » " La propagande de Daech s'en prend à l'école française ", Le Figaro, 2 décembre 2015.



mercredi 12 octobre 2016

ALBERT CAMUS AUX ÉTUDIANTS SUÉDOIS (1957) suivi de LES MOYENS JUSTIFIENT LA FIN

À l'ambassade de France


A / Albert Camus à Stockholm devant des étudiants suédois
B /  Lettre d'Albert Camus au directeur du "Monde", Paris, le 17 décembre 1957 :
C / LES MOYENS JUSTIFIENT LA FIN


A / Albert Camus à Stockholm devant des étudiants suédois :


   "Après avoir évoqué l’objection de conscience et le problème hongrois, de lui-même Camus lança l’invite non déguisée : « Je n’ai pas encore donné mon opinion sur l’Algérie, mais je le ferai si vous me le demandez. » Camus affirma la « totale et consolante liberté de la presse métropolitaine. Il n’y a pas de pression gouvernementale en France, mais des groupes d’influence, des conformistes de droite et de gauche. Croyez-moi, c’est ma conviction la plus sincère, aucun gouvernement au monde ayant à traiter le problème algérien ne le ferait avec des fautes aussi relativement minimes que celles du gouvernement français. »

   Un représentant du FLN à Stockholm demanda alors à Camus pourquoi il intervenait si volontiers en faveur des Européens de l’Est mais ne signait jamais de pétition en faveur des Algériens. À partir de ce moment le dialogue devint confus et dégénéra en un monologue fanatique du représentant du FLN, qui lança slogans et accusations, empêcha l’écrivain de prendre la parole, et l’insulta grossièrement. [...] Camus parvint enfin, non sans peine, à se faire entendre.
« Je n’ai jamais parlé à un Arabe ou à l’un de vos militants [du FLN] comme vous venez de me parler publiquement ... Vous êtes pour la démocratie en Algérie, soyez donc démocrates tout de suite et laissez-moi parler ... Laissez-moi finir mes phrases, car souvent les phrases ne prennent tout leur sens qu’avec leur fin. »
   Après avoir rappelé qu’il a été le seul journaliste français obligé de quitter l’Algérie pour avoir défendu la population musulmane, le lauréat Nobel ajouta :

« Je me suis tu depuis un an et huit mois, ce qui ne signifie pas que j’ai cessé d’agir. J’ai été et suis toujours partisan d’une Algérie juste, où les deux populations doivent vivre en paix et dans l’égalité. J’ai dit et répété qu’il fallait faire justice au peuple algérien et lui accorder un régime pleinement démocratique, jusqu’à ce que la haine de part et d’autre soit devenue telle qu’il n’appartenait plus à un intellectuel d’intervenir, ses déclarations risquant d’aggraver la terreur. Il m’a semblé que mieux vaut attendre jusqu’au moment propice d’unir au lieu de diviser. Je puis vous assurer cependant que vous avez des camarades en vie aujourd’hui grâce à des actions que vous ne connaissez pas. C’est avec une certaine répugnance que je donne ainsi mes raisons en public. J’ai toujours condamné la terreur. Je dois condamner aussi un terrorisme qui s’exerce aveuglément, dans les rues d’Alger par exemple, et qui un jour peut frapper ma mère (1) ou ma famille. Je crois à la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice. » Cette déclaration fut ponctuée d’ovations.
1. La mère d'Albert Camus n'était pas l'épouse d'un gros colon, mais la veuve d'un ouvrier agricole ; elle travaillait comme femme de ménage.

Propos recueillis par Dominique Birmann, Le Monde, 14 décembre 1957 [À l’occasion de la remise à Albert Camus de son Prix Nobel de littérature].


B /  Lettre d'Albert Camus au directeur du "Monde",
Paris, le 17 décembre 1957 :

" Monsieur le directeur,

À mon retour de Suède, je trouve dans "Le Monde" les articles de votre correspondant de Stockholm. Les déclarations qui m'y sont prêtées sont parfaitement exactes sauf une, que je voudrais vous demander la permission de préciser.

Je n'ai pas dit que nos gouvernements n'avaient commis que des fautes mineures dans leur manière de traiter le problème algérien. A la vérité, je pense le contraire. Mais à des questions mettant en cause la liberté d'expression des écrivains français, j'ai dit qu'elle était totale. A une autre question mettant en cause la liberté de notre presse, j'ai dit que les restrictions qui avaient pu être apportées à cette liberté par des gouvernements empêtrés dans la tragédie algérienne, avaient été jusqu'ici relativement mineures, ce qui ne signifie pas que j'approuve ces restrictions, même partielles. J'ai toujours regretté à ce sujet qu'il n'existe pas un ordre des journalistes qui veillerait à défendre la liberté de la presse contre l'État et à faire respecter, à l'intérieur de la profession, les devoirs que cette liberté comporte nécessairement.

Je voudrais encore ajouter à propos du jeune Algérien qui m'a interpellé, que je me sens plus près de lui que de beaucoup de Français qui parlent de l'Algérie sans la connaître. Lui savait ce dont il parlait et son visage n'était pas celui de la haine mais du désespoir et du malheur. Je partage ce malheur, son visage est celui de mon pays. C'est pourquoi j'ai voulu donner publiquement à ce jeune Algérien, et à lui seul, les explications personnelles que j'avais tues jusque-là et que votre correspondant a fidèlement reproduites d'autre part."

Albert Camus

Note en page 1406 du volume IV de la collection Bibliothèque de la Pléiade : cette lettre fut publiée le 19 décembre dans le quotidien.


Philippe Lançon, Libération, 2/1/2010 : Ce dégoût de la violence crée un malentendu peu après le prix Nobel. Lors d’une rencontre avec des étudiants suédois, un étudiant arabe lui reproche, à lui le natif d’Algérie, son silence sur ce qui s’y déroule. Camus, en vérité, s’est beaucoup exprimé. Opposé à l’indépendance, il souhaite une cohabitation équitable des deux populations. Il ne s’est tu que lorsque sa parole lui a semblé vaine et l’impasse politique de plus en plus claire. Par ailleurs, il déteste les pratiques du FLN et flaire sans doute, lui l’anarchiste civilisé, le sinistre appareil d’État qu’il deviendra. A l’étudiant, il répond : « En ce moment, on lance des bombes dans les tramways d’Alger. Ma mère peut se trouver dans un de ces tramways. Si c’est cela la justice, je préfère ma mère. » Dans le compte rendu du Monde, cette phrase devient : «Je crois à la Justice, mais je défendrai ma mère avant la Justice.» Puis la rumeur en fait ce qu’on n’a plus jamais cessé d’entendre : « Entre la justice et ma mère, je choisis ma mère. » Belle histoire de téléphone arabe à propos d’une phrase jamais dite, et dont la signification est tout autre : Camus n’opposait pas la justice à sa terre natale, mais dénonçait, en situation, le terrorisme."

   Cette précieuse lettre du 17 décembre 1957, relativement à la fameuse phrase sur la mère et la justice, confirme la version du quotidien Le Monde et dément celle de Philippe Lançon. Pierre Assouline expliqua parfaitement, dans son blog "La République des Livres" (lemonde.fr, 12 janvier 2010) comment Lançon avait pris un commentaire pour la version originale.

Albert Camus concluait :
"Je dois condamner aussi un terrorisme qui s’exerce aveuglément, dans les rues d’Alger par exemple, et qui un jour peut frapper ma mère ou ma famille. Je crois à la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice”.

D’après Dominique Birmann, correspondant du Monde en Suède et seul journaliste présent dans la salle, des applaudissements nourris saluèrent la fin de la réponse de Camus. Son compte-rendu (en date du 14 décembre 1957) est repris par la presse internationale. Une phrase surtout : la dernière [citée ci-dessus].

Le journaliste devra même produire la bande de son enregistrement pour attester qu’elle a bien été prononcée.

Le traducteur de Camus, l’excellent Carl-Gustav Bjürström, qui était à ses côtés, en a rapporté l’atmosphère à Olivier Todd quand celui-ci préparait sa biographie de Camus (Paris : Gallimard, 1996). Il lui a précisé :
" Par la forme et par le fond, il a voulu dire : si c’est là ce que vous entendez par la justice, si c’est là votre justice, alors que ma mère peut se trouver dans un tramway d’Alger où on jette des bombes, alors je préfère ma mère à cette justice terroriste ".



L'auteur de L'Étranger, de L'Homme révolté et de La Peste.


 C / LES MOYENS JUSTIFIENT LA FIN

   L’obscurantisme ou « ignorantisme militant » décrit par Jean-Claude Milner, « mépris des savoirs que l’on ne maîtrise pas au nom de sa propre absence de savoir» (Jean-Claude Milner, De l’École, Paris : Le Seuil, 1984), , voudrait imposer la prévalence de l’utilité immédiate et de l’action/agitation sur la pensée.

   La sinistre maxime, d’abord jésuite (*), puis totalitaire, « la fin justifiera les moyens », porte ouverte à tous les fanatismes, s’oppose alors au seul principe moral qui pourrait valoir en politique, « les moyens justifient la fin » et cautionne un débat public informe (et en particulier les débats des cafés-philo) par l’argument anti-intellectualiste d’une urgence de l’action politique contre « l’injustice sociale ».
*. En fait, on peut remonter à l'Antiquité :
Ovide : " Exitus acta probat," (L'issue justifie l’action), Héroïdes, II, 85.
   On pouvait lire dans Glaive Rouge, organe de la Tchéka de Kiev :
« Tout nous est permis car nous sommes les premiers du monde à brandir le glaive non pour asservir et réprimer, mais au nom de la liberté générale et de l’affranchissement de l’esclavage. »
Voir aussi Léon Trotski, Leur Morale et la nôtre, Paris :  Pauvert, 1966 :
« Qui veut la fin [la victoire sur Franco en Espagne] doit vouloir aussi les moyens [la guerre civile] avec son cortège d’horreurs et de crimes. »
   Déjà les Jésuites, selon Blaise Pascal: « Nous corrigeons le vice du moyen par la pureté de la fin. » (Les Provinciales, septième lettre, 1656). À contre courant, « L’horrible principe de : La fin justifie les moyens. » notait Alfred de Vigny dans son trop méconnu Journal d’un poète (janvier 1841).

   Ce que j’appelle ici « principe moral » fut ainsi formulé en 1963 par l'apôtre de la non-violence Martin Luther King (1929-1968) :

« Les moyens que nous utilisons doivent être aussi purs que les buts que nous voulons atteindre. [" I have consistently preached that nonviolence demands that the means we use must be as pure as the ends we seek. I have tried to make clear that it is wrong to use immoral means to attain moral ends. (1)" (lettre du 16 avril 1963)] » Martin Luther King, Révolution non-violente/Why we can’t wait, 1963, chapitre V. D’où la condamnation du terrorisme.


NOTE

1. Luther-King ajoutait :
« But now I must affirm that it is just as wrong, or perhaps even more so, to use moral means to preserve immoral ends. Perhaps Mr. Connor and his policemen have been rather nonviolent in public, as was Chief Pritchett in Albany, Georgia, but they have used the moral means of nonviolence to maintain the immoral end of racial injustice. As T. S. Eliot has said : " The last temptation is the greatest treason : To do the right deed for the wrong reason. " »


samedi 30 juillet 2016

VIOLENCE, FEU ET ANATHÈMES DANS LE CORAN





Caricature danoise N° 7


Consulat américain à Benghazi, 12 septembre 2012

« Nous avons préparé pour les coupables un feu dont les flammes les envelopperont. S’ils crient au secours, nous les secourrons avec une eau comme du bronze en fusion pour leur brûler la face. »
Sourate XVIII (la caverne), verset 29. [On pourrait appeler cela le verset du 11/9]

Karl Marx (1818-1883), New-York Herald Tribune, 15 avril 1854 :
"Declaration of War. – On the History of the Eastern Question, London, Tuesday, March 28, 1854" :
« Le Coran et la législation musulmane qui en résulte réduisent la géographie et l’ethnographie des différents peuples à la simple et pratique distinction de deux nations et de deux territoires ; ceux des Fidèles et des Infidèles. L’Infidèle est "harby", c’est-à-dire ennemi. L’islam proscrit la nation des Infidèles, établissant un état d’hostilité permanente entre le musulman et l’incroyant. Dans ce sens, les navires pirates des États Berbères furent la flotte sainte de l'Islam. Comment, donc, l'existence de chrétiens sujets de la Porte [l'empire turc] peut-elle être conciliée avec le Coran ? »

* * * * *

A / Traductions de Malek Chebel, Jean Grosjean, Denise Masson, Édouard Montet et Albert Félix Ignace de Biberstein Kasimirski.
B / Pour répondre à l'objection : " Dans la Bible aussi il y a de la violence ".
C / Au nom d’Allâh le Miséricordieux plein de miséricorde.

Voir aussi Extraits du Coran sur le site de l’Union des Athées.

* * * * *


A / Traductions de Malek Chebel, Jean Grosjean, Denise Masson, Édouard Montet et Albert Félix Ignace de Biberstein Kasimirski.

N.B. Ces références sont faites d’après :

1 : l’édition en collection Points Sagesses, au Seuil, en 1998 (réimpression de juin 2001) ; traduction de Jean Grosjean pour les Éditions Philippe Lebaud, 1979. Réédité en 2004.

2 : l’édition en collection PBP, chez Payot, en 2001 ; traduction d’Édouard Montet en 1958.

3 : l’édition en collection Folio classique chez Gallimard, en 2001 : traduction de Denise Masson en 1967.

4 : l'édition Fayard, en 2009 : traduction de Malek Chebel en 2009.

5 : L'édition Seuil en 2010 :  traduction d'Albert Félix Ignace de Biberstein Kasimirski (première publication en 1840).


J'entends dire trop souvent que le Coran serait systématiquement mal traduit en français, voire intraduisible. Cet argument est difficilement recevable car il relève de l'immense mauvaise foi des croyants musulmans, comme si leur culture était supérieure à la culture occidentale, et leur langue ineffable !! ... J'ai pris grand soin de consulter plusieurs traductions, et j'ai signalé les variantes quand elles étaient significatives.

Au demeurant, j'aimerais bien que l'on me propose, le cas échéant, de meilleures traductions pour les passages concernés, si elles sont contestées.


B / Pour répondre à l'objection : " Dans la Bible aussi il y a de la violence ".

Dans quelques Psaumes (58, 109, etc.), l'auteur (David) en appelle à Dieu pour qu'il punisse ses ennemis. Mais dans le Coran, c'est Dieu qui est supposé enjoindre directement aux musulmans d'être violents envers les mécréants. C'est complètement différent !

Quelques autres exemples de violence divine dans l'Ancien Testament :

NOMBRES XV, 35 Le Seigneur dit à Moïse : Cet homme [qui ramassait du bois le jour du sabbat] sera puni de mort, toute l'assemblée le lapidera hors du camp.
36 Toute l'assemblée le fit sortir du camp et le lapida, et il mourut, comme le Seigneur l'avait ordonné à Moïse. [35 Dixitque Dominus ad Moysen: “ Morte moriatur homo iste ; obruat eum lapidibus omnis turba extra castra ”. 
36 Cumque eduxissent eum foras, obruerunt lapidibus ; et mortuus est, sicut praeceperat Dominus.]
XVIII, 7 Toi [Aaron, grand prêtre], et tes fils avec toi, vous observerez les fonctions de votre sacerdoce pour tout ce qui concerne l'autel et pour ce qui est en dedans du voile: ce sera votre service. Je vous accorde en don l'exercice du sacerdoce. L'étranger qui approchera sera mis à mort. [7 Tu autem et filii tui custodite sacerdotium vestrum et omnia, quae ad cultum altaris pertinent et intra velum sunt, administrabitis. Ministerium do vobis sacerdotium in donum; si quis externus accesserit, occidetur ”.]

JOSUÉ VI-VIII : Massacres de Jéricho et d'Haï. Mais on ne trouve pas ce qu'avait cru y lire Michel Onfray : " la 'guerre sainte' selon l'expression terrifiante et hypermoderne du livre de Josué (VI,21)" (Traité d'athéologie, 4e partie, II, § 2 "L'invention juive de la guerre sainte").
JOSUÉ XI, 20 Car c'était l'intention du Seigneur qu'ils s'obstinassent à faire la guerre contre Israël, afin qu'Israël les dévouât par interdit, sans qu'il y eût pour eux de miséricorde, et qu'il les détruisît, comme le Seigneur l'avait ordonné à Moïse. [20 Domini enim sententia fuerat, ut indurarentur corda eorum, et pugnarent contra Israel et caderent et non mererentur ullam clementiam ac perirent, sicut praeceperat Dominus Moysi.]

I SAMUEL XV, 3 : " Va maintenant, et frappe Amalek, et vous détruirez entièrement tout ce qui est à lui, et tu ne l’épargneras pas, mais tu feras mourir les hommes et les femmes, les enfants et ceux qui tètent, les bœufs et les moutons, les chameaux et les ânes. " [3 Nunc igitur vade et demolire Amalec et percute anathemate universa eius; non parcas ei, sed interfice a viro usque ad mulierem et parvulum atque lactantem, bovem et ovem, camelum et asinum” ”.]

II CHRONIQUES, XV, 13 Et quiconque ne chercherait pas le Seigneur, le Dieu d'Israël, devait être mis à mort, petit ou grand, homme ou femme. [13 si quis autem non quaesierit Dominum, Deum Israel, moriatur a minimo usque ad maximum, a viro usque ad mulierem.].


Ces deux derniers versets semblent les seuls passages comparables aux dizaines de versets du Coran prêchant la violence extrême envers les mécréants.

Quant aux Évangiles et aux Épîtres des chrétiens, s'ils contiennent quelques passages "énergiques" (le glaive), difficile d'y trouver une incitation quelconque à la violence de masse :
« Je ne suis pas venu apporter la paix sur la Terre, mais le glaive » (Matthieu, X, 34).
« Quant à mes ennemis , ceux qui n'ont pas voulu que je règne sur eux , amenez les ici , et égorgez les tous devant moi ! » (Luc, XIX, 27)
Soulignons aussi l'énorme mauvaise foi de nombreuses personnes de gauche ou bobos écolos qui ressassent qu'il ne faut pas stigmatiser, ou que " Coran et Ancien testament " c'est pareil, tout en ignorant ce texte du Coran, et pire, en refusant de le lire ! (même des profs de philo sont capables de ça !)

Inventaire spécial sur le seul thème du feu


C / Au nom d’Allâh le Miséricordieux plein de miséricorde.
(répété au début de chacune des 114 sourates)

« Cette combustion (ou le feu) d’hommes et de pierres prête pour les incroyants (ou les incrédules, les infidèles). »
Sourate II (la vache, ou la génisse, Médine), verset 22 ou 24 (suivant les éditions).

« Les incrédules, qui traiteront nos signes de mensonge, seront les hôtes (ou les compagnons) du Feu (de l'Enfer). »
II, 37 ou 39.

« Allâh maudisse les incroyants. »
II, 83 ou 89.

« Aux incroyants la honte du tourment (ou un supplice ignominieux). »
II, 84 ou 90.

« Aux incroyants l’affreux tourment (un châtiment douloureux). »
II, 98 ou 104.

« Je précipiterai l’incrédule dans le châtiment du feu . Quelle affreuse fin (pour lui) ! »
II, 120 ou 126.

« Ne dites pas que ceux qui sont tués sur le sentier d’Allâh sont morts. Non. Ils vivent et vous ne vous en doutez pas. »
II, 149 ou 154.

« Ceux qui troquent le chemin et le pardon contre l’erreur et le tourment, comment vont-ils endurer le feu ? »
II, 170 ou 175.

« Allâh n’aime pas l’incroyant (ou le pécheur incroyant) et le pécheur impie. »
II, 276 ou 277.


« Les incroyants, je les tourmenterai terriblement (ou je le punirai d’un châtiment cruel) en cette vie et dans l’autre et ils seront sans recours (snas défenseurs). »
III (la famille d’Amram, Médine), 49 ou 56.

« Quiconque cherche une autre religion que l’Islam ne sera pas accepté, et dans la vie dernière il sera parmi les perdants. »
III, 79 ou 85.

« Qu’Allâh éprouve ceux qui croient et détruise (ou fasse disparaître) les incroyants. »
III, 135 ou 141.

« Nous valoriseront ceux qui croient et jetterons l’effroi dans le cœur des incroyants. »
III, 144 ou 151.

« Ceux qui ont été tués sur le sentier d’Allâh, ne les crois pas morts. Ils vivent près de leur Seigneur, ils ne manquent de rien (ils eront gratifiés). »
III, 163 ou 169.

« Les incroyants vont et viennent dans le pays, mais ne t’y  trompe pas, piètre est leur joie, et leur refuge sera la géhenne (ou leur demeure sera l’Enfer). »
III, 196 ou 196-197.


« Nous tenons prête pour les incroyants la honte du tourment (ou une peine ignominieuse). »
IV (les femmes, La Mecque), 37 ou 41.

« Ceux qui ne croient pas à nos versets (ou à nos signes), nous les pousseront au feu. Chaque fois que leur peau sera brûlée (bien cuite), nous leur donnerons une autre peau pour qu’ils goûtent le tourment (de façon à leur faire sentir le dur châtiment). »
IV, 56 ou 59.

« Ceux qui troquent cette vie contre l’autre, qu’ils combattent au sentier d’Allâh. Et ceux qui combattent au sentier d’Allâh, s’ils sont tués ou s’ils sont vainqueurs, nous leur donnerons un salaire sans borne (une récompense immense). »
IV, 74 ou 76.

« Ne prenez pas d’amis (ou de patrons) chez eux [les hypocrites] avant qu’ils émigrent dans le sentier d’Allâh. S’ils tournent le dos, saisissez-les, tuez-les où que vous les trouviez. Ne prenez parmi eux ni protecteur ni aide. »
IV, 89 ou 91.

« S’ils ne se tiennent pas à l’écart, s’ils ne se rendent pas à vous et ne déposent pas les armes, saisissez-les, tuez-les où que vous les trouviez. Nous vous donnons tout pouvoir sur eux. »
IV, 91 ou 93.

« Un croyant ne doit pas tuer un croyant, sauf par erreur (méprise). »
IV, 92 ou 94.

« Allâh tient prêt pour les incroyants la honte du tourment (ou un supplice ignominieux). »
IV, 102 ou 103.

« Nous tenons prête pour les incroyants la honte du tourment (ou un supplice ignominieux). »
IV, 150 ou 151.


« Les incroyants qui nient nos versets (ont traité nos signes de mensonges) seront les hôtes de la fournaise (ou les compagnons de l’Enfer). »
V (la table servie, Médine), 10 ou 13.

« Les incroyants qui nient nos signes (ont traité nos signes de mensonges) seront les hôtes de la fournaise (ou les compagnons de l’Enfer). »
V, 86 ou 88.


« Oui, les incroyants (les infidèles) auront le tourment (le châtiment) du feu. »
VIII (le butin), 14.

« Vous ne les avez (aurez) pas tués, c’est Allâh qui les a tués. Quand tu lançais, ce n'est pas toi qui le lançais, c'était Dieu, pour éprouve le fidèles par une belle épreuve. »
VIII, 17.

« Les pires bêtes (la pire engeance), aux yeux d’Allâh, sont les incroyants qui s’entêtent à ne pas croire. »
VIII, 55.


 Vous n'échapperez pas à Allah, car Allah humilie les incroyants. »
IX (la repentance), 2.


« Annonce aux incroyants l’affreux tourment. Les incroyants avec qui vous avez fait un pacte et qui ne vous ont pas fait tort et n’ont aidé personne contre vous, eh bien respectez ce pacte jusqu’à son terme car Allâh aime les fidèles. Une fois passés les mois sacrés, tuez les incroyants où que vous les trouviez. Prenez-les, assiégez les, dressez leur des embuscades. S’ils se repentent, font la prière, acquittent l’aumône, laissez-leur le champ libre, car Allâh pardonne, il a pitié. »
IX, 3-5.

« Combattez-les (massacrez-les), Allah les torture (punira) par vos mains et leur fera honte (les couvrira d’ignominie). »
IX, 14

« Croyants, quand on vous dit : au combat dans le sentier d’Allâh ! pourquoi rester cloués au sol ? Aimez-vous mieux cette vie que l’autre ? »
IX, 38.

« Celui qui s'oppose à Allah et à Son prophète recevra en rétribution le feu de la géhenne. »
IX, 63


« Allâh a promis aux hypocrites, hommes et femmes, et aux incroyants (infidèles) le feu de la géhenne. »
IX, 68.

« L’affreux tourment frappera ces incroyants. »
IX, 90.

« Allâh achète aux croyants leur âme et leurs biens pour qu’ils aient le jardin. Ils combattent dans le sentier d’Allâh. Ils tuent ou sont tués. »
IX, 111.

« Croyants, combattez les incroyants qui sont dans vos parages et qu’ils vous trouvent durs. »
IX, 123.

« Pour les incrédules, boisson brûlante (ou le breuvage de l’eau bouillante) et châtiment douloureux, parce qu’ils n’ont pas cru. »
X (Jonas), 4.

« Ceux qui ne croient pas aux versets d’Allâh, il ne les guide pas, ils auront l’affreux tourment (un châtiment douloureux). »
XVI (les abeilles), 104.

« Nous avons préparé pour les coupables un feu dont les flammes les envelopperont. S’ils crient au secours, nous les secourrons avec une eau comme du bronze en fusion (du métal fondu) pour leur brûler la face. »
XVIII (la caverne), 29. [On pourrait appeler cela le verset du 11/9]

« Les incroyants arguent de l’erreur pour rejeter la vérité. Ils se moquent de nos signes et de nos avertissements. »
XVIII, 56.

« Nous avons préparé la géhenne comme lieu commun à tous les infidèles. »
XVIII, 102.

« Ah ! si les incroyants connaissaient le moment où ils ne pourront soustraire au feu leur face ni leur dos, car ils seront sans recours. »
XXI (les prophètes), 39.

« On taillera des vêtements de feu pour les incroyants, on leur versera de l’huile bouillante sur la tête. »
XXII (le pèlerinage), 19.

« Ceux qui s’efforcent d’abolir nos signes (ou nos versets) : voilà ceux qui seront les hôtes de la fournaise. »
XXII, 50 ou 51.

« Les croyants continueront d’en douter jusqu’à la venue de l’heure soudaine, quand leur viendra le tourment d’un jour dévastateur (le jour de l'extermination les atteindra). »
XXII, 55.

« Ils nient l’heure, mais nous avons préparé un brasier pour ceux qui nient l’heure. Quand le brasier les apercevra, ils l’entendront mugir et siffler. »
XXV (le critère), 11-12. On pourrait dire : verset du 11/9.

« N’écoute pas les incroyants, combats-les rudement avec ce Coran. »
XXV, 52.

« Le jardin sera rapproché des fidèles et la fournaise se montrera aux égarés. »
XXVI (les poètes), 90-91.

« Les incroyants qui nient nos signes et la rencontre de l’autre vie seront dans le tourment. »
XXX (les Romains), 16.

« Allâh maudit les incroyants, il leur a préparé un brasier. »
XXXIII (les ligues), 64.

« L’incroyance des incroyants ne fait qu’accroître l’horreur qu’Allâh avait d’eux. »
XXXV (le créateur), 39.

« Malheur aux incroyants, à cause du feu. »
XXXVIII (çâd), 27

« Ils auront un nuage de feu sur eux et sous eux. »
XXXIX (les groupes), 16.

« Les incroyants auront le grand tourment. »
XLII (la délibération), 26.

« Les incroyants profitent, ils mangent comme des bestiaux, mais ils auront le feu pour logis. »
XLVII (Mahomet), 12.

« Nous avons préparé un brasier pour les incroyants. »
XLVIII (la victoire), 13.

« On vous lancera du feu et du bronze en fusion et vous serez sans recours. »
LV (le Miséricordieux), 35. On pourrait dire : verset du 11/9.

« Ceux qui ont nié nos versets seront les hôtes de la fournaise. »
LVII (le fer), 19.

« Aux incroyants l’affreux tourment. »
LVIII (la plaidoirie), 4.

« Les incroyants qui ont nié nos versets seront pour toujours les hôtes du feu. Mauvais avenir. »
LXIV (la duperie réciproque), 10.

« Noé dit : Seigneur, ne laisse pas d’incroyants circuler sur Terre, car si tu les laisses, ils égareront tes esclaves et n’engendreront que des pervers sans foi. »
LXXI (Noé), 26-27.

« Pour les incroyants, nous avons préparé chaînes, carcans et brasier. »
LXXVI (l’homme), 4.

« Les incroyants, qu’ils aient le livre ou qu’ils ajoutent des dieux, iront dans le feu de la géhenne et y seront pour toujours. Ce sont les pires des humains. »
XCVIII (la preuve), 6.

« Dis : vous les incroyants, je n’adore pas ce que vous adorez et vous n’adorez pas ce que j’adore. Non, je n’adore pas ce que vous adorez et vous n’adorez pas ce que j’adore. A vous votre religion, à moi la mienne. »
CIX (les incroyants), 1-6.


N.B. Ces références sont faites d’après :

1 : l’édition en collection Points Sagesses, au Seuil, en 1998 (réimpression de juin 2001) ; traduction de Jean Grosjean pour les Éditions Philippe Lebaud, 1979. Réédité en 2004.
2 : l’édition en collection PBP, chez Payot, en 2001 ; traduction d’Édouard Montet en 1958.
3 : l’édition en collection Folio classique chez Gallimard, en 2001 : traduction de Denise Masson en 1967.
4 : l'édition Fayard, en 2009 : traduction de Malek Chebel en 2009.
5 : L'édition Seuil en 2010 :  traduction d'Albert Félix Ignace de Biberstein Kasimirski (première publication en 1840).


Pour comparaison, le passage le plus violent du Nouveau Testament est : « Je ne suis pas venu apporter la paix sur la Terre, mais le glaive » (Matthieu, X, 34).


Voir aussi Extraits du Coran sur le site de l’Union des Athées.