Affichage des articles dont le libellé est laïcité. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est laïcité. Afficher tous les articles

lundi 14 décembre 2015

PAS DE LAÏCITÉ AU MAGHREB


Dans ces cinq pays (Algérie, Égypte, Maroc, Mauritanie, Tunisie), l'islam est la religion de l'État.

Les mots ou expressions mis en gras le sont par moi.

CONSTITUTION DE L'ALGÉRIE de 1996

CONSTITUTION DE L'ÉGYPTE de 2014

CONSTITUTION DU MAROC, 1er juillet 2011

CONSTITUTION DE LA MAURITANIE, 30 juillet 1991

CONSTITUTION DE LA TUNISIE de 2014





Préambule
:
[alinéa 3] Placée au cœur des grands moments qu’a connus la Méditerranée au cours de son histoire, l’Algérie a su trouver dans ses fils, depuis le royaume numide et l’épopée de l’Islam jusqu’aux guerres coloniales, les hérauts de la liberté, de l’unité et du progrès en même temps que les bâtisseurs d’Etats démocratiques et prospères dans les périodes de grandeur et de paix.
[4] Le 1er Novembre 1954 aura été un des sommets de son destin. Aboutissement d’une longue résistance aux agressions menées contre sa culture, ses valeurs et les composantes fondamentales de son identité que sont l’Islam, l’Arabité et l’Amazighité, le 1er Novembre aura solidement ancré les luttes présentes dans le passé glorieux de la Nation.
[12] " L’Algérie, terre d’Islam, partie intégrante du Grand Magreb, pays arabe, méditerranéen et africain, "

" Art. 2 - L’Islam est la religion de l’État. "
" Art. 9 - Les institutions s’interdisent :
[...]
- les pratiques contraires à la morale islamique [...] "
" Art. 171 - Il est institué auprès du Président de la République, un Haut Conseil Islamique chargé notamment :
- d’encourager et de promouvoir l’ijtihad [réflexion par laquelle les oulémas ou muftis et les savants musulmans interprètent les textes fondateurs de l'islam et en déduisent le droit musulman]
- d’émettre son avis au regard des prescriptions religieuses sur ce qui lui est soumis;
- de présenter un rapport périodique d’activité au Président de la République.
Art. 172 - Le Haut Conseil Islamique est composé de quinze (15) membres, dont un Président, désignés par le Président de la République, parmi les hautes compétences nationales dans les différentes sciences. "
" Art. 178 - Toute révision constitutionnelle ne peut porter atteinte :
[...]
3- à l’Islam, en tant que religion de l’État; [...] "

ÉGYPTE : voir en bas de page



CONSTITUTION DU MAROC, 1er juillet 2011

Préambule
[alinéa 2] État musulman souverain, attaché à son unité nationale et à son intégrité territoriale, le Royaume du Maroc entend préserver, dans sa plénitude et sa diversité, son identité nationale une et indivisible. Son unité, forgée par la convergence de ses composantes arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie, s'est nourrie et enrichie de ses affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen.
[3] La prééminence accordée à la religion musulmane dans ce référentiel national va de pair avec l'attachement du peuple marocain aux valeurs d'ouverture, de modération, de tolérance et de dialogue pour la compréhension mutuelle entre toutes les cultures et les civilisations du monde.
[5]
[...] - Approfondir le sens d'appartenance à la Oumma arabo-islamique, [...]

Article 1er
[3] La nation s'appuie dans sa vie collective sur des constantes fédératrices, en l'occurrence la religion musulmane modérée, l'unité nationale aux affluents multiples, la monarchie constitutionnelle et le choix démocratique.

Article 3.
L'Islam est la religion de l'État, qui garantit à tous le libre exercice des cultes.

Article 7
[4] Ils [les partis politiques] ne peuvent avoir pour but de porter atteinte à la religion musulmane, au régime monarchique, aux principes constitutionnels, aux fondements démocratiques ou à l'unité nationale et l'intégrité territoriale du Royaume.

Article 41
[1] Le Roi, Amir Al Mouminine, veille au respect de l'Islam. Il est le Garant du libre exercice des cultes.
[2] Il préside le Conseil supérieur des Oulémas, chargé de l'étude des questions qu'il lui soumet.
[3] Le Conseil est la seule instance habilitée à prononcer les consultations religieuses (Fatwas) officiellement agréées, sur les questions dont il est saisi et ce, sur la base des principes, préceptes et desseins tolérants de l'Islam.
[5] Le Roi exerce par dahirs les prérogatives religieuses inhérentes à l'institution d'Imarat Al Mouminine qui Lui sont conférées de manière exclusive par le présent article.

Article 64
Aucun membre du Parlement ne peut être poursuivi ou recherché, arrêté, détenu ou jugé à l'occasion d'une opinion ou d'un vote émis par lui dans l'exercice de ses fonctions, hormis le cas où l'opinion exprimée met en cause la forme monarchique de l'État, la religion musulmane ou constitue une atteinte au respect dû au Roi.

Article 175.

Aucune révision ne peut porter sur les dispositions relatives à la religion musulmane, sur la forme monarchique de l'État, sur le choix démocratique de la nation ou sur les acquis en matière de libertés et de droits fondamentaux inscrits dans la présente Constitution.




PRÉAMBULE

Confiant dans la toute puissance d'ALLAH, le peuple mauritanien proclame sa volonté de garantir l'intégrité de son Territoire, son indépendance et son unité nationale et d'assumer sa libre évolution politique, économique et sociale. 
Fort de ses valeurs spirituelles et du rayonnement de sa civilisation, il proclame en outre, solennellement, son attachement à l'Islam et aux principes de la démocratie tels qu'ils ont été définis par la déclaration Universelle des droits de l'homme du 10 décembre 1948 et par la charte Africaine des droits de l'homme et des peuples du 28 Juin 1981 ainsi que dans les autres conventions internationales aux quelles la Mauritanie a souscrit.

Considérant que la liberté, l'égalité et la dignité de l'homme ne peuvent être assurées que dans une société qui consacre la primauté du droit, soucieux de créer les conditions durables d'une évolution sociale harmonieuse, respectueuse des préceptes de l'islam, seule source de droit et ouverte aux exigences du monde moderne, le peuple mauritanien proclame, en particulier, la garantie intangible des droits et principes suivants :

le droit à l'égalité
les libertés et droits fondamentaux de la personne humaine ;
le droit de propriété ;
les libertés politiques et les libertés syndicales ;
les droits économiques et sociaux ;
les droits attachés à la famille, cellule de base de la société islamique.
Conscient de la nécessité de resserrer les liens avec les peuples frères, le peuple mauritanien, peuple musulman, arabe et africain, proclame qu'il œuvrera à la réalisation de l'unité du Grand Maghreb, de la nation arabe et de l'Afrique et la consolidation de la paix dans le monde.

Article Premier : La Mauritanie est une république Islamique, indivisible, démocratique et sociale. [...]

ART. 5 : l'Islam est la religion du peuple et de l'État.

ART. 23: Le Président de la République est le chef de l'État . Il est de religion musulmane.

ART 29 : Le président de la République nouvellement élu entre en fonction à l'expiration du mandat de son prédécesseur.

« avant d'entrer en fonction le Président de la République prête serment en ces termes:

« " je jure par Allah l'Unique de bien et fidèlement remplir mes fonctions dans le respect de la constitution et des lois, de veiller à l'intérêt du peuple mauritanien, de sauvegarder l'indépendance et la souveraineté du pays, l'unité de la patrie et l'intégrité du territoire national.

je jure par Allah l'Unique de ne point prendre ni soutenir , directement ou indirectement, une initiative qui pourrait conduire à la révision des dispositions constitutionnelles relative à la durée du mandat présidentiel et au régime de son renouvellement, prévues aux articles 26 et 28 de la présente constitution".»

Le serment est prêté devant le conseil constitutionnel, en présence du bureau du Sénat, du Président de la Cour Suprême et du président du Haut Conseil islamique.»

ART. 94 : Il est institué auprès du Président de la République un Haut Conseil Islamique composée de cinq (5) membres.

Le Président et les autres membres du Haut Conseil Islamique sont désignés par le Président de la République.

Le Haut Conseil Islamique se réunit à la demande du Président de la République. [...]



CONSTITUTION DE LA TUNISIE de 2014

Dans l'attente de la traduction officielle de la Constitution de Tunisie de 2014, traduction annoncée sur le site du Conseil constitutionnel, voici des extraits d'une traduction non officielle trouvée sur le www. Mettre l'islam dans sa Constitution, ce n'est pas le fait d'une démocratie.

Les mots ou expressions mis en gras le sont par moi.


" Au Nom de Dieu Clément et Miséricordieux

PRÉAMBULE

Nous, représentants du peuple tunisien, membres de l’Assemblée nationale constituante ;
[...]
Exprimant l'attachement de notre peuple aux enseignements de l’Islam et à ses finalités caractérisées par l’ouverture et la modération, des nobles valeurs humaines et des hauts principes des droits de l’Homme universels, Inspirés par notre héritage culturel accumulé tout le long de notre histoire, par notre mouvement réformiste éclairé fondé sur les éléments de notre identité arabo-musulmane et sur les acquis universels de la civilisation humaine, et par attachement aux acquis nationaux que notre peuple a pu réaliser ;
[...]
Sur la base de la place qu'occupe l’être humain en tant qu'être digne ; Afin de consolider notre appartenance culturelle et civilisationnelle à la nation arabe et musulmane ; de l’unité nationale fondée sur la citoyenneté, la fraternité, la solidarité et la justice sociale ; En vue de soutenir l’Union maghrébine, qui constitue une étape vers l’union arabe et vers la complémentarité entre les peuples musulmans et les peuples africains et la coopération avec les peuples du monde ;
[...]
 Article 1
La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain, l'Islam est sa religion, l'arabe sa langue et la République son régime.
Il n'est pas permis d'amender cet article.

Article 6
L’État est gardien de la religion. Il garantit la liberté de croyance, de conscience et le libre exercice des cultes ; il est le garant de la neutralité des mosquées et lieux de culte par rapport à toute instrumentalisation partisane.
L’État s’engage à diffuser les valeurs de modération et de tolérance, à protéger les sacrés et à interdire d’y porter atteinte, comme il s’engage à interdire les campagnes d’accusation d’apostasie et l’incitation à la haine et à la violence. Il s’engage également à s’y opposer.

Article 39
[...]
 L'État veille aussi à enraciner l'identité arabo-musulmane et l’appartenance nationale dans les jeunes générations et à ancrer, à soutenir et à généraliser l’utilisation de la langue arabe, ainsi que l’ouverture sur les langues étrangères et les civilisations humaines et à diffuser la culture des droits de l’Homme.

Article 74
La candidature à la présidence de la République est un droit pour toute électrice et pour tout électeur jouissant de la nationalité tunisienne par la naissance, et étant de confession musulmane.
[...]


CONSTITUTION DE L'ÉGYPTE de 2014 :

Au nom d'Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

Voici Notre Constitution.
[...]
L’Égypte est le berceau de la foi et bannière de la gloire des religions révélées. Sur son sol grandit le prophète Moïse, celui à qui Allah a parlé et à qui s’est manifesté la lumière divine ; celui qui reçut le message au Mont Sinaï.

Sur son sol, les Égyptiens ont hébergé la Vierge Marie et son nouveau-né, puis donné des milliers de martyrs en défendant l’Église du Christ, paix soit sur lui.

Et lorsque le sceau des Messagers, notre Maître Mohammed (paix et bénédictions soient sur lui), fut envoyé à toute l'humanité, pour parfaire les vertus morales, notre cœur et notre esprit s’ouvrirent à la lumière de l’Islam. Nous étions les meilleurs soldats de la terre dans la lutte pour la cause d’Allah. Nous répandîmes dans l’univers le message de la Vérité et les sciences de la religion.

C’est l’Égypte. Une patrie dans laquelle nous vivons et qui vit en nous.
[...]
Nous écrivons maintenant une Constitution qui confirme que les principes de la charia islamique sont la source principale de la législation et que la référence pour leur interprétation réside dans l’ensemble des décisions de la Cour constitutionnelle suprême à ce propos.

Titre premier. L'État.
Article premier.
La République arabe d'Égypte est un État, souverain, un et indivisible, dont aucune partie ne peut être cédée. Son régime est républicain et démocratique, fondé sur la citoyenneté et sur la primauté du droit.
Le peuple égyptien fait partie de la nation arabe, oeuvre pour son intégrité et son unité. L’Égypte fait partie du monde islamique, appartient au continent africain, est fière de son prolongement asiatique. Elle contribue à l’édification de la civilisation humaine.

Article 2.

L'islam est la religion de l'État. L'arabe est sa langue officielle. Les principes de la charia islamique sont la source principale de la législation.

Article 3.

Les principes de la religion des Égyptiens chrétiens ou juifs sont la source principale des législations qui régissent leur statut personnel, leurs affaires religieuses et le choix de leurs dirigeants spirituels.

[...]

Titre II. Principes fondamentaux de la société.
Chapitre premier. Les principes sociaux.

Article 7.

L'Azhar est une institution islamique scientifique et indépendante. Il s'attribue exclusivement l'exercice de l'ensemble de ses affaires. Il est la référence principale des sciences théologiques et des affaires islamiques. Il assume la responsabilité de la prédication et la propagation des sciences de la religion et de la langue arabe en Égypte et dans le monde. [...]


samedi 11 avril 2015

DES MINARETS À L'IDENTITÉ FRANÇAISE, DES BURKAS AUX APÉROS

Voir aussi Violence, feu et anathèmes dans le Coran




A /   La loi interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public, notamment au moyen d'une "burka", entra en vigueur le 11 avril 2011. L'islam ne vient qu'en quatrième position dans l'ordre des convictions en Suisse : Catholiques : 42 % Protestants : 35 % Incroyants : 11 % Musulmans : 4,3 %. En troisième position en France, loin derrière les catholiques et les incroyants ; mais cet islam fait hélas, en Suisse comme en France, plus de bruit que tous les athées et chrétiens réunis.


   Les mosquées, lieux de culte, et le libre exercice des cultes n'étaient pas en cause dans cette affaire des minarets. Si la liberté d'expression est, constitutionnellement, la "libre communication des idées et des opinions, même religieuses", elle ne s'étend pas jusqu'aux permis de construire des bâtiments surplombant tous les édifices voisins, et évidemment destinés, dans un avenir plus ou moins proche, à faire retentir, à la voix ou au haut-parleur, des appels à la prière (c'est déjà le cas à Nanterre).

   Il fallait être bien naïf pour croire que ces minarets ne serviraient jamais (celui de Rheinfelden ).

   Recep Tayyip Erdogan, actuel Premier ministre turc, déclarait en 1997 alors qu’il était maire d’Istambul : « Les mosquées sont nos casernes, les minarets nos baïonnettes, les dômes nos casques et les croyants nos soldats. » Ce n'était pas propre à faire bien voir les minarets en Europe.

   On est naturellement amené (voilà la liberté d'expression) à prendre parti contre la plus archaïque et la plus agressive des religions, comme en d'autres temps on a pu appeler à combattre les partis totalitaires nazis et staliniens. Religion qui ne distingue pas le politique du religieux, qui envahit notre espace public et nos commerces par ses signes ostentatoires, sa sinistre burka et ses rayons halal, voire ses commerces tout halal (Quick), qui remet en  cause notre laïcité dans son pilier "séparation des Églises et de la République" (État, départements, communes, régions) ; qui affecte le fonctionnement de nos cantines, de nos hôpitaux, de nos abattoirs ; aussi celui de nos entreprises via les temps de prières, les aménagements pour le ramadan, comme celui de nos administrations et de nos piscines (exigence de séparation des sexes). Ajoutons-y le non-respect de la priorité du mariage civil sur le mariage religieux, l'impolitesse (refus de musulmanes de serrer la main des hommes) ; une religion qui recherche de plus en plus de visibilité pour alimenter son prosélytisme et son sectarisme, comme l'affaire Maxence Buttey/FN vient encore de le montrer.

L'islam développe de façon évidente un communautarisme totalement contraire à l'esprit républicain, et les modérés sont surtout modérés dans leur double langage et leurs condamnations du terrorisme, de la charia et des violations de la liberté d'expression.

   Ces "nos" se réfèrent aux Français, au double sens de « Le territoire français est le patrimoine commun de la nation. » Code de l’urbanisme, article L. 110, loi 83-8 du 7 janvier 1983 et de : « Le concept juridique de "peuple français" a valeur constitutionnelle. » Conseil constitutionnel, décision 91-290 DC du 9 mai 1991. Ces biens publics (piscines, hôpitaux, etc.) seraient-ils aussi « leur » laïcité, « leurs » cantines, « leurs » administrations, « leurs » hôpitaux, « leurs » piscines ? Aux musulmans en tant que tels ? Certes non ! à ceux d'entre eux qui sont Français, et seulement en tant que Français, - oui.

   Religion archaïque encore parce qu'ayant conservé le sacrifice animal (le mouton), une mutilation sexuelle (circoncision), des interdits alimentaires forts : pas de porc, "animal impur", que du "hallal" ; abattage rituel sans étourdissement préalable par un "sacrificateur agréé", tourné vers La Mecque ..., mois de ramadan  ; on peut évidemment en dire tout autant du judaïsme, le sacrifice animal et le ramadan en moins. À l'inverse, le christianisme, bien que plus ancien que l'islam de six siècles, a profondément évolué, et a su profiter très largement du contact avec la culture gréco-romaine ; il n'a pas la même forte emprise sur la vie quotidienne.

   La France n'a pas été seulement "dominée" par le christianisme ; il l'a aussi façonné, notamment en notre Descartes ; le christianisme a, pour l'athée que je suis, trois mérites :

1) c'est la seule religion à avoir ressenti le besoin de prouver l'existence de son "dieu" après l'avoir défini (voir ma note "Dieu, la foi")

2) le droit canon a eu une influence positive sur le développement du droit constitutionnel européen (adage Quod omnes tangit ...).

3) il a encouragé une instruction intellectuelle qui ne se réduit pas à l'étude des textes "sacrés", à la différence des sinistres écoles coraniques. La loi n° 59-1557 du 31 décembre 1959 sur "les rapports entre l'État et les établissements d'enseignement privés" (Journal officiel du 2 janvier 1960) ne mentionne qu'incidemment la religion :

Article premier, alinéa 3 "Il [l'État] prend toutes dispositions utiles pour assurer aux élèves de l'enseignement public la liberté des cultes et de l'instruction religieuse."

   Aucun des trois piliers de la laïcité : liberté de conscience — liberté des cultes — séparation des Églises et de la République — ne fut remis en cause par cette "loi Debré". Par ailleurs la longue expérience de l'Église catholique en matière d'enseignement de qualité, notamment les Frères des écoles chrétiennes (ou Lasalliens), les Jésuites et les Oratoriens, mérite quelque respect.

   Nous ne sommes pas seulement, en France, habitués au christianisme ; nous le sommes aussi à sa discrétion actuelle ; on peut circuler dans les rues sans distinguer au premier abord un catholique d'un protestant, ou un chrétien d'un athée ; par ses signes extérieurs, notamment voiles et burkas pour les femmes, djellabas pour les hommes, l'islam ramène à son sinistre Moyen-Âge une société passée par l'Humanisme et les Lumières.

   Eh oui, 35 prières par semaine, un mois de ramadan par an, c'est lourd ! Noël, fête païenne avant d'être chrétienne, fait désormais partie de notre culture occidentale. Les noms des jours de la semaine et les noms de mois ne sont pas chrétiens mais latins ; je déplore évidemment les années comptées à partir de la naissance de Jésus, je suggère, sans grand espoir d'être suivi, de compter à partir de la fondation de Rome, soit l'an - 753 (2014 serait alors 2768).

    On m'objecta : "Nous trouvons naturelle la pudeur de la femme qui cache sa poitrine (là où d'autres sociétés la montrent nue) et nous trouvons louche la pudeur des femmes qui se couvrent les cheveux." Mais certaines zones corporelles ont une valeur érotique plus grande que d'autres. Par ailleurs on sait que hidjab (sorte de heaume textile) et burka cachent bien plus que les cheveux, font de la femme un OVNI, un objet voilé non (ou difficilement) identifiable, ce qui n'est pas "louche" mais fait, comme l'a montré Elisabeth Badinter, obstacle à la sociabilité la plus élémentaire ; de plus, la femme en burka voit sans être vue, dissymétrie qui porte atteinte à la liberté d'aller et venir dans des conditions normales. Quant à la pudeur occidentale, féminine comme masculine, elle a depuis quelque temps mis beaucoup d'eau bénite dans son vin de messe ...

   Respecter les autres, c'est certes accepter le pluralisme des convictions, mais c'est aussi ne pas envahir l'espace public par des constructions démesurées symboles de croyances particulières (mosquées cathédrales), ou des dispositifs qui cachent les vêtements et la personne sans être des vêtements ; considérer la burka comme un vêtement comme un autre est hélas une bêtise assez répandue.

   "Le minaret est un élément architectural des mosquées. Il s'agit généralement d'une tour élevée dépassant tous les autres bâtiments. Son but est de fournir un point élevé au muezzin pour les 5 appels à la prière par jour." (fr.wikipédia.org). En pays laïc et évolué, une religion particulière n'a pas à lancer d'appels à la prière sur la voie publique, comme cela se fait à Rheinfelden par haut-parleur. L'image de la Suisse après la votation du 29 septembre 2009 est bien loin d'être désastreuse si j'en juge pas les premiers commentaires sur les sites des médias français. En ce qui me concerne, ce point d'arrêt mis à l'expansionnisme de l'islam me réjouit.

   Olivier Bruchez (sur facebook): "Essayez de demander à ceux qui ont accepté l'initiative suisse ce qu'ils pensent des crucifix dans les écoles" C'était pas la question ! La question, c'était une interdiction de la construction de NOUVEAUX minarets, et pas une "'interdiction des minarets"

   Le sujet, c'est donc cet expansionnisme de l'islam qui envahit l'espace public par ses visibilité et audibilité croissantes ; cela ne concerne pas seulement la Suisse, car cette offensive est mondiale.... Il est tragique que le Comité des Droits de l'Homme de l'ONU soit en majorité islamiste et ait condamné, dans une récente résolution, le vote suisse (voir à la fin de cet article).

   J'ai réagi à la question, pas au parti suisse qui la posait. Je veux bien croire que l'U.D.C. a quelques défauts, mais la religion islamique beaucoup plus, alors ...


   L'appel à la prière est interdit, pour l'instant, mais une loi, cela se change, on nous a fait le coup en France avec le référendum obligatoire promis pour les nouvelles adhésions à l'U. E.. Ce référendum peut maintenant (depuis juillet 2008) être remplacé par un simple vote à la majorité des 3/5 de chaque assemblée parlementaire (article 88-5 modifié de la Constitution).

   À Rheinfeldern, l'engagement de ne pas sonoriser le minaret a été rompu dès début octobre 2009 ; peu importe que ce soit en Allemagne et non en Suisse, cela reste instructif sur le comportement des islamistes.. C'est pourquoi je me réjouis de ce coup d'arrêt porté à l'expansionnisme islamiste et déplore la résolution onusienne.

   La votation suisse présente effectivement des risques quant aux relations avec les pays islamiques ; mais l'histoire a montré que l'attitude munichoise n'était pas efficace. Il faut donc affronter ce danger en face, et le plus tôt sera le mieux....

   Dans Le Monde daté du 6-7 décembre 2009, on apprenait que le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui, qui, de manière exceptionnelle, dirigeait la prière du vendredi [4 décembre] à Évry, " avait appelé les musulmans à ne pas choisir la "visibilité ostentatoire afin d'éviter toute stigmatisation".  En préambule, le responsable de la mosquée, M. Merroun s'était adressé à ses fidèles à propos du référendum suisse : "Je n'ai pas de crainte pour l'islam ; il avance doucement. [...] Nos concitoyens français ne peuvent pas lire le Coran. Pour eux l'islam, c'est nous."


À    l'occasion de la polémique sur l'apéro pinard-sauciflard du 18 juin 2010 à la Goutte d'Or (Paris XVIIIe), Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, déclara : "L'islam, avec 5 ou 6 millions de personnes, on sait bien qu'il prend une extension fantastique en France" (RMC, ""Grandes Gueules", 15/6/2010, vers 11 h 40 ; en podcast, vers le deuxième tiers de la partie 1). Quand c'était Claude Guéant qui disait cela, le M.R.A.P. portait plainte (avril 2011) !! En avril 2015, Boubakeur réclame le doublement en deux ans du nombre de mosquées en France, soit le passage à 4 000 mosquées en 2017 !


   Lors d’une visite officielle en Italie, fin août 2010, feu le colonel Kadhafi affirma que " l’islam devait devenir la religion de toute l’Europe" et également que " Mahomet était le dernier prophète ". Il ajouta : "Le premier pas pour l’islamisation de l’Europe sera l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne". Paix à son âme, s'il en avait une.

  Mgr Bishoy, secrétaire du Saint Synode de l’Église copte, en Égypte, a émis l’hypothèse que certains versets anti-chrétiens du Coran auraient pu être ajoutés après la mort de Mahomet, par l’un de ses successeurs. [...]. La suggestion de l’évêque suscita une polémique si vive que le Gouvernement s’en mêla, par la voix du vice-ministre des biens religieux qui déclara dans un communiqué : « La foi des musulmans constitue une ligne rouge qui, en aucun cas, ne peut être discutée par un non musulman. »"

   Confirmations, s'il en fallait, des visées expansionnistes de cette religion totalitaire, à laquelle nous ne pourrions rien comprendre, incapables que nous sommes de "lire le Coran" ... intraduisible sans doute ...

   J'ai vu une émission dans laquelle je notais trois choses : 1) Nora Berra ne dément pas être musulmane. 2) elle déclare : "nous sommes arrivés [en France] à ce que les religions cohabitent". Mais la laïcité, ce n'est pas seulement la cohabitation des religions, c'est aussi la cohabitation des croyants et des incroyants (environ 30 à 35 % dans notre pays, deuxième conviction de France). 3) Nora Berra approuve la définition de la laïcité donnée récemment par Nicolas Sarkozy, soit : "le respect de toutes les croyances" ; de nouveau, l'oubli des incroyants. Je rappelle qu'au sens juridique strict, la laïcité, c'est : la liberté de conscience + la liberté des cultes + la séparation des Églises et de la République. La laïcité n'oblige personne à "respecter" les croyants et leurs croyances.


   Pourquoi faudrait-il accepter tchadors et burkas, les femmes qui refusent de serrer la main des hommes, les archaïques et cruels sacrifices d'animaux (abattage sans étourdissement préalable), la séparation des sexes dans les piscines, les exigences d'interdits alimentaires (porc impur) et de viande "halal" dans les cantines publiques, des tables différentes pour les mangeurs de cochon et les autres, les refus d'un médecin homme par des femmes musulmanes dans les hôpitaux publics, la construction de mosquées avec l'aide des collectivités locales, les appels à la prière du haut de minarets, les prières bloquant des rues tous les vendredi soir dans les grandes villes, les prières sur les lieux de travail dans les entreprises et pendant les heures de travail, les carrés musulmans orientés vers La Mecque dans les cimetières, les commerces qui cessent de vendre de l'alcool pendant le mois de ramadan, l'interdiction des chiens dans les autobus, tout ceci au pays de Voltaire et des Lumières ?

   Ajoutons-y la remise en cause de certains enseignements dans les collèges et lycées, alors que "La Nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture." (Bloc de constitutionnalité, Préambule de 1946, alinéa 13).

   Toutes ces pratiques sont contraires à notre conception de la culture et de la sociabilité, à la sécurité publique et au principe d'égalité entre hommes et femmes. Les 'immigrés d'origine maghrébine cristallisent une anxiété spécifique en raison de problèmes anthropologiques réels, liés à des différences de système de mœurs ou de statut de la femme.

   
   Selon Karl Marx, "Le Coran et la législation musulmane qui en résulte réduisent la géographie et l'ethnographie des différents peuples à la simple et pratique distinction de deux nations et de deux territoires ; ceux des Fidèles et des Infidèles. L'Infidèle est "harby", c'est-à-dire ennemi. L'islamisme proscrit la nation des Infidèles, établissant un état d'hostilité permanente entre le musulman et l'incroyant." ("Déclaration de guerre - Sur l'histoire de la question d'Orient", New-York Herald Tribune, 15 avril 1854). On comprend mieux les difficultés existant entre les musulmans et les autres.

   La question des minarets et des burkas rejoint celle de l'identité française dont les médias ont une conception bien laxiste ; à plusieurs reprises, Daniel Cohn-Bendit (qui demanda qu'on fasse revoter les Suisses !!) fut interrogé pour savoir s'il envisageait de se présenter aux présidentielles ou s'il accepterait d'être Premier Ministre, alors qu'il est de nationalité allemande.

   Dans le 3e arrondissement de Marseille, quartier Belle de Mai où j'ai un peu vécu, les femmes en burkas noires font peur aux enfants et aux personnes sensibles. Les commerçants de souche, quand il en reste, sont excédés par ce genre de clientèle qui refuse la rencontre et la sociabilité contrairement à nos usages occidentaux. Voir l'analyse d'Élisabeth Badinter.


Résolution du Comité des droits de l'homme, 25 mars 2010 :

§ 8. Strongly condemns in this regard the ban on the construction of minarets of mosques and other recent discriminatory measures, which are manifestations of Islamophobia that stand in sharp contradiction to international human rights obligations concerning freedoms of religion, belief, conscience and expression, and stresses that such discriminatory measures would fuel discrimination, extremism and misperception leading to polarization and fragmentation with dangerous unintended and unforeseen consequences;

   Face à tous ces problèmes, le succès des Assises internationales sur l'islamisation, le 18 décembre 2010 à Paris, annonça un ressaisissement de Français de plus en plus nombreux.


B / Commentaire de :


Laïcité: halte au double jeu
Par HENRI PEÑA-RUIZ (Mediapart, 14 avril 2014)


[0] Maltraitée, adjectivée, caricaturée, la laïcité va si mal qu’elle en devient un thème de racolage électoral à finalité antilaïque. La faute à qui ? Un double coup de gueule s’impose. D’une part contre l’imposture véhiculée par le Front national, d’autre part contre la démission des politiques qui a rendu possible cette imposture. Expliquons-nous.

Peña-Ruiz annonce une distorsion et une instrumentalisation politique de la notion de laïcité à des fins anti-FN.

[1] Premier coup de gueule. Laïque, le Front national ? A d’autres ! Qui n’a cessé de vanter les fondements chrétiens de la civilisation occidentale et de revendiquer pour eux une reconnaissance publique évidemment discriminatoire, puisqu’elle fait silence sur les autres religions et l’humanisme athée ou agnostique? Le Front national, dans sa volonté d’opposer une civilisation à une autre et d’en vanter le particularisme exclusif. D’où l’insistance sur le thème des « racines chrétiennes » qui déracine et stigmatise tous ceux qui ne croient pas en Dieu ou croient en lui autrement. D’où une amnésie sélective et le silence sur les violences perpétrées dans l’occident chrétien, non par la religion, mais par ses clercs si zélés qu’ils ont cru pouvoir envoyer à la mort les hérétiques et« raturer le cerveau de l’humanité » (Victor Hugo dénonçant l’Inquisition).

Simple passé que tout cela ? Allons bon ! Les victimes ont changé, et les institutions cléricales ne manient plus le glaive de fer prêté par le pouvoir temporel qu'elles dominaient, comme le voulait la théorie des « deux glaives » chère à Bernard de Clairvaux, dit Saint Bernard. Reste que les femmes, les homosexuels, les athées, les francs-maçons, et bien d’autres sont encore trop souvent victimes de stigmatisation. L’avortement, la contraception, l’homosexualité, le mariage librement ouvert à tous, sont dans le collimateur du Front national, qui se range aux côtés des intégrismes pour rejeter les émancipations promues par le découplage de la loi commune et du pouvoir religieux.

[2] Ainsi Bruno Gollnisch défend l’idée d’un salaire maternel, sans doute afin que les femmes s’en tiennent à leur rôle traditionnel de femmes au foyer. Avec l'appui de la conférence des évêques allemands, il a fait échouer les propositions émancipatrices, notamment pour les femmes, de la députée portugaise Edite Estrella au parlement européen. Quant au droit élémentaire de donner la vie quand elle le décide, et non pas seulement en situation de détresse, la femme se le voit refuser par Bruno Gollnisch, qui prend à partie sur ce point la ministre des droits de la femme, Najat Vallaud-Belkacem. Drôle de laïcité que celle qui veut maintenir les préjugés patriarcaux sacralisés par les trois monothéismes!

De grâce, cessons d’accorder le label « laïques » à ceux qui n'invoquent la laïcité que pour critiquer les manifestations de l’islam et ne le font jamais pour celles du catholicisme intégriste (*), comme la Manif pour tous ! Madame Le Pen lance: « Nous n’accepterons aucune exigence religieuse dans les menus des écoles. » Soit. Alors pourquoi ne pas protester contre les menus sans viande du vendredi ? On imagine la réponse traditionnelle du Front national : « C’est notre culture, et nous sommes chez nous ! » Bref, le choc des civilisations. La référence au « chez nous » est inepte, car le “ nous ” est variété, et le « Français de souche » n’existe plus depuis belle lurette. C’est ainsi que s’insinue le geste d’exclusion, ou de discrimination. Accord troublant, sur ce point, avec le Cardinal Vingt-Trois qui écrit: « La place du christianisme dans la tradition française n’est pas la même que celle du bouddhisme ou de l’islam (…) La manière de traiter les religions doit tenir compte de leur apport historique et culturel. » La volonté de privilèges est ici explicite. Madame Le Pen ne dit pas autre chose. On ne peut approuver les ostensions religieuses catholiques sur la voie publique, tout en condamnant les prières musulmanes dans les rues. Dès lors qu'il y a trouble à l'ordre public, la laïcité implique de les interdire toutes les deux.

* Ces manifestations ne sont pas du même ordre ; il n'y a jamais d'empiètement régulier des voies publiques par les cultes chrétiens ou juif.

[3] On n’a jamais entendu le Front National s’indigner des privilèges concordataires en Alsace-Moselle, qui mettent à la charge des contribuables athées ou agnostiques les salaires des prêtres, des rabbins, et des pasteurs. Il reste également muet sur le versement de fonds publics à des écoles privées religieuses. Pourtant de tels privilèges bafouent la laïcité, qui implique l’égalité de traitement des divers croyants et des athées (*). A quand des écoles privées dont le caractère propre serait la promotion de l'humanisme athée ou maçonnique, financées par la puissance publique? Il n'est pas souhaitable de communautariser l'argent public. Mieux vaut supprimer les privilèges.

* La laïcité se définit par trois éléments : liberté de conscience + libre exercice des cultes + séparation des Églises et de la République ; le rappel du passé chrétien de l'Europe et de la France ne porte atteinte à aucun de ces élements.

[4] Un second coup de gueule contre certains politiques plus soucieux de flatter les communautarismes que de promouvoir la laïcité et ses exigences. Le clientélisme électoral rend parfois pusillanime. Les convictions sombrent alors devant les ambitions, et ne sont plus attestées que par des hymnes incantatoires à la laïcité, accompagnées de pratiques anti-laïques. Ceux qui pratiquent ce double jeu se reconnaîtront. Ils ne font guère honneur à la politique. De quoi dégoûter les électeurs, s'ils jugent sur les actes et non sur les paroles. On encense la Loi du 9 Décembre 1905 qui interdit le financement public du culte, mais on s'arrange pour la bafouer ou la contourner à des fins électoralistes. Un exemple parmi d'autres: on ne peut se dire laïque en confondant à dessein le culturel et le cultuel pour financer le culte sur fonds publics, et bafouer ainsi le deuxième article de la loi de 1905.

Est-il pourtant si difficile à un maire de refuser d'aider les religions (*) avec l'argent public en expliquant à leurs fidèles que l'argent public doit aller au seul intérêt général? Une politique de logement social, un dispensaire de soins gratuit, un soutien scolaire gratuit, organisés par la commune, feront faire des économies à ces mêmes fidèles, voire les convaincront qu'ils n'ont rien à perdre avec la laïcité, puisque celle-ci leur permet de jouir des services publics universels, et ne laisse à leur charge que le financement de leur culte, affaire privée qui ne saurait peser sur les finances publiques.

* Est-il si difficile de dire qu'il ne s'agit que d'aider l'islam ?

Louer un terrain destiné à un lieu de culte pour un euro symbolique par an, c'est appauvrir la commune et par conséquent nuire au bien commun. L'argent ainsi perdu est autant de moins pour les services d'intérêt général. Quant aux cantines publiques, leur seul devoir est de servir des repas diététiques équilibrés, non de respecter les interdits religieux. D'ailleurs le choix entre deux plats principaux relevant d'une telle exigence peut y être généralisé.

[5] Ceux des politiques qui renoncent à faire respecter les lois laïques compromettent la vertu civique en faisant croire qu'il peut y avoir des droits sans devoirs. Aujourd'hui ils assistent effarés à un effet déplorable dont ils sont pourtant la cause. Ils aiment alors brouiller les cartes en affublant la laïcité d’adjectifs destinés à l’édulcorer : « ouverte », « plurielle », « inclusive », etc. Confusion. Parle-t-on de république « ouverte » ? De justice « ouverte », d'égalité « ouverte »? Non bien sûr. Ce recours aux qualificatifs est à l'évidence une tentative de disqualification de la laïcité. Et il aide les politiques opportunistes à travestir leur vénalité en réalisme. La laïcité en ressort affaiblie, et les faiseurs de mensonges renforcés. Ainsi s'ouvre un boulevard à la caricature de laïcité que pratique le FN.

La laïcité est une condition du vivre ensemble, donc une exigence. Il faut avoir le courage de l'affirmer, de la promouvoir par des actes, au lieu de se vendre en achetant les voix des électeurs, et d'en faire cadeau à l'extrême droite.

Henri Peña-Ruiz, dernier ouvrage paru : Dictionnaire amoureux de la laïcité, Paris : Plon, 2014.