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mardi 21 juin 2016

POLICE DE LA PAROLE ET CORRECTION POLITIQUE


Un des principes de la correction politique : la
déformation doit précéder l'appel à l'indignation.


Voir aussi le groupe facebook
Liberté d'expression....

VOLTAIRE : " Dans Paris quelquefois un commis à la phrase
Me dit : " À mon bureau venez vous adresser ;
Sans l'agrément du Roi, vous ne pouvez penser.
Pour avoir de l'esprit allez à la police ;
Les filles y vont bien sans qu'aucune en rougisse :
Leur métier vaut le vôtre, il est cent fois plus doux. "
Épîtres, À M. Pigal.
Poésies diverses CII, Au roi du Danemark Christian VII sur la liberté de la presse, janvier 1771.

   A - On bute sur la formule "on n’a pas le droit de dire n’importe quoi, de dire des contre-vérités", "il faut une limite à la liberté d'expression". Sont invoqués des "faits historiques" établis pour tout éternité, ou le critère subjectif de l’exercice de l’intelligence et de la décence. Le débat public requiert, pour être politiquement républicain et intellectuellement productif, que l’on ne fasse pas de la vérité des propos, de la qualité du style ou de l'humour, le critère d'un droit à la parole.


A / 1) La vérité est ce qui a résisté à la critique, et non pas ce qui en a été protégé.

   La vérité ou la qualité des propos tenus ne sont pas plus le critère du droit à la parole que l'innocence de l'inculpé n'est le critère du droit à un avocat ET à un jugement en contradictoire selon les règles de droit.

  C'est d'ailleurs ce qui permet l'expression publique des invraisemblables croyances monothéistes, apparues il y a plus de 2 500 ans chez des peuples primitifs et obscurantistes du Moyen-Orient, en Asie actuelle, sur l'axe Nazareth-Jérusalem-Bethléem-Hébron-Médine-La Mecque, et depuis répandues sur la Terre entière. Invraisemblance reconnue par les tenants de la foi, car sans invraisemblance, plus besoin de foi ... « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, [...] », dit la Déclaration... de 1789 et donc notre bloc de constitutionnalité ; même ...

   On n'invoque jamais l'horreur du crime pour supprimer ou limiter ces droits de la défense et le droit à procès en bonne et due forme, appel et recours en cassation, voire recours à la C. E. D. H. . Mais dans le domaine médiatico-politico-intellectuel, il suffit que des propos soient déclarés "inacceptables" par une caste trépignant son indignation, pour que toute argumentation, toute probité, soit abandonnée.
   L’expression « politiquement correct » trouve son origine lointaine dans les milieux marxistes français. Michel Foucault écrivit :
« une pensée politique ne peut être politiquement correcte que si elle est scientifiquement rigoureuse »
Quinzaine littéraire , N° 46, 1er-15 mars 1968 ; date marquante, car début des " incidents " à l'Université de Paris-X - Nanterre.


« Correction politique » présente l'avantage d'exprimer à la fois les aspects normatif et punitif du politiquement correct.


   Arrêt Aussaresses/Orban du 15 janvier 2009, Cour européenne des Droits de l’homme :
« la liberté d’expression vaut non seulement pour les « informations » ou « idées » accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent : ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l’esprit d’ouverture sans lesquels il n’est pas de « société démocratique ».

A / 2) La liberté d’expression a été bridée

par d'innombrables plaintes d’associations communautaristes accompagnant  ou suivant assez souvent de près des dénonciations de journalistes :

  Edwy Plenel contre Bernard Notin en 1990, Nicolas Weill contre Marc Sautet en juin 1996. Les Inrockuptibles et Marc Weitzmann contre Renaud Camus en avril 2000, Lionel Paoli contre Pascal Sevran ; etc.  Tout récemment, le CCIF contre Ivan Rioufol et Georges Bensoussan.

Venues renforcer la loi Pleven initiale du 1er juillet 1972,



il y a :

La loi n° 90-615 du 13 juillet 1990 tendant à réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe créant un article 24 bis dans la loi sur la liberté de la presse.
la loi Sarkozy/Perben n° 2004-575 pour la confiance dans l'économie numérique du 21 juin 2004,
le décret Perben n°2005-284 du 30 mars 2005 relatif aux contraventions de diffamation, d'injure et de provocation non publiques à caractère discriminatoire,
la loi Hortefeux/Dati n° 2008-496 du 27 mai 2008 portant diverses dispositions d'adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations
le projet de loi Valls/Cosse/Kanner/Bareigts N° 3679 « Égalité et citoyenneté ». qui, par son côté "loi d'exception" (articles 37 et 39), fit frémir le Conseil d'État. Devenu loi n° 2017-86 du 27 janvier 2017 relative à l'égalité et à la citoyenneté.



NB. La loi Raffarin/Perben n° 2003-88 du 3 février 2003 visant à aggraver les peines punissant les infractions à caractère raciste, antisémite ou xénophobe (proposition de loi de Pierre Lellouche et Jacques Barrot) ne touche pas à la loi sur la liberté de la presse.

Une chronique détaillée des poursuites engagées contre diverses personnalités est tenue sur la page du groupe facebook Liberté d'expression..


A / 3) La liberté d'expression est combattue par l'usage d'un vocabulaire orwellien. Or une telle liberté devrait valoir pour tous, et pour tous les sujets ; à défaut, elle se résume à un privilège. 

   La Déclaration de 1789 affirme l’égalité comme principe d’attribution des droits de l’homme, et la liberté comme le premier de ces quatre droits. Elle fait ensuite une place exceptionnelle, et qui coûta très cher à leurs promoteurs, dont les noms sont hélas trop peu connus (quand auront-ils droit à un hommage officiel ?) aux libertés d’opinion et d’expression :
« Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. » Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, article 10, proposé par Louis de Castellane (1758-1837, emprisonné sous la Terreur) et Jean-Baptiste Gobel (1727 - mort guillotiné le 13 avril 1794).
« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. » Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, article 11, proposé par le duc Louis-Alexandre de La Rochefoucauld d’Enville (1743 - tué le 4 septembre 1792 par des volontaires qui faisaient la chasse aux aristocrates).
Et aussi :
« L’imprimerie et la librairie sont libres. »
Loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881 [Jules Ferry], article 1er. [PFRLR, Principe fondamental reconnu par les lois de la République ; concept provenant des jurisprudences administrative et constitutionnelle.]. 
« Le service public de l'enseignement supérieur est laïc et indépendant de toute emprise politique, économique, religieuse ou idéologique ; il tend à l'objectivité du savoir ; il respecte la diversité des opinions. Il doit garantir à l'enseignement et à la recherche leurs possibilités de libre développement scientifique, créateur et critique. »
Loi du 26 janvier 1884, article 3, alinéa 1. [PFRLR].
* * * * *

   Certains débats contemporains font penser au dialogue des « représentants de commerce du Peuple » de Jacques Prévert : « – Qu’est-ce que cela peut faire que je lutte pour la mauvaise cause puisque je suis de bonne foi ? – Et qu’est-ce que cela peut faire que je sois de mauvaise foi puisque c’est pour la bonne cause ? » (Spectacle (1949), Représentation). Au besoin, certains s'empresseront de déformer les propos sur lesquels ils appellent à l'indignation. Il y a émancipation de ces polémistes par rapport à la morale, la probité, mais aussi par rapport à la logique et au langage.


   B - Lexique de la correction politique  :

   Une série de termes ont été soit inventés soit détournés pour dénaturer les notions communes, orienter insidieusement le débat et surtout déconsidérer a priori l’adversaire ;  tels homophobie islamophobie et négationnisme ; d’autres ont pris une connotation qui bloque les débats publics. Dans les deux cas, c’est une police primaire de la parole ; Montaigne parlait de "tyrannie parlière"; Voltaire évoque une forme de tyrannie dans ces lignes :
" On n'a jamais fait croire des sottises aux hommes que pour les soumettre. La fureur de dominer est de toutes les maladies de l'esprit humain la plus terrible. [...] Nous devons être jaloux des droits de notre raison comme de ceux de notre liberté. Car plus nous serons des êtres raisonnables, plus nous serons des êtres libres. [...] Le droit de dire et d'imprimer ce que nous pensons, est le droit de tout homme libre dont on ne saurait les priver sans exercer la tyrannie la plus odieuse." (" Lettre XIII à l'occasion des miracles. Adressée par Mr. Covelle à ses chers Concitoyens ", in Collection des Lettres sur les Miracles écrites à Genève et à Neufchatel, 1767). Je remercie le Déclinologue d'avoir indirectement attiré mon attention sur cette Lettre.
Déjà en 1736



La police primaire de la parole génère une police secondaire de la pensée (cf Kant sur la liberté de penser), Ainsi, on pourra reprocher à l'adversaire politique, que la polémique transforme en ennemi, non seulement ce qu'il dit, mais aussi les mots qu'il emploie ; au besoin, on les changera au préalable, la déformation servant admirablement l'indignation.

* * * * * 

Anticommunisme : intimidation ancienne associée à la formule stalinienne : " La gauche s’arrête là où l’anticommunisme commence ". Voir les difficultés insurmontables pour obtenir une journée de commémoration des crimes du communisme (on commence à voir apparaître communistophobe). La première occurrence de ce terme marqué au sceau du totalitarisme semble bien être celle-ci, en 1947 :
« Ma foi l'anticommunisme de Gide, depuis le retour de l'U.R.S.S. ne lui a pas subitement ôté son talent. Gide écrit toujours aussi admirablement. Mais depuis dix ans, l'anticommunisme a souillé le caractère universel du « message » gidien. Depuis 1936, il y a un Gide figé, amer, frivole. Un Gide qui, en 1947, n'a plus derrière lui ce qu'il a eu pendant vingt ans : la jeunesse. Un Gide qui ne sait plus enseigner la ferveur, mais la peur, mais un refus, un rejet. »
Edgar Morin [Nahoum], "« Familles, je vous haïssais » André Gide et le Prix Nobel", Action,  n°164 du 19 au 25 novembre 1947. Merci à Fabrice Picandet et à e-gide pour avoir publié cet article.
« Un anticommuniste est un chien, je ne sors pas de là, je n’en sortirai plus jamais. » Jean-Paul Sartre, Les Temps Modernes, octobre-novembre 1961.

Antisémitisme :

Ce terme ancien est fortement polysémique. Si l’antisémitisme était un délit selon Jean-Paul Sartre (« L’antisémitisme n’est pas une opinion, c’est un délit », Réflexions sur la question juive, 1946) – le même Sartre qui en 1941 succéda néanmoins, en tant que professeur titulaire au lycée Condorcet, à un professeur juif révoqué ..., le n° 92 de la revue Commentaire en apportait confirmation –, l’historien Jules Isaac, bien plus compétent en la matière, co-auteur  de nos célèbres manuels Malet-Isaac et auteur de Genèse de l’antisémitisme (Paris : Callmann-Lévy, 1956), le considérait comme un courant d’opinion ; ce qui ne lui donne pas de consistance logique ou morale dans toutes ses acceptions pour autant, bien entendu, cela devrait aller sans dire.


On a donc rangé sous la catégorie d’antisémitisme des choses fort différentes :

- l'antisémitisme pré-chrétien des Romains. Cicéron [-106 / -43], Pro Flacco, xxviii, 66-67 : calomnie relative à l’or des Juifs ; tu sais quelle force ils représentent, combien ils sont unis et quel rôle ils jouent dans nos réunions. […] Flaccus [préteur] prohiba par édit les sorties d’or d’Asie […] dédaigner, pour le bien de l’État, cette multitude des Juifs, parfois déchaînée dans nos réunions, fut un acte de haute dignité.

- l'antisémitisme romain du début de l'ère chrétienne : Tacite [vers 55  /  vers 118], Histoire, V, 5 : les pratiques des Juifs sont ineptes et misérables ; haine hostile à l’égard de tous les autres. V, 8 : les Juifs étaient le peuple le plus méprisé par les Assyriens, les Mèdes et les Perses ; le roi Antioche [Antiochus IV, vers -215/-163] s’efforça de détruire la superstition nationale et d’introduire la civilisation  grecque.

Juvénal [vers 60 / 140], Satires, VI, 547-547 : aere minuto qualiacumque uoles Iudaei somnia uendent qu’Olivier Sers traduit par : « les Juifs te débitent à la demande n'importe quel songe creux pour une pincée de petite monnaie. » (Classiques en poche, Les Belles Lettres).

Philostrate d'Athènes [vers 200], Vie d’Apollonios de Tyane, V, 33 : Il y a longtemps que les Juifs sont en révolte non seulement contre les Romains mais contre tous les hommes ; eux qui vivent à part, qui ne partagent avec les humains ni la table, ni les libations, ni les prières, ni les sacrifices […] il aurait mieux valu même ne jamais les annexer.

Rutilius Namatianus, [1ère moitié Ve siècle], Membre de l'aristocratie païenne du Bas-Empire, originaire de Narbonnaise, Rutilius compose un journal versifié retraçant un voyage effectué le long des côtes toscanes, poème entrecoupé de divers développements : éloges de parents, invectives contre les Lépides ou les juifs, contre les fonctionnaires...
Sur son retour, 383-398 : le Juif, une créature qui cherche querelle à la bonne nourriture [le porc] ; […] race dégoûtante qui pratique la circoncision : cette race est la racine de la bêtise […] leur cœur est plus froid que leur croyance.


- un anti-judaïsme chrétien multiséculaire s'appuyant notamment sur l'accusation de "peuple déicide" portée contre les anciens Hébreux. Notamment de la part de Luther :

Des Juifs et de leurs mensonges, 1543


- un anti-judaïsme non chrétien, anti-religieux, voire athée ; cf Voltaire, Arthur Schopenhauer, Karl Marx et Frédéric Nietzsche.

- un préjugé de type racial pouvant aller jusqu’à des persécutions et des déportations meurtrières ; pogroms, nazisme. Absolument condamnable à la fois moralement et logiquement, la notion de race n'étant pas pertinente.

- une hostilité à la politique, voire à l’existence, de l’État d’Israël (antisionisme) ; notamment, pour ses expulsions et la fuite de 500 000 à 800 000 réfugiés, sa politique à la main lourde depuis la guerre des six jours (1967), le massacre de Sabra et Chatila, en septembre 1982, la seconde Intifada fin 2000, l'opération Plomb durci à Gaza, 2008-2009, l'attaque de la flottille pour Gaza fin mai 2010, la reprise de la colonisation en cis-Jordanie, le projet de serment d'allégeance (octobre 2010), la construction de nouveaux logements pour les juifs à Jérusalem-Est (novembre 2010).

- une hostilité au communautarisme actuellement incarné en France par le C.R.IJ.F., qui est contraire au principe constitutionnel d’indivisibilité de la République française. Sur son site web, le CRIF se présente comme :
« l’organe de représentation politique de la communauté juive organisée et son porte - parole. »
   Hostilité également à la prétention de ce communautarisme à exercer une police de la parole, depuis la loi Gayssot jusqu'aux pressions du CRIF pour l'interdiction de la conférence avec Stéphane Hessel à l'ENS-Ulm, ou jusqu'à celles de Serge Klarsfeld pour l'annulation de la commémoration du 50e anniversaire de la mort de l'écrivain Louis-Ferdinand Céline avec les Archives de France.

- une tentative de réexamen des méthodes et de l'ampleur des persécutions antijuives par les nazis (révisionnisme), notamment des chambres à gaz. Tout réexamen est actuellement bloqué par la loi Gayssot du 13 juillet 1990.

 - une lassitude grandissante face à l'indécent ressassement médiatique, notamment au travers des séries télévisées, des souffrances juives de la Seconde guerre mondiale, comme si les juifs avaient été les seules victimes de cette guerre, comme si la Première guerre mondiale ne comptait pas, elle aussi, de nombreuses victimes ; lassitude, voire exaspération devant cette perpétuelle promotion du peuple élu (encore sur ARTE le 22 novembre 2013), en plein mépris du reste de l'histoire de France. On a ainsi pu dire ironiquement que la Seconde guerre mondiale devenait un détail de la Shoah ...


- nouvel antisémitisme violent qui s'est développé parmi ceux qui s'identifient depuis 1948 à la cause palestinienne soit parce qu'ils sont eux-mêmes d'origine maghrébine, soit parce qu'ils adhèrent à l'islam radical en butte à Israël, aux États-Unis et plus généralement à tout l'extérieur du monde islamique. C'est ce que Pierre-André Taguieff a appelé la "nouvelle judéophobie".

- l'antisémitisme "vieille France" : Pendant ses vingt premières années, Audrey Azoulay, ministre franco-marocaine de la culture depuis février 2016,  n'avait jamais eu de problème avant d'intégrer l'ENA : "Ce fut un choc, j'y ai découvert fortement l'antisémitisme vieille France." 
Sans doute celui que décrivait, à tort ou à raison, B.-H. L. dans son Idéologie française.


* * * * *

Ma tentative de recherche d'une définition de l'identité juive :


«  Pour assassiner, rien de tel que l'usage des armes de destruction massive : antisémitisme, fascisme, racisme, colonialisme... J'ai l'habitude. » (Michel Onfray, " L'expo [Albert] Camus et les guillotines en papier ", Le Nouvel Obs, 14 septembre 2012).


Dérapage : délit d’opinion à géométrie variable ; ainsi la journaliste Vanessa Schneider est épargnée pour sa formule (fausse d’ailleurs) sur le père de Nicolas Sarkozy : « Juif hongrois coureur de jupons » (Libération, 8 juillet 2004). Éric Zemmour, Christophe Bentz et Nadine Morano ont été accablés pour leur emploi du mot « race », mot qui figure pourtant dans la Constitution de 1958 (article premier, 1er alinéa), dans le Préambule de 1946 (alinéas 1 et 16), dans 14 articles du Code pénal, dans cinq articles (13-1, 24, 32, 33 et 48 ; 48-1 pour l'adjectif raciale) de la loi sur la liberté de la presse de 1881, enfin huit fois dans la Décision-cadre 2008/913/JAI du Conseil de l'Union européenne du 28 novembre 2008 "sur la lutte contre certaines formes et manifestations de racisme et de xénophobie au moyen du droit pénal."

En 2013, l'Assemblée nationale adopta une proposition de loi supprimant le mot "race" de la législation, mais ce texte n'a pas encore passé l'étape du Sénat où il est en instance depuis le 16 mai 2013.

Zemmour fut ensuite attaqué pour une explication rationnelle des contrôles dits "au faciès".
« Ce terme 'dérapage' est devenu la nouvelle manière de censurer les gens. Je l'avais déjà observé et analysé et là je le constate à mes dépens. Dès que quelque chose déplaît à la 'bien-pensance', qui a peur de la réalité, elle le taxe de 'dérapage'. C'est devenu un anathème comme 'raciste', 'fasciste' ou 'antisémite' qui permet de diaboliser l'interlocuteur et de couper court à toutes discussions. » (Éric Zemmour, Le Post.fr, 9 mars 2010).

« Vous êtes allés avec les gaullistes (...). Ils ont massacré les vôtres en Algérie et encore, vous allez leur lécher les bottes ! (...) Vous êtes des sous-hommes, vous n'avez aucun honneur ! » (s'adressant à des harkis en février 2006). Georges Frêche fut condamné à 15.000 € d'amende par le T. G. I. de Montpellier pour ces propos, mais gagna en appel. Le 31 mars 2009, la Cour de cassation confirma la relaxe de la Cour d'appel de Montpellier.


« Pour qualifier son travail acharné à la recherche du parfum idéal, Jean-Paul Guerlain dérape : " Pour une fois, je me suis mis à travailler comme un nègre. Je ne sais pas si les nègres ont toujours travaillé, mais enfin... " » LePost.fr, 15 octobre 2010. Agatha Christie aurait fait une remarque analogue dans un de ses romans.


« Bon témoin de l'air du temps on recense 840 occurrences du mot dérapage sur le site Rue89. Les dérapeurs se recrutent plutôt à droite malgré quelques exceptions. Hélas, c'est peut-être parce que la police de la pensée recrute surtout à gauche. [...] Rue89 pourrait-il être rebaptisé « Dérapage89 » ? Pas tout à fait car même si le mot revient souvent dans les titres, le côté répétitif de ces prurits vigilants finit par fatiguer tout le monde, même les plus bien-pensants des journalistes. La police de la pensée est plutôt de gauche, mais elle reste une police... La liste des dérapages 2010 est, certes impressionnante. Elle donne la nausée et nous éclaire sur la capacité de la société à s'inventer de faux débats ou à courser les moulins à vent. Mais elle présage peut-être aussi d'une baisse de régime du bien-penser. Trop de vigilance tue la vigilance. »
http://www.marianne2.fr/Mots-de-2010-le-derapage-derape_a201119.html


" Le Pen, vieillard radotant, connu depuis toujours pour ses "dérapages contrôlés", ne semble plus avoir que ce créneau-là pour tenter d'exister encore». L'avocat du FN, Vallerand de Saint-Just, a réagi hier soir : « Le Pen n'a commis aucune infraction.» Il n'aurait fait qu'«utiliser sa liberté d'expression ». " Le Pen : «l'occupation n'a pas été aussi inhumaine».
Par Christophe ForcariLibération,13 janvier 2005 "


  L'hebdomadaire Rivarol fut condamné en Cour d'appel de Paris le 21 janvier 2009 pour "contestations de crimes contre l'humanité", pour un entretien avec Jean-Marie Le Pen qui estimait que l'occupation allemande n'avait pas "été particulièrement inhumaine" [*]. Rivarol souleva alors une question prioritaire de constitutionnalité (QPC). "Tout a été dit sur le caractère liberticide de cette loi", selon le conseil de M. Le Pen, Bruno Le Griel, rappelant que la Cour de cassation avait invalidé, en juin 2009, la condamnation de Bruno Gollnisch. Intervenant pour la Fédération nationale des déportés, Arnaud Lyon-Caen jugea que la question n'était pas sérieuse car il était "inconcevable que le Conseil constitutionnel abroge la loi Gayssot", rappelant que la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) avait décidé qu'elle ne portait pas atteinte à la liberté d'expression. Pour lever "les divisions et les doutes", l'avocate générale Anne-Marie Batut demanda, sans succès, que cette question (QPC) soit transmise au Conseil constitutionnel. La condamnation de Rivarol devint définitive après le rejet, en juin 2013, de son pourvoi en cassation.

[*] « En France, du moins, l’occupation allemande n’a pas été particulièrement inhumaine, même s’il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550 000 kilomètres carrés […]. Il y a donc une insupportable chape de plomb qui pèse depuis des décennies sur tous ces sujets et qui, comme vous le dites, va en effet être réactivée cette année […]. Mais le plus insupportable à mes yeux, c’est l’injustice de la justice […]. Ce n’est pas seulement de l’Union européenne et du mondialisme que nous devons délivrer notre pays, c’est aussi des mensonges sur son histoire, mensonges protégés par des mesures d’exception. D’où notre volonté constante d’abroger toutes les lois liberticides, Pleven, Gayssot, Lellouche, Perben II. Car un pays et un peuple ne peuvent rester ou devenir libres s’ils n’ont pas le droit à la vérité dans tous les domaines. Et cela quoi qu’il en coûte ».
Je peux donner un témoignage personnel : mes parents, instituteurs dans une école occupée des Alpes de Haute-Provence, m'ont toujours dit qu'ils avaient pu compléter leur maigre ordinaire grâce à un cuisinier fridolin anti-Hitler, les paysans du coin étant surtout préoccupés des activités et gros revenus du "marché noir", et leur offrant seulement ce dont "les cochons ne voulaient plus".
Détail : terme connoté péjorativement depuis que Jean-Marie Le Pen l'employa à propos de la place de la question des chambres à gaz nazies dans l'histoire de la Seconde guerre mondiale.

L’affaire du “point de détail” reste un mauvais procès fait à Monsieur Le Pen qui déclara lors du ‘Grand jury’ RTL-’le Monde’ du 13 septembre 1987, en réponse à une question :
« Je ne dis pas que les chambres à gaz n’ont pas existé. Je n’ai pas pu en voir. Je n’ai pas étudié spécialement la question. Mais je crois que c’est un point de détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. »
C’est en consultant des ouvrages d’histoire traitant la question comme un détail qu’il avait pu parvenu à cette conclusion, que l’on peut discuter.

L’expression “chambres à gaz” ne figure pas dans le sommaire détaillé (2 pages) de l’ouvrage de Raul Hilberg The Destruction of the European Jews, publié en 1961, 2e édition 1985 (traductions françaises Fayard 1988 et Gallimard, collection Folio-Histoire, 1991).

On ne trouve rien sur les camps d’extermination, ni sur les chambres à gaz, dans Histoire de la seconde guerre mondiale de Liddell Hart (1970, traduction française Fayard 1973), ouvrage qui figurait en Usuels dans la salle des Imprimés (au fond à gauche) de l'ancienne Bibliothèque Nationale, 58 rue de Richelieu, Paris 2e.

* * * * *

Le manuel Histoire de 1890 à 1945 (Hachette, collection GREHG, classes de première (anciennement "première de rhétorique" ...), 1988), mentionnait les chambres à gaz page 235, en une seule ligne, dans la partie “Cours” : “Après 1942, les chambres à gaz font des camps des usines de mort.” Mais cet ouvrage consacrait quatre lignes au “nylon, ce textile de synthèse mis au point par des ingénieurs de la firme Dupont de Nemours en 1938 et utilisé de façon industrielle pour confectionner les parachutes, avant de conquérir l’habillement et une foule d’autres usages.”

Dans la partie " Documents ", le seul témoignage produit est celui du communiste (et stalinien ) Fernand Grenier sur Dachau (témoignage publié dans L’Humanité du 4 mai 1945), Dachau où les gazages homicides ont été reconnus inexistants, notamment par Pierre Vidal-Naquet et Madeleine Rebérioux, sans aucune contestation ultérieure.

* * * * *

L’expression “chambres à gaz” ne figurait pas dans le "Thésaurus", index détaillé de l’Encyclopaedia Universalis, publié en 1990.

En 1992, Annette Wieviorka publia Déportation et Génocide chez Plon ; ce livre accorda cinq pages sur 506 à la « question [sic] des chambres à gaz » ; ces cinq pages relèvent d’une partie intitulée « Diversité des situations dans les camps » ; leur contenu n’apportait aucun élément nouveau mais se bornait à reconnaître la fausseté d’un certain nombre d’affirmations et de témoignages : abbé Hénocque, Rovan, Tillion, entre autres.

Les historiens Serge Berstein et Pierre Milza ont eux aussi traité la question comme un détail dans L’Allemagne 1870-1991 (Paris : Masson, 1992, 278 pages, collection " Un siècle d'histoire ") ; on n’y lit en effet que ces quelques lignes :
“Dans l’euphorie des premières victoires en Russie s’ébauche un plan bien plus ambitieux ; la ‘solution finale’, c’est-à-dire l’extermination de tous les juifs européens. Chargé en juillet 1941 de dresser un rapport sur la question, Heydrich fait adopter en janvier 1942 un plan qui entre aussitôt en application : construire des camps où les juifs seront parqués et exterminés dans des chambres à gaz. Dans toute l’Europe commencent les grandes rafles destinées à alimenter les convois qui convergent vers Auschwitz, Maïdenek, Belzc, Treblinka, etc., où périront six millions de juifs.”
* * * * *

Invité sur BFMTV le jeudi 2 avril 2015, le président d'honneur du FN, Jean-Marie Le Pen, réitéra ses propos sur les chambres à gaz, qualifiées de "point de détail de la guerre", qui lui avaient déjà valu d'être condamné, et défendu l'utilité des polémiques dans la progression du FN. Regrette-t-il d'avoir parlé de "point de détail ?", lui a-t-il été demandé par Jean-Jacques Bourdin :
" Ce que j'ai dit correspondait à ma pensée, que les chambres à gaz étaient un détail de la guerre, à moins d'admettre que c'est la guerre qui était un détail des chambres à gaz. Je maintiens ces propos car je crois que c'est la vérité ".
AFP, 24 juillet 2015 : " Jean-Marie Le Pen sera jugé en correctionnelle pour avoir de nouveau déclaré, le 2 avril, que « les chambres à gaz étaient un détail » de la Seconde Guerre mondiale, a appris vendredi l’AFP de source judiciaire.
Le parquet, qui avait ouvert une enquête préliminaire juste après ces propos tenus sur BFMTV-RMC, a cité à comparaître il y a quelques semaines le cofondateur du Front national pour contestation de crime contre l’humanité. "

Le 6 avril 2016, Jean-Marie Le Pen est condamné par la XVIIe chambre correctionnelle du T.G.I. de Paris à 30 000 € d'amende pour contestation de crime contre l'humanité. Appel et cassation à suivre.
" L’ancien président du Front national, Jean-Marie Le Pen, a été condamné mercredi 6 avril à 30 000 euros d’amende pour avoir de nouveau qualifié, il y a un an, les chambres à gaz de « détail » de l’histoire de la seconde guerre mondiale. Le tribunal correctionnel de Paris l’a déclaré coupable de contestation de crime contre l’humanité et a rejeté l’immunité parlementaire qu’invoquait le cofondateur du parti d’extrême droite. " (Le Monde.fr)


Haine : on en accuse à tout bout de champ ceux dont les arguments dérangent.

" Nous n'avons pas les préjugés de nos ennemis, car la vie est la vie, et pas la haine. Les gays et les lesbiennes ne rendent pas moins de services à la France que des théologiens bizarres et des politiciens sans idées. Croit-on d'ailleurs qu'il n'existe pas d'homosexuels à l'UMP, parmi les rabbins, les mollahs et les pasteurs ? Les populistes homophobes et ceux qui répandent leurs propos se rendent-ils compte que leurs incessantes diatribes libèrent les actes ? Que, si des supposés responsables parlent de manière irresponsable, la brutalité va se sentir justifiée ? Dans tout cela, le mariage est un leurre. Une fois qu'il sera acquis, l'homophobie ne cessera pas, et c'est elle qu'il faut criminaliser. S'il y a quelque chose de dangereux dans une société, c'est le lobby de la bêtise et de la haine. " ("Mariage gay : non à la collusion de la haine", Le Monde.fr, 17 novembre 2012).



Homophobie : délit d’opinion créé par la loi Perben portant création de la HALDE, loi n° 2004-1486 du 30 décembre 2004 ; délit contré (après deux condamnations) par l’arrêt Vanneste (Cour de cassation, chambre criminelle, 12 novembre 2008).

« Le terme d’homophobie s’est imposé : ce mot piégé confond (volontairement) le refus de la normalisation symbolique et sociale de l’homosexualité avec l’animosité à l’égard de la personne des homosexuels. L’homophobe, c’est le fasciste d’aujourd’hui. » (Jean Sévillia, Le Terrorisme intellectuel de 1945 à nos jours, Perrin, 2000). Ce néologisme alimente un discours qui stigmatise un délit d’opinion concrétisé par la notion contradictoire de "propos discriminatoires" (titre III de la loi), notion ne fait pas de différence entre le désaccord intellectuel et la discrimination en acte. Ce néologisme "homophobie" dissimule par ailleurs le fait que l’homosexualité relève bien davantage de la liberté et de l'amitié (poussée à l'extrême ...) que de l’égalité des droits sociaux et de la conjugalité. Délit d'opinion qui causa la défaite électorale d'un député du Nord, Christian Vanneste, en juin 2012.


Robert Badinter déclarai en 1982 :
« Chacun de nous est libre de critiquer ou d'approuver l'homosexualité, chacun est libre de choisir ou de ne pas choisir tel ou tel comportement sexuel ; cela relève du choix intime de la personne. » (Sénat, séance du 5 mai 1982, Journal Officiel [Débats Sénat], p. 1634).
Aujourd'hui la liberté de conscience n'existe plus pour l'homosexualité, et une atteinte se trouve ainsi portée indirectement à la liberté religieuse.
« L’homosexualité n’est pas une fatalité. L’homme est libre. C’est un comportement qu’il faut soit quitter, soit assumer. Si on l’assume, ça doit être dans la discrétion et non en s’affichant comme membres d’une communauté réclamant des droits particuliers et une reconnaissance particulière sur le plan social. J’accepte le comportement, je refuse l’identité de groupe. C’est une ineptie de prétendre qu’il y a un comportement de groupe. Je précise encore que je n’ai aucune agressivité à leur encontre. Simplement, je considère qu’ils ne forment ni un groupe ni une communauté. Ce sont des comportements individuels qui ne doivent pas jouir d’une reconnaissance à travers les termes intégrés de la loi. Je n’interdis rien, je ne demande aucune stigmatisation, aucune punition. Simplement que ça reste un comportement individuel, le plus discret possible … Je n’ai pas dit que l’homosexualité était dangereuse, j’ai dit qu’elle était inférieure à l’hétérosexualité. Si on la poussait à l’universel, ce serait dangereux pour l’humanité.» «Indignation et mobilisation après les propos du député UMP sur l’homosexualité (1) », La Voix du Nord, 26 janvier 2005 [texte pris dans l’arrêt de la Cour de cassation du 12 novembre 2008].
1. Selon cet arrêt, « l’opinion développée par le député Christian Vanneste selon laquelle «il existe un modèle social qui est celui du mariage hétérosexuel et de l’éducation des enfants» et selon laquelle face à ce modèle social l’homosexualité est «une menace pour la survie de l’humanité», constitue l’expression d’une opinion et à ce titre ne dépasse pas les limites admissibles de la liberté d’expression et ne peut, en conséquence, constituer une injure […] les expressions utilisées par Christian Vanneste sont mesurées, exemptes de toute invective et de volonté de blesser, ayant pour seul objet de nourrir un débat quant à la nécessité d’adopter le texte qui sert de base à l’incrimination […] ».


Islamophobie : " Forgé par les intégristes iraniens à la fin des années 70 pour contrer les féministes américaines, le terme d’«islamophobie», calqué sur celui de xénophobie, a pour but de faire de l’islam un objet intouchable sous peine d’être accusé de racisme. Cette création, digne des propagandes totalitaires, entretient une confusion délibérée entre une religion, système de piété spécifique, et les fidèles de toutes origines qui y adhèrent. Or une confession n’est pas une race, pas plus que ne l’est une idéologie séculière. " (Pascal Bruckner, "L'invention de l'islamophobie", Libération, 23 novembre 2010).
http://www.liberation.fr/societe/01012303767-l-invention-de-l-islamophobie

Ce terme, apparu en français dès 1910,
sert désormais à déconsidérer toute tentative de critique de l'islam et tout débat sur l'application de la laïcité à l'islam. Également appliqué à ceux qui sont opposés à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne.

HCI : « Intégration et racisme.
À la suite de la mise en cause de l'un de ses membres M. Claude Imbert, le HCI [Haut Conseil à l'Intégration] a été conduit à préciser les rapports qui existent entre le racisme, l'islamophobie et l'intégration.

Pour avoir usé du terme d'islamophobe, M. Claude Imbert a été accusé de racisme, notamment par le MRAP. Les membres du HCI ont souhaité, avant de prendre une quelconque position, se réunir sereinement et procéder à un échange avec M. Imbert. Il leur est alors apparu que c'est dans le cadre d'un article consacré à la critique de la politique du pape Jean-Paul II et à propos des musulmans laïques que Claude Imbert avait utilisé le terme "musulmans islamophobes". Questionné ensuite lors d’une émission de la chaîne LCI sur sa position à l'égard de l'Islam, et, non sans avoir fait preuve d'une réticence à l'égard de l'utilisation de ce mot, M. Imbert a concédé que, s'il signifiait une critique de la religion, il était alors lui-même "islamophobe".

Dans leur débat, les membres du HCI ont, tour à tour fait valoir qu'aucune confusion ne pouvait intervenir, dans une république laïque démocratique, entre la critique de la religion et le racisme. La première est libre et constitutionnellement protégée ; elle relève de la liberté de conscience et d'opinion. En raison de la séparation des Églises et de l'État, (loi de 1905), la république laïque ne reconnaît pas le blasphème et ne le pénalise pas, contrairement au racisme qu'elle sanctionne très sévèrement.

L'une des caractéristiques de la doctrine raciste est précisément d'établir un amalgame entre l'origine ethnique des personnes et les opinions qu'elles professent, d'identifier les individus et leurs convictions, de réduire les hommes et les idées, en jugeant un individu à partir de ses idées et les idées à partir d'un individu. Poussé à son terme comme ce fut le cas dans le nazisme, cet amalgame a conduit à massacrer des enfants et des adultes juifs qui n'avaient aucune conviction religieuse proclamée.

La pratique de la religion étant libre, l'islamophobie, c'est à dire la peur ou la détestation de la religion islamique, ne relève pas du racisme. M. Imbert comme de nombreux publicistes avant lui s'est livré à de nombreuses critiques du catholicisme, sans que les catholiques se soient déclarés victimes d'un quelconque racisme. Il a, par ailleurs, personnellement, manifesté à de nombreuses reprises sa sympathie pour toutes les réussites issues de l'immigration auxquelles il a contribué activement.
[...]
Après en avoir délibéré, le HCI rappelle unanimement qu’en République la critique de la religion, comme de toutes les convictions, est libre, qu’elle est constitutionnellement garantie et qu’elle fait partie de la liberté d’opinion et d’expression. Elle ne saurait être assimilée au racisme et à la xénophobie, que les membres du HCI réprouvent et combattent activement. »

Rapport "Le contrat et l'intégration : rapport à Monsieur le Premier ministre" de janvier 2004, pages 115-116, 117.


CNCDH (présidée par Christine Lazerges, 72 ans, professeur agrégé de droit privé et sciences criminelles, et ancienne députée PS) :
" Le terme « islamophobie » vient mettre en lumière un racisme latent, qui se veut imperceptible, caché sous les dehors acceptables de la liberté d’expression. Dans ce cadre, refuser de parler d’« islamophobie » pourrait être perçu comme une volonté de nier la réalité et l’ampleur d’un phénomène tout particulièrement sensible depuis quelques années, tendant à faire des personnes de confession musulmane un groupe homogène et problématique pour la société. L’ « islamophobie » a pour mérite de désigner une idéologie hostile aux personnes de religion musulmane, perceptible au-delà d’actes antimusulmans épars. [...] l’apparition d’une quasi-phobie, c’est-à-dire d’une peur intense à l’égard de l’islam et des musulmans en France, générant un climat d’angoisse et d’hostilité à leur égard."
Rapport 2013 sur la "lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie", Introduction générale (publié le 12/6/14)


Limite : variante de suspect, "propos limites" est quasiment synonyme de dérapage ; qualifie des propos méritant seulement l'indignation, pas l'argumentation, selon des gens en général totalement incapables d'argumenter.


Négationnisme : Néologisme dû (en 1987) à l'historien Henry Rousso, appliqué rétroactivement à Paul Rassinier et Maurice Bardèche. Voir ma page sur l'article Gayssot. Le terme vise à disqualifier le révisionnisme historique, tout comme " anticommunisme " visait à disqualifier les critiques du stalinisme, et " islamophobie " les critiques de l'islam. L'emploi de ces trois termes est une atteinte à la liberté d'expression.

Dans la culture occidentale, on se devrait, pour la qualité de l’Instruction publique, de fournir en permanence les éléments objectifs établissant les faits scientifiques ou historiques, justifiant les diverses théories ou politiques élaborées à partir de ces faits. On ne peut s’en tenir à la position irréfléchie et improvisée de 34 historiens français qui eurent ce que le philosophe Paul Thibaud, alors directeur de la revue Esprit, appela "un réflexe de cordon sanitaire" ; ils proclamèrent leur refus de débattre :
" Il ne faut pas se demander comment, techniquement, un tel meurtre de masse a été possible. Il a été techniquement possible puisqu’il a eu lieu. [...] Il n’y a pas, il ne peut pas y avoir de débat sur l’existence des chambres à gaz. " (Le Monde, 21 février 1979).
Plusieurs d’entre eux furent d’ailleurs par la suite opposés à cet "article Gayssot", et aucun des historiens français alors spécialistes de la Seconde guerre mondiale : Henri Amouroux, Henri Michel, René Rémond, n'avait signé cette proclamation.

Dans les années 1990, il y avait sur Internet un ou deux textes de moi qui, tout en ne reprenant pas l"affirmation révisionniste de la non-existence des chambres à gaz (ce que je n'ai jamais fait), demandaient la liberté d’expression pour tous et pour tous les sujets, et critiquait la loi Gayssot (comme le fit en 1991 l'actuel Défenseur des droits Jacques Toubon). Au moment de l'affaire Renaud Camus en 2000, j'ai tout naturellement apporté mon soutien à cet écrivain, avec lequel j'étais entré en contact en 1985, lors de la parution de mon Vocabulaire de l'homosexualité masculine qui faisait mention, pages 38-39, du néologisme achrien proposé par Camus. En 2000, le journaliste Daniel Schneidermann tomba sur un de ces textes sur Internet, et en a alors :
1. conclu que j’étais révisionniste ;
2. conclu que Renaud Camus était lié au révisionnisme.
Paniqué, Renaud Camus, réservant ses couilles pour le sauna, retira immédiatement de son site un de mes textes lui apportant mon soutien qui figurait dans le dossier de l'affaire, - et prit ses distances avec moi.
Plusieurs années plus tard, il y eu une discussion dans le forum du Parti de l'In-nocence de Camus relativement à cet épisode ; plusieurs éléments donnés étaient inexacts et je suis intervenu pour les corriger, mais je n'ai pas gardé souvenir ni trace écrite des détails. Ce fut mon unique participation à ce forum.


Provocation : semble avoir tendance à remplacer dérapage. "La provocation de Marine Le Pen" (La presse, décembre 2010, sur l'occupation de rues par des prieurs musulmans ; le Mrap a porté plainte ...)


Racisme :


« Interdire l'expression du racisme, c'est tout simplement militer pour le refoulement, pour le secret, le renfermement et la conspiration. Et à terme, pour plus d’attentats, plus de meurtres. »
Serge July, alors directeur du quotidien Libération, "La liberté d'expression des racistes", Libération, 24 novembre 1978.
C'est surtout renoncer à instruire, à éduquer, à combattre les préjugés.

Voir le beau texte de Claude Lévi-Strauss sur le sujet :

   Claude LÉVI-STRAUSS : « [En 1971 devant l’UNESCO] je m’insurgeais contre l’abus de langage par lequel, de plus en plus, on en vient à confondre le racisme défini au sens strict et des attitudes normales, légitimes mêmes, et en tout cas inévitables. Le racisme est une doctrine qui prétend voir dans les caractères intellectuels et moraux attribués à un ensemble d’individus, de quelque façon qu’on le définisse, l’effet nécessaire d’un commun patrimoine génétique. On ne saurait ranger sous la même rubrique, ou imputer automatiquement au même préjugé, l’attitude d’individus ou de groupes que leur fidélité à certaines valeurs rend partiellement ou totalement insensibles à d’autres valeurs. Il n’est nullement coupable de placer une manière de vivre et de penser au dessus de toutes les autres, et d’éprouver peu d’attirance envers tels ou tels dont le genre de vie, respectable en lui-même, s’éloigne par trop de celui auquel on est traditionnellement attaché. Cette incommunicabilité relative n’autorise certes pas à opprimer ou détruire les valeurs qu’on rejette ou leurs représentants, mais, maintenue dans ces limites, elle n’a rien de révoltant. Elle peut même représenter le prix à payer pour que les systèmes de valeurs de chaque famille spirituelle ou de chaque communauté se conservent, et trouvent dans leur propre fonds les ressources nécessaires à leur renouvellement.

   Si, comme je l’écrivais dans Race et histoire, il existe entre les sociétés humaines un certain optimum de diversité au delà duquel elles ne sauraient aller, mais en dessous duquel elles ne peuvent non plus descendre sans danger, on doit reconnaître que cette diversité résulte pour une grande part du désir de chaque culture de s’opposer à celles qui l’environnent, de se distinguer d’elles, en un mot d’être soi ; elles ne s’ignorent pas, s’empruntant à l’occasion, mais, pour ne pas périr, il faut que, sous d’autres rapports, persiste entre elles une certaine imperméabilité.

   Tout cela devait être rappelé, et plus encore aujourd’hui où rien ne compromet davantage, n’affaiblit de l’intérieur, et n’affadit la lutte contre le racisme que cette façon de mettre le terme, si j’ose dire, à toutes les sauces, en confondant une théorie fausse, mais explicite, avec des inclinations et des attitudes communes dont il serait illusoire d’imaginer que l’humanité puisse un jour s’affranchir ni même qu’il faille le lui souhaiter. » (Le Regard éloigné, Préface, Paris : Plon, 1983)


Des associations ont considéré comme raciste cette réplique d'Éric Zemmour : « Pourquoi [quand on est noir ou arabe] on est contrôlé 17 fois ? Pourquoi ? Parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes. C'est comme ça. C'est un fait. » ; phrase rapportée par la presse sous la forme : « Les Français issus de l'immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes… C'est un fait » (6/3/10, dans l'émission de Thierry Ardisson).

La formule des probabilités conditionnelles qui relaxe immédiatement Zemmour de l'accusation de racisme, la voici (d'après un article de Jean-Michel Claverie) :

U : univers des possibles
p : probabilité d'un événement E (sous hypothèse d'équiprobabilité) ; p(E) = card(E)/card(U)
I : un individu est immigré (E = I)
T : un individu est trafiquant (E = T)

p(T/I) est la probabilité de l'événement T sachant que l'événement I est réalisé.

p(T/I) = [p(I/T)x p(T)]/p(I)

Ceci d'après les deux manières de calculer p(I∩T), probabilité de "I et T", qui est aussi p(T∩I)

Application numérique :

Si l'on prend :

p(I/T) = 0,5
p(T) = 1/10 000
p(I) = 0,1

alors p(T/I), la probabilité qu'un immigré soit trafiquant, n'est égale qu'à 1/2 000.


Le même traitement mathématique est applicable à la phrase de Dieudonné qui dit que les plus grands escrocs sont pratiquement tous juifs, ce qui ne veut pas dire que les juifs sont pratiquement tous de grands escrocs.

"La plupart des trafiquants sont noirs et arabes" a été lu à l'envers comme signifiant "la plupart des noirs et arabes sont trafiquants". On comprendra peut-être mieux sur cet exemple :

"la plupart des prisonniers sont des hommes" [exact, 96 %] ne signifie pas "la plupart des hommes sont en prison".

Mais la correction politique ignore la théorie élémentaire des ensembles, qui apparemment n'est pas enseignée dans les écoles de journalerie (pas plus que la logique).

À noter cette revanche tardive de Zemmour :

" L'État français, condamné pour cinq contrôles au faciès, a décidé de se pourvoir en cassation. Mediapart a pris connaissance du mémoire qui vient d'être transmis à la Cour, dans lequel il est jugé légitime de ne contrôler que les Noirs et les Arabes au motif qu'ils ont plus de chances d'être étrangers et donc sans papiers. " (Médiapart, 25/2/2016).

Robert Redeker : « Aux notions de bien et de mal est substitué un nouveau lexique, postérieur à la mort de Dieu (fin de la morale) et à la mort de la politique (fin de l'histoire) : le lexique du racisme et de l'antiracisme. C'est tout simplement parce que le Bien et le mal, la morale et la politique se sont éclipsés de nos sociétés que le racisme a pu s'installer à la place du mal et l'antiracisme à celle de la morale. Descartes forgea la notion de morale par provision, parfois appelée morale provisoire, notre époque invente la morale par substitution, l'antiracisme. Du coup, l'antiracisme est chanté partout comme l'alpha et l'oméga de la morale et de la politique, leur fine fleur. » "Richard Millet, Annie Ernaux, et le fantôme du Mal", Le Monde.fr, 21 septembre 2012.


Stigmatisation : Nom donné à la critique de la sinistre religion islamique quand on veut faire passer cette critique pour du racisme à l'égard des Arabes, noirs, Pakistanais et Indonésiens. S'applique aussi aux tentatives de traitement des questions de l'immigration excessive et de la délinquance des jeunes issus de l'immigration. Le C. F. C. M. a trouvé une solution originale
" pour que l'islam, religion de paix qui sacralise la vie, soit dissocié définitivement du terrorisme" (communiqué du 22 mars 2012), "que soit abandonné l'usage des termes islamiste ou islamisme qui nourrit l'amalgame entre islam et terrorisme et fait souffrir des millions de musulmans qui tiennent à défendre la dignité de leur foi et de leur religion ".
La NovLangue est un appauvrissement de la langue française ...



Xénophobie : "Ne s’emploie qu’à l’encontre des Français d’origine européenne et de religion chrétienne qui entendent protéger leur identité ou leurs préférences (trad. : identité) ; les agissements comparables des autres groupes sont qualifiés au pire de “communautarisme”. Dictionnaire de novlangue, Polémia, 2008.


 C - D’autres termes orientent "positivement" le débat :

"Cette langue qu’il [le complexe politico-médiatique] a inventée pour ne pas dire, pour ne pas montrer, pour cacher ce qui survient et qui est déjà survenu : les jeunes pour les délinquants, les quartiers populaires pour les quartiers que les couches populaires indigènes ont dû fuir, les quartiers sensibles pour les zones de violence et de non-droit, le multiculturalisme pour la grande déculturation, la diversité pour le triomphe du même, pour la disparition des identités, pour la banlieue universelle. Etc." Renaud Camus, Assises de l'islamisation, 18 décembre 2010.


Avancer en âge : euphémisme pour "vieillir" proposé par la ministre déléguée aux Personnes âgées et à l’Autonomie, Michèle Delaunay.


Casier médiatique : "Caroline Fourest, dans sa chronique du 27/3/10, soulignait l'accumulation des dérapages d'Éric Zemmour, notant : "En matière de raccourcis, le casier médiatique d'Éric Zemmour est loin d'être vierge." L'effet ne s'est pas fait attendre. "Ce casier médiatique n'est pas une plaisanterie, un raccourci. C'est un vrai concept. Le CSA est assimilé à une instance judiciaire qui a les mêmes rapports avec les journalistes que les délinquants récidivistes avec la police", désapprouve Marc Salomone (Paris)". Véronique Maurus, "Les trublions", Le Monde, 4 avril 2010,


Citoyen (adj.) : conforme à ce qu'attend la correction politique. Philippe Muray avait relevé ce glissement sémantique dans ses Exorcismes Spirituels.


Communauté : invoquée à tout bout de champ dans notre République indivisible ; exemple : « site francophone s’adressant à la communauté bisexuelle » (pris sur Internet)


Diversité : terme qui sert à la promotion de la confusion entre multiracialisme et multiculturalisme (Multikulti). "Français d’origine française" : environ un millier de références sur Google pour cette expression qui enregistre la perte de sens du terme « Français ». On dit aussi "personne de la diversité" (euphémisme de "racaille" ?). En revanche, ne jamais dire "Français de souche".


Mémoire : concept promu par Pierre Nora, dévoyé ensuite ; les mémoires communautaires sont promues en lieu et place de l’histoire objective (Histoire) qui devient impossible à enseigner. à la fin du deuxième millénaire, le matérialisme historique échappait aux règles de la connaissance et de la logique ordinaires ; aujourd’hui, la mémoire collective à usage politique et communautaire récuse le savoir, et plus précisément l’histoire méthodique et objective, jusque dans l’enseignement, au nom du principe « tout est politique » ; il semble que l’on suive le slogan du Parti dans 1984 de George Orwell : "Who controls the past controls the future : who controls the present controls the past".


Modération : euphémisme pour "censure". Exemple :
"Cet article génère un nombre très important de commentaires qui doivent être tous revus en raison du sujet abordé. Il ne nous est matériellement pas possible d’assumer cette charge additionnelle. En conséquence, cet article ne sera pas ouvert aux commentaires. Veuillez nous en excuser. Merci de votre compréhension. La modération." (LaLibre.be, 8 mai 2010).
Au Figaro.fr, "modération refusée" était un euphémisme pour "commentaire censuré". Maintenant, on reçoit le simple avis "refusé"


Éric Mettout, directeur adjoint de la
rédaction et modérateur à l'Express.fr

« Avertissement de modération  compte tenu du caractère sensible de ce thème, nous serons particulièrement sensibles à la bonne tenue des débats. Merci donc de ne pas tenir de propos xénophobes, islamophobes ou discriminatoires. » (lexpress.fr, 6 octobre 2012, sur l'article "Présidence de l'UMP: Copé, le pain au chocolat et le ramadan".

" Netino est une société française spécialisée dans la modération des espaces participatifs ainsi que le 1er niveau de réponse. Elle a été fondée en 2002 par Jean-Marc Royer et elle est dirigée depuis 2010 par Jérémie Mani. [...] La modération est réalisée par des modérateurs professionnels recrutés dans des pays francophones à bas coûts (Maroc, Mali, Sénégal, Madagascar, Ile Maurice, seul 20% des salariés sont en France) " (wikipedia)

Autres sociétés spécialisées : Concileo et Atchik.



D /  Dans ce qui est bien davantage une mutation qu’un déclin du marxisme,

le sélectif "devoir de mémoire" de l’individu communautaire remplace la "prise de conscience" proposée au prolétaire ; il entraîne une surenchère dans la culpabilisation collective des uni-nationaux et Français de souche (ceux qui ont au moins trois grands-parents français), une dérive intolérante dans l’opinion et les médias engagés. En revanche, comme remarqua le philosophe Jacques Bouveresse, l’abandon du marxisme n’est l’objet d’aucun commencement de réflexion de la part de ses anciens fidèles , mais l’ont-ils véritablement abandonné ? On peut en douter.


   Les restrictions actuelles à la liberté d’expression participent d’une forme de lutte politique dont les tenants considèrent que c’est l’orthodoxie qui donne le droit à la parole, orthodoxie qu’ils appellent justice sociale ou vérité et dont ils prétendent qu’on ne peut accepter de la placer sur le même plan que l’erreur (l'erreur selon eux ...). Le Monde des Débats de septembre 2000, page 23, l'exposait clairement : « Nazisme, bolchevisme, antisémitisme hantent notre histoire. Faut-il accepter de discuter le lien que l’historien allemand Ernst Nolte (cf la querelle des historiens) établit entre eux ? Ou sa thèse est-elle trop suspecte pour être prise en considération ? ».


L'aveu : Catherine Barma, productrice de l’émission, déclara travailler sous la censure : 
" Un responsable de France 2 assiste à tous les enregistrements [de "On n’est pas couché"] et à ce jour nous n’avons jamais monté une séquence sans son accord et celui de la chaîne. " (télé-2-semaines.fr, 18 mars 2010)
Le nom de ce censeur ? "Le censeur est un des conseillers de programme des magazines de la Chaîne", m'écrivit Franck Vautier, du service Relations téléspectateurs de France 2.


   Nouvelle loi des suspects, certes plus douce, pour l’instant, que celle de la Convention en 1793. Le terme "journalisme" désigne désormais « autant une idéologie qu’un métier », concluait, après une longue fréquentation de la presse française, Paul Thibaud, ancien directeur de la revue Esprit ; c’est l’idéologie du politiquement correct, de la soumission obligée de la compétence à la majorité, de la valeur au vedettariat, l’idéologie du primat du commun sur le savoir, du politique sur l’épistémologique, de la prétention vigilante à informer et à alerter sur la conscience du besoin de s’informer, d’étudier, de comprendre et de s’expliquer. C’est pourquoi Inter Net, dont le pluralisme est bien supérieur à celui des grands médias, suscite autant d’inquiétude chez les journalistes et les politiques adversaires de la liberté d’expression, liberté qui est une valeur culturelle, intellectuelle, et pas seulement une valeur politique, démocratique


Pour une analyse plus théorique de la question, voir cet article de Philippe Nemo que j'ai découvert en septembre 2012, "Liberté d'opinion et lois de censure : les processus de régression de la pensée juridique française"

Je connaissais en revanche ces lignes de 2004 :

« Rien n'est censé être, par principe, tenu à l'abri de la critique. Il n'y a pas de dogmes, de vérités "sacrées", intangibles, que l'on n'ait pas le droit d'interroger et de remettre en cause. En revanche, étant donné que ce qui rend la liberté de penser féconde, ce n'est pas l'acte libre du penseur en lui-même, mais la confrontation des diverses hypothèses sur l'espace public, l'exercice fécond de la liberté de penser par un citoyen a pour condition sine qua non la reconnaissance de la même liberté de penser chez les autres. En d'autres termes, il faut qu'il y ait adhésion sans réserve aux règles mêmes du pluralisme, déontologie de la presse, règles du débat académique, règles du débat public en général. Cela exclut donc que quiconque, pour faire prévaloir une vérité, puisse compter sur quelque forme que ce soit de coercition étatique. Le mouvement "politically correct" qui a sévi pendant quelques années dans les universités américaines était à cet égard une grave régression civilisationnelle. De même que la loi du 13 juillet 1990 imaginée en France par le député communiste Gayssot pour frapper de sanctions pénales l'expression de toute opinion concernant le génocide des juifs par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale qui divergerait si peu que ce soit de la version couramment reçue (" Seront punis [...] ou internationale."). Cette loi fut votée comme un seul homme par l'Assemblée nationale, circonvenue en l'occurrence par la pression médiatique comme les assemblées révolutionnaires l'étaient par les sans-culottes armés de piques. La loi Gayssot, en effet, ne limite pas l'interdiction de l'expression de certaines pensées à ce qui pourrait troubler en pratique l'ordre public, mais elle interdit l'expression de certaines opinions en tant que telles ("ceux qui auront contesté ..."). Elle institue donc un dogme d'État. Le caractère partisan et le non-sens scientifique de ce dogme ne se perçoivent que trop bien a contrario par le fait que la loi ne rend pas passible de sanction pénale la sous-estimation des crimes communistes, qui ont eu la bonne fortune de ne pas être visé par le tribunal de Londres [sic, pour le tribunal institué par l'accord de Londres] dont les Soviétiques étaient membres. Un rapport de forces devient ainsi norme de vérité. D'autre part, il est sans précédent qu'on donne comme critère de vérité scientifique des jugements de tribunaux. On peut exprimer les mêmes réserves au sujet des lois actuellement discutées, ou projetées, concernant les sectes, l'homophobie, l'islamophobie, etc. - bref, tout ce qui ne plaît pas à l'opinion dominante, ou, plus exactement, à l'opinion des actuelles catégories dominantes. L’existence de ces censures n’a de sens que si l’on croit que toute la vérité scientifique possible au sujet de l’homosexualité, de l’islam et des autres sujets concernés est d’ores et déjà entièrement disponible et que les thèses prévalant actuellement à leur sujet ne seront jamais modifiées par le progrès des connaissances. Ce dispositif répressif revient à identifier les vues de la classe politique au pouvoir – pourtant bien fragiles, puisqu’elles sont essentiellement inspirées par la mode et les médias – avec quelque Savoir Absolu. J’aimerais qu’on me dise en quoi consiste, aux bûchers près, la différence entre ce dispositif pénal "moderne" et l’Inquisition (qu’on professe pourtant haïr). Mais l’analyse de la triste régression des Lumières en France dont ces lois de censure sont, tout à la fois, un symptôme et une cause, excède le propos du présent essai. »
Philippe Nemo, Qu'est-ce que l'Occident ?, Paris : PUF, 2004 (octobre), pages 143-144, note 64.


Normes juridiques supranationales et autres textes internationaux : 

  « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. » ONU, Déclaration universelle des droits de l’homme, 1948, article 19. [Texte dépourvu de valeur juridique contraignante]. 

« 1 Toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques et sans considération de frontière. Le présent article n'empêche pas les Etats de soumettre les entreprises de radiodiffusion, de cinéma ou de télévision à un régime d'autorisations. 
2 L'exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à l'intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l'ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d'autrui, pour empêcher la divulgation d'informations confidentielles ou pour garantir l'autorité et l'impartialité du pouvoir judiciaire. »
Convention Européenne des Droits de l’Homme [Conseil de l’Europe, 1950], article 10. 

« La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet que des seules restrictions prévues par la loi et qui sont nécessaires à la protection de la sécurité, de l’ordre et de la santé publique, ou de la morale ou des libertés et droits fondamentaux d’autrui. »
Pacte international relatif aux droits civils et politiques, 1966, article 18, alinéa 3.

 « Conformément à l'article premier de la présente Déclaration et sous réserve des dispositions du paragraphe 3 du dit article, le droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion ou de conviction implique, entre autres, les libertés suivantes :
a) La liberté de pratiquer un culte et de tenir des réunions se rapportant à une religion ou à une conviction et d'établir et d'entretenir des lieux à ces fins ;
b) La liberté de fonder et d'entretenir des institutions charitables ou humanitaires appropriées ;
« c) La liberté de confectionner, d'acquérir et d'utiliser, en quantité adéquate, les objets et le matériel requis par les rites ou les usages d'une religion ou d'une conviction ;
d) La liberté d'écrire, d'imprimer et de diffuser des publications sur ces sujets ;
e) La liberté d'enseigner une religion ou une conviction dans les lieux convenant à cette fin ;
f) La liberté de solliciter et de recevoir des contributions volontaires, financières et autres, de particuliers et d'institutions ;
g) La liberté de former, de nommer, d'élire ou de désigner par succession les dirigeants appropriés, conformément aux besoins et aux normes de toute religion ou conviction ;
h) La liberté d'observer les jours de repos et de célébrer les fêtes et cérémonies conformément aux préceptes de sa religion ou de sa conviction ;
i) La liberté d'établir et de maintenir des communications avec des individus et des communautés en matière de religion ou de conviction aux niveaux national et international. »
Déclaration sur l'élimination de toutes formes d'intolérance et de discrimination fondées sur la religion ou la conviction, proclamée par l’Assemblée générale de l’ONU le 25 novembre 1981." (Résolution 36/55), article 6.


E / Jurisprudence internationale

1) Dans la décision sur l'affaire Handyside, la Cour dit qu'elle a, en la matière, un rôle de surveillance qui lui commande "de prêter une extrême attention aux principes propres à une société démocratique". L'article 10 § 2 n'a pas été violé par le Royaume Uni lorsque les tribunaux de celui-ci ont fait saisir un ouvrage pour les élèves des institutions scolaires âgés de 12 à 18 ans, publié en 1971 par le sieur Handyside, The Little Red Schoolbook, ouvrage qui a pour objet, notamment, de faire leur éducation sexuelle et qui affirme, entre autre, que "la pornographie est un plaisir inoffensif si on ne la prends pas au sérieux". ...
La Cour pose un principe libéral, à savoir que la liberté d'expression "vaut non seulement pour les "informations" ou "idées" accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent l'État ou une fraction quelconque de la population. Ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l'esprit d'ouverture, sans lesquels il n'est pas de "société démocratique". Cour Européenne des Droits de l’Homme, Handyside c. Royaune-Uni, 7 décembre 1976)

2) « La liberté de pensée, de conscience et de religion représente l'une des assises d'une société démocratique au sens de la Convention. Elle figure, dans sa dimension religieuse, parmi les éléments les plus essentiels de l'identité des croyants et de leur conception de la vie, mais elle est aussi un bien précieux pour les athées, les agnostiques, les sceptiques ou les indifférents. Il y va du pluralisme - chèrement conquis au cours des siècles - consubstantiel à pareille société. Si la liberté religieuse relève d'abord du for intérieur, elle implique de surcroît, notamment, celle de manifester sa religion ». Cour Européenne des Droits de l’Homme, Kokkinakis c/ Grèce, 25 mai 1993.

3) « La liberté d'expression vaut non seulement pour les "informations" ou "idées" accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent : ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l'esprit d'ouverture sans lesquels, il n'est pas de "société démocratique" ». Cour Européenne des Droits de l’Homme, 21 janvier 1999, n°29183/95, Fressoz et Roire c. France.


mercredi 20 avril 2016

INDEX NIETZSCHE (7/16) : LES JUIFS ET LE JUDAÏSME suivi de : Index Onfray



A -  Publications, et Fragments posthumes jusqu'en 1881. 
B - Fragments posthumes 1882-1888, relevant de « La Volonté de puissance »
C - MICHEL ONFRAY (" Nietzschéen de gauche ")


Voir aussi les (trop ?) brèves (et un peu one sided) entrées " Antisémitisme " et " Judaïsme " dans le Dictionnaire Nietzsche, par Philippe Choulet, cc. 41a-43b et 513b-515a.


A - Publications, et Fragments posthumes jusqu'en 1881.

Fragments posthumes, 1874-1875,

U II 5a : 1874 : [39] : Il [Richard Wagner] offensa les Juifs qui possèdent à présent en Allemagne la plus grande partie de l’argent et la presse.

U II 8b, printemps-été 1875 : [166] : Sur la religion
IV Pas de religion de la vengeance et de la justice ! les Juifs, le peuple le plus mauvais.

U II 5b, été 1876 : [20] : Que les Juifs soient le pire peuple de la Terre s'accorde bien au fait que c'est justement parmi les Juifs qu'est née la doctrine chrétienne de la peccabilité et abjection totale de l'Homme - et qu'ils l'ont ensuite rejetée. [Cf Voltaire : « C’est à regret que je parle des Juifs: cette nation est, à bien des égards, la plus détestable qui ait jamais souillé la Terre » (Questions sur l’Encyclopédiearticle "Tolérance", section I].


Humain, trop humain I, 1878,

VIII " Coup d'œil sur l'État ", § 475. L'homme européen et la disparition des nations. : tout le problème des Juifs ne se présente qu'à l'intérieur des États nationaux, car c'est là que leur énergie et leur intelligence supérieures, ce capital d'esprit et de volonté longuement amassé de génération en génération, doivent en venir à un niveau de prépondérance qui provoque l'envie et la haine, de telle sorte que se répandent, dans presque toutes les nations actuelles — et d'autant plus qu'elles deviennent plus nationales — ces écrits grossiers qui entendent conduire les Juifs à l'abattoir, en bouc émissaire de toutes les difficultés dans les affaires publiques et intérieures. Dès lors qu'il ne s'agit plus du maintien des nations, mais de la production d'une race européenne mêlée et aussi forte que possible, le Juif en est un élément aussi utilisable et souhaitable que n'importe quel autre vestige national. Toute nation, tout être humain a des traits déplaisants, voire dangereux ; il est barbare d'exiger que le Juif fasse exception. Il se peut même que ces traits soient chez lui tout particulièrement dangereux et repoussants, et le jeune boursicotier juif est peut-être en somme la plus répugnante trouvaille du genre humain. Néanmoins, j'aimerais bien savoir jusqu'où, lors d'une explication générale, il ne faudra pas pousser l'indulgence envers un peuple qui, de tous, a eu l'histoire la plus douloureuse, non sans notre faute à tous [...] Ce furent les Juifs, libres penseurs, savants, médecins, qui, malgré la pire violence faite à leur personne, continuèrent à tenir l'étendard des Lumières et de l'indépendance d'esprit [...] grâce à eux, il n'y a pas eu de rupture dans l'anneau de culture qui nous relie maintenant aux Lumières de l'Antiquité gréco-romaine.


Aurore, 1881, 1887,

III, § 205. Du peuple d'Israël. : Parmi les spectacles auxquels nous convie le siècle prochain, il y a la décision sur le destin des Juifs européens [...] On a voulu les rendre méprisables en les traitant avec mépris pendant deux millénaires, en leur interdisant l'accès à tous les honneurs, à tout ce qu'il y a d'honorable, et en les repoussant au contraire d'autant plus bas dans les métiers les plus sordides - à dire vrai, ces procédés ne les ont pas rendus plus propres. Mais méprisables ? [...] Ils sont si assurés de leur souplesse intellectuelle et de leur astuce qu'ils n'ont jamais besoin, même dans la situation la plus difficile, de gagner leur pain par leur force physique, comme grossiers manœuvres, portefaix, esclaves agricoles. On voit encore à leurs manières que l'on n'a jamais mis de sentiments chevaleresques et aristocratiques dans leur âme, ni de belles armes à leur ceinture : une certaine importunité alterne avec une obséquiosité souvent tendre et presque toujours pénible. [...] Ils savent que l'Europe, comme un fruit bien mûr, devrait leur tomber dans les mains, qu'ils n'auront qu'à tendre.

IV, § 377 : Notre imagination se donne libre cours là où résident nos manques. Le principe fantaisiste "aimez vos ennemis !" a dû être inventé par des Juifs les meilleurs haïsseurs qui furent jamais, et la plus belle glorification de la chasteté par des gens qui avaient passé leur jeunesse en d’abominables débauches.


Fragments posthumes, 1880-1881,

N V 1, début 1880 : l'Europe a adopté la moralité juive et la tient pour meilleure, plus haute, mieux adaptée aux mœurs polies et aux connaissances de notre époque que les morales arabe, grecque, indoue, chinoise.

M II 1, printemps 1880 : [56] : la manière des Juifs ; cela les rend importuns ; pour cela fort haïs .
[104] : Ce que les Romains détestaient chez les Juifs, ce n’était pas la race mais un type de superstition qui leur était suspect […] "Crédat Judaeus Apella".[Horace, Satires, I, v, 100-101 : Apella le juif peut le croire, pas moi].

Mp XV 1a, été 1880 : L'homme peut supporter le mépris le plus épouvantable (comme les Juifs) pourvu qu'il éprouve par quelque biais un sentiment de (ainsi pour eux, l'argent).


N V 4, automne 1880 : [71] : réveil des bassesses de la persécution antijuive - voyez l'entraînement général à la haine.
[214] : La lutte contre les Juifs a toujours été la marque d'une nature basse, envieuse et lâche ; mentalité passablement populacière.


N V 5, hiver 1880-1881 : [6] : Tous pensent que les sentiments moraux actuels sont les sentiments moraux par excellence. Mais ce sont les sentiments juifs.

N V 7, automne 1881 : [116] : chez les misojuifs (tel W[agner]) m’a frappé davantage l’affinité avec l’élément juif que la dissemblance — c’est une énorme jalousie. Les Allemands se partageraient à présent en Juifs et misojuifs.

M III 4a, automne 1881 : [66] : dans l’ensemble la moralité de l’Europe est juive — une profonde étrangeté nous sépare encore maintenant des Grecs..


Le Gai savoir, (1882),

III, § 136 : Le peuple élu : Les Juifs qui se sentent le peuple élu parmi les peuples, notamment parce qu'ils représentent le génie moral parmi les peuples (grâce à la capacité qu'ils ont eu de mépriser l'être humain plus profondément que ne le fit jamais aucun peuple) - les Juifs éprouvent, au contact de leur saint et divin monarque, une jouissance semblable à celle de la noblesse française au contact de Louis XIV.

III, § 140 : Trop juif.  Si Dieu voulait devenir un objet de l’amour, il aurait dû se départir d’abord du rôle de juge et de la justice : — un juge et même un juge clément n’est pas objet de l’amour. Le fondateur du christianisme n’avait pas de sens assez subtil pour cela, — en tant que Juif.


V, § 348 : S'il est une chose à laquelle un Juif soit le moins habitué, c'est qu'on le croie - il n'est que de considérer sous ce rapport les savants juifs - eux tous misent extraordinairement sur la logique [...] ils savent qu'ils vaincront par la logique, même là ou la répugnance raciale et sociale fait qu'on ne les croit pas volontiers. De fait, rien n'est plus démocratique que la logique : elle ne connaît pas de considération de personne et tient aussi les nez crochus pour des nez droits. [...] Partout où les Juifs sont parvenus à l'influence, ils ont enseigné à distinguer avec plus de subtilité, à conclure avec plus de rigueur, à écrire plus clairement et plus nettement : leur rôle fut toujours d'amener un peuple "à la raison".

V, § 357 : tous les Juifs deviennent douceâtres quand ils moralisent.

V, § 361 : Les Juifs, ce peuple de l'art de l'adaptation par excellence. [...] Le Juif en tant que littérateur-né, en tant que dominateur de fait de la presse européenne exerce sa puissance en vertu de ses capacités de comédien : car le littérateur est essentiellement comédien.
 


Par-delà Bien et Mal, 1886,

V, " Contribution à l'histoire naturelle de la morale ", § 195 : Les Juifs - peuple "né pour l'esclavage", comme dit Tacite (1) et avec lui toute l'Antiquité, peuple "élu parmi les nations", comme ils le disent et le croient eux-mêmes [...] leurs prophètes ont fondu en une seule notion celles de "riche", "sans Dieu", "méchant", "violent", "sensuel" et pour la première fois ont donné un sens infamant au mot "monde" [...] importance du peuple juif : avec lui commence dans la morale la révolte des esclaves.

1. Tacite [vers 55  /  vers 118], Histoire, V, 5 : les pratiques des Juifs sont ineptes et misérables ; haine hostile à l’égard de tous les autres. V, 8 : les Juifs étaient le peuple le plus méprisé par les Assyriens, les Mèdes et les Perses ; le roi Antioche [Antiochus IV, vers -215/-163] s’efforça de détruire la superstition nationale et d’introduire la civilisation  grecque.
Montesquieu : " Il n'y avait pas de peuple si vil dans l'esprit des Romains que les Juifs. Tous les ouvrages sont pleins de l'ignominie dont ils les couvraient. C'est, cependant, un homme de cette nation_là qu'on leur proposa à adorer ; ce sont des Juifs qui l'annoncent, et des Juifs qui se donnent pour témoins. " (Mes Pensées, X, ii).



Par-delà Bien et Mal, 1886,

VIII " Peuples et patries ", § 250 : Ce que l'Europe doit aux Juifs ? Beaucoup de choses, bonnes et mauvaises [...] le grand style dans la morale, l'horreur et la majesté des exigences infinies, des significations infinies, tout le romantisme sublime des problèmes moraux.

Nous qui assistons en artistes et en philosophes à ce spectacle [le ciel de la civilisation européenne, son ciel vespéral], nous en sommes — reconnaissants aux Juifs.



VIII, § 251 : Je n'ai pas encore rencontré un seul Allemand favorable aux Juifs ; si radicalement que les esprits prudents et les têtes politiques condamnent l'antisémitisme proprement dit, cette prudence et cette politique ne répudient pas cette sorte de sentiment, mais seulement sa dangereuse démesure […] Pas un Juif de plus ! […] tel est le vœu instinctif d’une nation dont le type ethnique est encore faible et indécis et qui craint qu’une race plus forte ne vienne l’effacer ou l’éteindre. Or les Juifs constituent sans aucun doute la race la plus forte, la plus résistante et la plus pure qui existe actuellement en Europe [...] Un penseur qui prend à cœur l'avenir de l'Europe devra tenir compte dans ses plans aussi bien de Juifs que des Russes, qui désormais sont probablement les deux facteurs les plus certains des grands jeu et combat des forces. [...]

« Pour le moment, ce qu'ils veulent et souhaitent, et même avec une certaine insistance, c'est d'être absorbés par l'Europe, ils brûlent de se fixer enfin quelque part, d'y être acceptés et considérés, de mettre un terme à leur nomadisme de "Juifs errants" — ; on ferait bien de prendre conscience et de tenir compte d'une telle aspiration (où s'exprime peut-être déjà une certaine atténuation des instincts judaïques) ; c'est pourquoi il serait peut-être utile et juste d'expulser du pays les braillards antisémites. Bien accueillir avec précaution, en opérant un choix, un peu comme procède la noblesse anglaise. [...] ce qui me tient à cœur, le "problème européen" tel que je l'entends, la sélection d'une caste nouvelle dominatrice de l' Europe. —  » [Einstweilen wollen und wünschen sie vielmehr, sogar mit einiger Zudringlichkeit, in Europa, von Europa ein- und aufgesaugt zu werden, sie dürsten darnach, endlich irgendwo fest, erlaubt, geachtet zu sein und dem Nomadenleben, dem „ewigen Juden“ ein Ziel zu setzen — ; und man sollte diesen Zug und Drang (der vielleicht selbst schon eine Milderung der jüdischen Instinkte ausdrückt) wohl beachten und ihm entgegenkommen: wozu es vielleicht nützlich und billig wäre, die antisemitischen Schreihälse des Landes zu verweisen. Mit aller Vorsicht entgegenkommen, mit Auswahl; ungefähr so wie der englische Adel es thut. [...] denn ich rühre bereits an meinen Ernst, an das „europäische Problem“, wie ich es verstehe, an die Züchtung einer neuen über Europa regierenden Kaste. —]


Généalogie de la morale, 1887, [Zur Genealogie der Moral]
I "« Bon et méchant », « Bon et mauvais »
§ 7 : Tout ce qui a été entrepris sur Terre contre les « nobles », les « puissants », les « maîtres », les « détenteurs du pouvoir » n’est rien en comparaison de ce que les Juifs ont fait contre eux : les Juifs, ce peuple sacerdotal qui ne put en définitive avoir raison de ses ennemis et de ses vainqueurs que par une radicale invalidation de leurs valeurs, donc par un acte d'une vengeance la plus spirituelle.

Ce sont les Juifs qui, avec une effrayante logique, osèrent retourner l’équation des valeurs aristocratiques.

Avec les Juifs avait commencé la révolte des esclaves dans la morale

I, § 9 : tout s’enjuive ou se christianise ou s’encanaille à vue d’œil (qu’importe les mots).

I, § 16 : Rome sentait dans le Juif quelque chose comme la contre-nature elle-même, en quelque sorte le monstre qui lui était diamétralement opposé ; à Rome on considérait le Juif comme "convaincu de haine contre tout le genre humain" [cf Tacite, Annales, XV, 44) : à bon droit, dans la mesure où on a le droit de lier le salut et l'avenir du genre humain à la suprématie absolue des valeurs aristocratiques, des valeurs romaines.

Les Juifs étaient au contraire [des Romains] ce peuple sacerdotal du ressentiment par excellence, doué d’un génie sans pareil pour la morale populaire : il suffit de comparer avec les Juifs des peuples aux dons analogues, par exemple les Chinois ou les Allemands, pour discerner ce qui est de premier et ce qui est de cinquième ordre. Qui a provisoirement vaincu, Rome ou la Judée ? Il n'y a pas l'ombre d'un doute : considérez seulement devant qui l'on se prosterne aujourd'hui, à Rome même, comme devant la quintessence de toutes les valeurs suprêmes — et pas seulement à Rome, mais presque sur la moitié de la Terre, partout où l'homme est devenu docile ou veut devenir docile — [Die Juden umgekehrt waren jenes priesterliche Volk des Ressentiment par excellence, dem eine volksthümlich-moralische Genialität sonder Gleichen innewohnte: man vergleiche nur die verwandt-begabten Völker, etwa die Chinesen oder die Deutschen, mit den Juden, um nachzufühlen, was ersten und was fünften Ranges ist. Wer von ihnen einstweilen gesiegt hat, Rom oder Judäa? Aber es ist ja gar kein Zweifel: man erwäge doch, vor wem man sich heute in Rom selber als vor dem Inbegriff aller höchsten Werthe beugt — und nicht nur in Rom, sondern fast auf der halben Erde, überall wo nur der Mensch zahm geworden ist oder zahm werden will, — vor drei Juden, wie man weiss, und Einer Jüdin (vor Jesus von Nazareth, dem Fischer Petrus, dem Teppichwirker Paulus und der Mutter des anfangs genannten Jesus, genannt Maria). Dies ist sehr merkwürdig: Rom ist ohne allen Zweifel unterlegen.

La Judée triomphe une fois de plus de l'idéal classique avec la Révolution française : la dernière noblesse politique de l'Europe, celle du XVIIe et du XVIIIe siècle français, s'écroule sous la poussée des instincts populaires du ressentiment. [In einem sogar entscheidenderen und tieferen Sinne als damals kam Judäa noch einmal mit der französischen Revolution zum Siege über das klassische Ideal: die letzte politische Vornehmheit, die es in Europa gab, die des siebzehnten und achtzehnten französischen Jahrhunderts brach unter den volksthümlichen Ressentiments-Instinkten zusammen]


Le Crépuscule des Idoles, 1889 [1888]

Le problème de Socrate, § 6 : La dialectique [...] ne peut être qu'une défense de fortune aux mains de ceux qui n'ont pas d'autres armes. A moins d'avoir à conquérir son droit de haute lutte, on n'y a pas recours. C'est pour cela que les Juifs furent dialecticiens.



L'Antéchrist, 1894,

§ 24 : Les Juifs sont le peuple le plus étonnant de l'Histoire mondiale parce que, placés devant la question de l'être et du non-être, en pleine et inquiétante conscience, ils ont choisi l'être à tout prix : ce prix fut la falsification radicale de toute nature, de tout naturel, de toute réalité, tant dans le monde intérieur que dans le monde extérieur.

Les Juifs sont le peuple le plus fatal de l'humanité : à travers les séquelles de leur influence, ils ont rendu l'homme si faux qu'aujourd'hui, un chrétien peut éprouver des sentiments antijuifs sans comprendre qu'il n'est que l'ultime conséquence du judaïsme.

Le peuple juif est un peuple d’une force vitale prodigieusement résistante, qui, placé dans des conditions impossibles, volontairement et par une profonde habileté à survivre, prend le parti des instincts de décadence – non parce qu’il est dominé par ces instincts, mais parce qu’il a deviné en eux une puissance grâce à laquelle on peut s’imposer contre "le monde".

Pour l’espèce d’hommes qui, dans le judaïsme et le christianisme, vise au pouvoir [Macht], et qui est l’espèce sacerdotale, la décadence n’est qu’un moyen.

§ 25 : L'histoire d'Israël est inestimable en tant qu'histoire de la dénaturation des valeurs naturelles.

§ 26 : L'idée de Dieu faussée ; l'idée morale faussée - le clergé juif ne s'en tint pas là [...] avec un mépris sans bornes pour toute tradition, pour toute réalité historique, ils ont réinterprété dans un sens religieux tout leur propre passé national, c'est-à-dire qu'ils en on fait une stupide mécanique de salut.

§ 44 : Dans le christianisme, conçu comme l'art de mentir pieusement, c'est tout le judaïsme, toute une préparation rigoureuse, toute une pratique juive plusieurs fois séculaire, qui atteint à l'ultime maîtrise. Le chrétien, cette ultima ratio du mensonge, c'est encore une fois le Juif, encore trois fois le Juif.

Des petits super-Juifs ont retourné les valeurs en fonction d’eux-mêmes.

§ 46 : Comme fréquentations, nous choisirions les "Premiers chrétiens" tout aussi peu que des juifs polonais : sans même qu'il soit besoin de leur faire le moindre reproche ... Ni les uns ni les autres ne sentent bons. [...] Ai-je encore à dire que dans tout le Nouveau Testament apparaît une unique Figure digne d'être honorée? C'est Pilate, le procurateur romain. Prendre au sérieux une querelle de Juifs - il ne s'y résoudra pas. Un Juif de plus ou de moins - quelle importance ?

§ 47 : Nommer "Dieu" sa propre volonté, thora, voilà qui est typiquement juif.


B / Fragments posthumes 1882-1888 relevant de
« La Volonté de puissance »
(les éditions et traductions sous ce titre sont
incomplètes et de très mauvaise qualité)


« L'œuvre de Nietzsche est brutalement interrompue par la démence au début de 1889. Sa sœur Elisabeth se fit gardienne autoritaire de l'œuvre et de la mémoire. Elle fit publier un certain nombre de notes posthumes. Les critiques lui reprochent moins peut-être des falsifications (les seules qui soient manifestes concernent les lettres) que des déformations : elle a cautionné l'image d'un Nietzsche antisémite et précurseur du nazisme — l'anti-Nietzsche par excellence. » (Gilles Deleuze, Michel Foucault, Introduction générale, in Le Gai Savoir, Paris : Gallimard, 1967).

Voir dans le Dictionnaire Nietzsche l'entrée " Nazisme ", cc. 633b-639b, par Fabrice de Salies.

N. B. Le nom de Friedrich Nietzsche ne paraît pas dans les deux tomes du Mein Kampf d'Adolf Hitler. Celui d’Arthur Schopenhauer deux fois (Volume I, chapitres x et xi).


1882
N V 9a, juillet-août 1882 : [23] : sur le fait que la race sémite appartienne à la race indo-européenne, je suis d'accord avec G.I. Ascoli et E. Renan.


M III 4b, printemps-été 1883 : [12] : les juifs, pervertis par leur captivité en Égypte.


W I 1, printemps 1884 : [218] : Valeur de l'antisémitisme [Néologisme allemand forgé en 1879 par le journaliste socialiste Wilhem Marr], pour pousser les Juifs à se donner de plus hauts buts et à trouver trop bas d'être absorbés dans des États nationaux.

[221] : Lorsque le Christianisme sera détruit, alors seulement on sera plus équitable envers les Juifs.

[234] : En Europe les Juifs sont la race la plus ancienne et la plus pure. C'est pourquoi la beauté de la Juive est la plus haute.

[282] : Imitation – comme talent du Juif.

[441] : servilité chez les Juifs d’aujourd’hui, aussi chez les ALLEMANDS.

[462] : L'Européen comme une super-race. De même le Juif : c'est finalement une espèce dominatrice, bien que très différente des simples anciennes races dominantes qui n'avaient pas modifié leur environnement.

W I 2, été-automne 1884 : [335] : " Compénétration des deux races, allemande et slave - nous avons besoin aussi des hommes d'argent les plus habiles, les Juifs, absolument, pour avoir domination sur la Terre. " [Ein In-einander-wachsen der deutschen und der slavischen Rasse, — auch bedürfen wir der geschicktesten Geldmenschen, der Juden, unbedingt, um die Herrschaft auf der Erde zu haben.]

Z II 5b, automne 1884 : [2] : tous les Chrétiens se livrent à des trafics de Juifs.


N VII 1, avril-juin 1885 : [90] la désensualisation dérivee des juifs

[111] : Les Allemands devraient élever une caste dominante : j'admets que les Juifs possèdent des capacités qui sont indispensables comme ingrédients chez une race qui doit faire une politique mondiale. Le sens de l'argent exige d'être appris, hérité et mille fois hérité : à présent encore les Juifs en bénéficient au même titre que les Américains.

W I 3a, mai-juillet 1885 : [76] : " Aristocratie de l'esprit " est un mot de passe pour les Juifs.

W I 4, juin-juillet 1885 : [42] : Si l'on ne tenait compte que de leur intelligence, de leur zèle et de leur habileté, les Juifs prussiens seraient déjà en possession des plus hautes situations dans l'État, particulièrement dans le domaine administratif : bref, ils auraient "le pouvoir" entre les mains (comme ils l'ont déjà - au dire de divers témoignages - "dans la poche"). Ce qui les en exclut, c'est leur incapacité à être les représentants du pouvoir. [...] les Juifs n’ont jamais été une race de chevaliers. […] Cet étiolement du Juif tient à un climat inapproprié et au voisinage de Slaves, de Hongrois et d'Allemands laids et soumis : parmi des Portugais et des Arabes, la race supérieure des Juifs est préservée.
[43] : Les dangers de l'âme juive sont : 1) elle cherche volontiers à s'implanter partout en parasite 2 ) elle sait "s'adapter" [...] l'habitude de dépenser beaucoup d'intelligence et d'entêtement pour de très petits profits a marqué son caractère d'une trace profonde : au point que même les grands commerçants les plus estimables sur le marché de la finance juive ne peuvent s'empêcher, lorsque les circonstances le permettent, de tendre la main, de sang-froid, pour de mesquins et petits profits supplémentaires qu'un financier prussien ne réaliserait qu'en rougissant de honte.
[45] : C. Problème d'une fusion de l'aristocratie européenne ou plus encore de la noblesse prussienne avec des Juives.
[47] : Les dangers de l'âme juive : parasitisme et théâtralité.

Le Juif ne « représente » pas.

W I 5, août-septembre 1885 : [13] : impératif qui commande l'instinct allemand et qui ordonne : "plus de nouveaux Juifs ! Et que la porte de l'Est soit soit tenue fermée!" [...] laideur effrayante et méprisable de Juifs nouvellement émigrés de Pologne, de Russie, de Hongrie et de Galicie.

N VII 3, été 1886 - automne 1887 : 5[5] : le type d’homme qui, dans l’Europe actuelle, reçoit bien avant les autres l’intellectualité en don héréditaire.

W II 1, automne 1887 : [50] : Rien de moins innocent que le Nouveau Testament. On sait sur quel sol il a crû. […] Ce peuple-là manipule la pia fraus [pieux mensonge] à la perfection.

Dès que des Juifs se produisent en tant que l’innocence même, il y a grave danger : l’on doit toujours tenir en réserve son petit fond de raison, de méfiance, de malice quand on lit le Nouveau Testament.

[53] : les Juifs ont frôlé le génie dans la sphère de l'art avec H. Heine et avec Offenbach

[88] : Pilate, l’unique personnage honnête, son dédain pour ce bavardage judaïque sur la « vérité », comme si semblable peuple avait le droit de prendre part à la discussion quand il s’agit de vérité.

[109] : NB. Donner aux Juifs le courage de qualités nouvelles, alors qu'ils sont passés dans de nouvelles conditions d'existence.


W II 2, automne 1887 : [62] : cacher son envie à l'égard de l'intelligence mercantile des Juifs sous des formules de moralité, voilà qui est antisémite, vulgaire, lourdement canaille.

[72] : astuce juive des premiers chrétiens

[199] : l' "instinct d'élu" juif : ils revendiquent sans autre forme de procès toutes les vertus pour eux-mêmes, et comptent pour leur contraire le reste du monde : signe profond de la vulgarité d'âme.

[200] : Morale du désintéressement [...] le Juif s'y trahit en ce sens qu'en fin de compte elle est représentée comme profitable ...

toujours le saint égoïsme juif à l’arrière-plan du sacrifice et de l’abnégation de soi.

[201] : Platon contaminé de bigoterie juive.


W II 3, novembre 1887 - mars 1888 : 11[384] : le christianisme est infiltré pa la judaïne [Die erste Entartung des Christenthums ist der Einschlag des Judain, — eine Rückbildung in überwundene Formen…]


W II 5, printemps 1888 : [182] : Esprit : le propre des races tardives (Juifs, Français, Chinois). Les antisémites ne pardonnent pas aux Juifs le fait que les Juifs ont de l'"esprit" - et de l'argent : l'antisémitisme, une appellation pour les "mal partagés".

L’instinct du grand financier va contre tout extrême – et c’est pourquoi les Juifs sont pour l’instant la puissance la plus conservatrice.

S’ils ont besoin et envie d’exercer un pouvoir par et sur le parti révolutionnaire également, ce n’est qu’une conséquence de ce qui précède.

Ils savent devenir puissants partout où il y a puissance.

[223] : Les Juifs font la tentative de s'imposer après avoir perdu deux castes, celle des guerriers et celle des agriculteurs.

Mp XVII 5, juillet-août 1888 : [3] : Les tchandala ont pris le dessus : à commencer par les Juifs. Les Juifs sont, dans une Europe incertaine, la race la plus forte ; car, par la durée de leur évolution, ils sont supérieurs au reste. [...] Les Juifs sont intelligents au sens le plus absolu : rencontrer un juif peut être une bénédiction. Par ailleurs, on n'est pas impunément intelligent : par cela même on a facilement les autres contre soi. Mais l'avantage reste quand même aux intelligents. - Leur intelligence empêche les Juifs d'être absurde à notre manière : par exemple nationalistes.

N VII 4, automne 1888 : [6] : quelle bénédiction est un Juif parmi du bétail allemand!... C'est ce qu'ont sous-estimé messieurs les antisémites. Qu'est-ce qui distingue au fond un Juif d'un antisémite? Le Juif sait qu'il ment quand il ment : l'antisémite ne sait pas qu'il ment toujours.

[7] Les antisémites ont un but qui est manifeste jusqu'à l'indécence - l'argent juif. [...] Un antisémite est un Juif envieux - c'est-à-dire le plus stupide de tous.

W II 9c, octobre-novembre 1888 : [1] : 3 : entre 1876 et 1886, j'ai dû à des Juifs ou à des Juives presque tous mes moments agréables dans les hasards des rencontres. Les Allemands sous-estiment quel bienfait représente la rencontre d'un Juif, - on n'a plus de raison d'avoir honte, on peut même être intelligent.
6 : Même en faveur des antisémites, envers qui, comme on sait, je suis aussi mal disposé que possible, je saurais faire valoir bien des traits positifs, d'après une expérience non négligeable : cela n'empêche pas, cela détermine plutôt, que je mène une guerre impitoyable à l'antisémitisme - il est une des aberrations les plus maladives de l'autocontemplation hébétée et bien peu justifiée du Reich allemand ...






C - MICHEL ONFRAY SUR LES JUIFS



Traité d'athéologie - Physique de la métaphysique, Paris : Grasset, 2005. Réédité dans la collection Le Livre de Poche, n° 30637, en octobre 2006.

« (II) Monothéismes, i, 3 La kyrielle des interdits. […] Les Évangiles n'interdisent ni le vin ni le porc, ni aucun aliments, pas plus qu'ils n'obligent à porter des vêtements particuliers. L'appartenance à la communauté chrétienne suppose l'adhésion au message évangélique, pas aux détails de prescription maniaque. […] Juifs et musulmans obligent à penser Dieu dans chaque seconde de la vie quotidienne. »

(IV) Théocratie, I, 3 : "Le mythe du peuple élu fonde l'essence et l'existence d'une Nation désormais dotée d'un destin."

I, 4.: "L'État d'Israël s'appuie sur la Torah pour justifier la colonisation de la Palestine [...] Les juifs sont le peuple élu (Deut. VII, 6), choisi par Dieu, contre tous les autres, malgré tous les autres [...] Yahvé justifie le massacre de tout ce qui vit, hommes et bêtes, femmes et enfants, les vieillards, les ânes, les bœufs, le menu bétail dit le texte, tout doit être passé au fil de l'épée (Jos. VI, 21 [Et interfecerunt omnia, quae erant in ea, a viro usque ad mulierem, ab infante usque ad senem; boves quoque et oves et asinos in ore gladii percusserunt.]). La conquête du pays de Canaan, la prise de Jéricho se paient du prix de toute vie. La ville est incendiée. L'or et l'argent échappent à la vindicte et sont consacrés à Yahvé, pour sa grandeur, ses largesse et sa complicité dans ce qu'il convient bien de nommer le premier génocide : l'extermination d'un peuple. [...] Yahvé parle à son peuple élu et n'a aucune considération pour les autres. La Torah invente l'inégalité éthique, ontologique et métaphysique des races.".

II, 2 : "L'invention juive de la guerre sainte. [...] Peu importe ces Cananéens, Dieu a décidé de leur extermination : « je les exterminerai » dit-il (Ex. XXIII, 23 [Praecedet enim te angelus meus et introducet te ad Amorraeum et Hetthaeum et Pherezaeum Chananaeumque et Hevaeum et Iebusaeum, quos ego conteram.]) [...] Aux Palestiniens, il promet la destruction totale - la guerre sainte selon l'expression terrifiante et hypermoderne [1] du livre de Josué (VI, 21)."
1. Expression qui n'est pas dans le texte...

II, 10 : Amour du prochain, suite ... [...] Le Lévitique, par exemple, prend soin de préciser qu'un Juif évitera d'utiliser l'un des siens comme esclave (XXV, 39-55). Un contrat de louage, oui, qui se termine au bout de six années et permet au juif domestique de recouvrer sa liberté. En revanche, un non-juif peut demeurer dans l'état serf jusqu'à sa mort."