Affichage des articles dont le libellé est enfance. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est enfance. Afficher tous les articles

samedi 30 juin 2012

NOTES (§§ 12-17) CONTRE LA PÉDOPHILIE ET SUR LES SEUILS DE CONSENTEMENT

RETOUR



§ 12 - Ce n'est donc pas seulement le judaïsme-christianisme qui rejetait la pédophilie – car on lit dans le Nouveau Testament : « Quiconque scandalise l'un de ces petits [...] mieux vaudrait pour lui qu'on lui passe une meule autour du cou et qu'on le jette à la mer » (Matthieu, XVIII, 6 ; Marc, IX, 42 ; Luc, XVII, 2) – mais aussi une bonne partie de la culture gréco-latine. 


On l’a vu, le christianisme, avec son droit canon fixant à 14 ans l'âge de la puberté, conserva officiellement l'interdit évangélique. Enfin, dans ses deux premières brochures (1864) le magistrat allemand Karl H. Ulrichs, grand défenseur des homosexuels et promoteur du concept à succès de "troisième sexe", précisait que le pais grec n'était pas un impubère, ce qui a été confirmé depuis par plusieurs hellénistes chevronnés (Henri I. Marrou, Kenneth J. Dover, Félix Buffière, Bernard Sergent) : son âge allait de 12-15 ans à 20-21 ans.


Montesquieu était choqué qu'une loi anglaise permette à une fille de sept [ou dix ?] ans de se marier : "Cette loi était choquante de deux manières : elle n'avait aucun égard au temps de la maturité que la nature a donné à l'esprit, ni au temps de la maturité qu'elle a donné au corps." (Esprit des lois, XXVI, 3). Ces deux temps de la maturité sont en effet requis simultanément dans les relations amoureuses et sexuelles. Les critiques que Voltaire adressaient aux non-conformistes ne visaient pas la relation symétrique des "garçons qui s'aiment" (Traité de Métaphysique, chapitre IX), mais toujours une situation d'abus de pouvoir des jésuites et autres religieux (Desfontaines et Marsy, notamment) sur leurs élèves ; abus de pouvoir que la gauche anticléricale dénoncera vigoureusement tout au long de la IIIe République (il y a peu la gauche caviar se mobilisait en faveur de Roman Polanski ...).


 § 13 - L'utopiste Charles Fourier imaginait que l'harmonie passionnelle, qui devrait réaliser une pleine "liberté en amour" (l'expression est de Molière dans Dom Juan) rejetterait quiconque "enseignerait aux enfants ce qu'ils doivent ignorer" (Le Nouveau monde amoureux). Encore le respect de l'âge des jouets et de l'étude, avant celui de l'amour. Le traducteur et annotateur de l'Histoire de l'amour grec de Meier, Georges Hérelle (professeur de philosophie), arrivait, vers 1900, après bien des discussions, à des conclusions pessimistes sur l'amour des tous jeunes garçons (notes laissées, parmi de nombreux manuscrits, à la Bibliothèque municipale de Troyes) :

« Lorsque l'on révèle les passions anormales à un enfant de la classe inférieure, apprenti, petit commis, etc., et c'est le cas le plus ordinaire, on ne manque pas de lui procurer, pendant qu'on l'aime, quelques satisfactions qu'il n'aurait pu se procurer seul, le théâtre, le café, les dîners dans un bon restaurant, qui paraît luxueux à l'enfant. Plus tard, quand l'amour aura cessé, on quittera l'enfant et on le rendra à son milieu avec une vision d'une condition meilleure, plus brillante, plus jouissante. Mais l'enfant ne manquera pas de se souvenir de ce qu'il a perdu, et il le cherchera ailleurs, peut-être dans l'amour vénal, peut-être dans la prostitution. Or la prostitution masculine est la dernière des misères et la plus dangereuse des bassesses. Ernest [Ernest P., ami d'Hérelle] prétend, il est vrai, que dans sa pratique il n'a jamais vu cela. Mais dans les exemples de Stéphane et du Polonais, est-il sûr que ses relations avec eux n'ont pas au moins contribué à les jeter au ruisseau ?
Il y a certainement un mal social possible. Notre société n'admet pas cet amour, le réprouve, le flétrit. Nous exposons donc l'enfant que nous séduisons au mépris social, le jour où ses relations avec nous seront connues. Et si, dans notre société, il prend le goût de cette passion, nous l'exposons à un isolement moral et à des malheurs qui peuvent accabler sa vie entière. On peut être l'amant d'un enfant qui n'a pas la vocation et qui se laisse séduire à cette débauche par l'effervescence du sang, la faiblesse de l'âge. Alors il paraît certain qu'on déprave sa nature, c'est-à-dire qu'on le détourne, au moins provisoirement, de la voie où le poussait un instinct normal, qu'on excite en lui des passions de jouissance pure, qu'on l'accoutume à faire de lui-même un instrument de débauche. Là où est l'amour, la volupté a quelque chose de profond et de noble jusque dans ses égarements. Mais, là où l'amour n'est point, la volupté n'est qu'un plaisir sale. » (mss 3257)

À ceci, Georges Hérelle opposait par souci d'objectivité le point de vue d'Ernest P. [Psichari ?] exprimé en avril 1889 :
« Je ne demande ni n'espère que la pédérastie devienne une institution, mais je souhaite qu'on s'en accommode après en avoir reconnu l'innocuité. La pédérastie est le plus souvent une passion aristocratique : elle suppose un certain raffinement intellectuel, etc. Il s'agit donc de convaincre l'aristocratie que ces passions sont en même temps fatales et inoffensives, et depuis quelques années un grand progrès s'est réalisé sur ce point. Pourquoi désespérer qu'un jour l'aristocratie, éclairée et indulgente, nous accepte ? Alors, tout le monde nous tolèrera. » (mss 3257)
Il semble s'agir ici de pédérastie, plus que de pédophilie, puisque "l'enfant" est supposé travailler. Mais cette réflexion sur la pédérastie peut orienter celle sur la pédophilie, ne serait-ce qu'en posant le problème des "trottoirs de Manille".


§ 14 - Pour François Regnault, "le pédophile est l'envers du pédagogue" (L'Infini, enquête citée) ; dans les cinq âges de la vie distingués au XIVe siècle, l'âge de l'amour et des sports venait en troisième position, APRÈS ceux des jouets et de l'école. Il y a une cohérence certaine à fixer la fin de la scolarité obligatoire à peu près à l’âge où on libère la sexualité. Les débats actuels sur l’accessibilité des films pornographiques par la télé et des vidéos pornos par Internet reposent à juste titre le problème de la nécessité du respect de ces « âges de la vie ». 

Avec Sigmund Freud, qui n’était pas le pan-sexualiste que l’on a cru, nous prenons parti en faveur de l'éducation et contre la sexualité précoce initiée par l’intervention des adultes ; un personnage du roman de Nicolas Jones-Gorlin Rose bonbon perçoit très bien l’alternative, mais fait le choix inverse, typique du pédophile : « le vrai ennemi, c’est l’éducation … » (chapitre 4). Déclaration à laquelle un André Gide n’aurait jamais souscrit. Mais nous prenons aussi parti en faveur de la liberté sexuelle des grands adolescents et du respect de leur vie privée ; contre l'article 227-27, donc ; article "Gabrielle Russier", pourrait-on dire.

   L'étude des sociétés primitives, que les pédophiles militants et leurs alliés invoquent régulièrement, montre que l'initiation sexuelle des jeunes gens peut parfois être admise pendant, ou très peu avant, la puberté, mais jamais aux âges mentionnés par Tony Duvert dans L'Enfant au masculin, page 21 : "à six ans, le fruit me paraît mûr : c'est un homme et il n'y manque rien. Ce devrait être l'âge de la majorité civile", ou par le mouvement pédophile anglais Paedophile Information Exchange (PIE : un pie est un pâté en croute, symbole de l’enfant – objet de consommation, et souvent de consommation collective, en réseau d'échanges) qui demandait un âge limite de quatre ans. Il en résulta rapidement la fin du soutien que le mouvement Campaign for Homosexual Equality avait commencé à accorder aux pédophiles.

Dans Rose bonbon, Dorothée n’a que sept ans, même si elle en paraît neuf (chapitre 1). Quel que soit le comportement social envisagé, il pourra assez souvent se trouver des sociétés qui l'acceptent : mains coupées pour les voleurs, peine de mort, excision et circoncision, polygamie, lapidation de la femme adultère, castration, etc., et donc pédophilie aussi. 

   Cependant, chaque société, et surtout une société évoluée comme la nôtre, est responsable selon ses propres critères juridiques, philosophiques et scientifiques, des interdits qu'elle s'impose et des libertés qu'elle s'accorde ; c'est à elle, et pour elle-même, de décider, en toute indépendance, sans s'en laisser imposer parce qu'on pourrait appeler "l'argument ethnologique". Cet argument était exposé, mais de façon pas très convaincante, plutôt avec dérision, dans Rose bonbon : 
« Ensuite il m’a parlé des Grecs. Il m’a expliqué que les vieux initiaient les jeunes. Même chose dans les pays arabes. Et ailleurs encore. Grecs, Arabes, en Chine aussi, et en Papouasie, et ailleurs et ailleurs. Tout le monde ne peut pas se tromper. » (chapitre 4) 

   Sexualité n'est pas synonyme d'amour, faut-il rappeler cette évidence ? S'il est vrai que le sexe a une composante amoureuse, il possède aussi une composante égoïste (la "loi" du désir, la consommation) et même une composante agressive. C'est pourquoi l'argument de Renaud Camus (pas très différend de celui de Gabriel Matzneff dans Les Moins de seize ans), ou plutôt le sophisme, qui considére la sexualité comme en soi non répréhensible (L'Infini, article cité au § 11 / b) ), n'est pas fondé. En soi, la sexualité, comme Ésope le disait de la parole, n'est ni bonne ni mauvaise, ni répréhensible ni licite, mais indifférente moralement. Donner droit de cité à l'érotisme enfant/adulte exposerait, on l'a dit, l'enfant à des relations sado-maso, au proxénétisme, aux I.S.T. et au sida. Or la protection de la santé des enfants est un principe constitutionnel qui ne devrait laisser personne indifférent (Alinéa 11 du Préambule de la Constitution de 1946 ; ce préambule fait partie du bloc de constitutionnalité depuis la décision 71-44 DC du Conseil constitutionnel du 16 juillet 1971. Voir aussi l’article II-84, § 1, du Traité constitutionnel  de l’Union européenne (29 octobre 2004) : « Les enfants ont droit à la protection et aux soins nécessaires à leur bien-être » ; je suppose que c'est conservé dans le Traité de Lisbonne).


§ 15 / a) - Selon certains pédophiles, les enfants seraient parfaitement capables de gérer une relation sexuelle, d'y consentir ou de la refuser. En revanche, devant les policiers et les magistrats, ils diraient n'importe quoi. Le professeur de philosophie René Schérer (né en 1922) s’est vanté devant moi d'avoir "retourné" le témoignage – pourtant véridique selon R. S. lui-même – d'un enfant lors d'une confrontation .... Ce qui prend évidemment un relief particulier après sa mise hors de cause dans l'affaire du Coral (fin 1982 ou début 1983) ainsi qu'en général dans l’affaire d’Outreau (Outreau 1) et l’évocation d’un "mythe" de la pédophilie. "Innocents ou coupables ? Outreau, le poison du  doute" lit-on en mai 2011 sur
 http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20110509.OBS2697/innocents-ou-coupables-outreau-le-poison-du-doute.html


§ 15 / b)   L'enfant du pédophile voit sa parole confisquée ou disqualifiée ; le pédophile saurait seul ce qui est bien pour cet enfant-adulte qui est à côté de cet adulte comme un personnage de film muet. Il se trouve qu'un tel film crypto-pédophilique existe, diffusé jadis par France 3, et traitant de "L'École en bateau". Les enfants y sont muets ; je dois préciser qu'aucun acte pédophilique n'y est représenté ; tout est dans l'ambiance. En mai 2011 (décidément, c'est le mois des révélations), le fondateur de cette association, arrêté en 2008, et quatre autres personnes, soupçonnés de viols aggravés à bord d'un bateau-école dans les années 1980, sont poursuivis en justice ; près de 17 ans après la première plainte en 1994, Léonide Kameneff, 74 ans, ancien capitaine du "Karrek Ven", et quatre anciens membres de l'équipage ont comparu devant la Cour d'assises des mineurs de Paris en mars 2013, une des personnes poursuivies étant mineure au moment des faits. Ils étaient poursuivis notamment pour des "pénétrations sexuelles par violence, contrainte, menace ou surprise" sur des mineurs de moins de 15 ans.

   Cette association proposait des croisières éducatives à des adolescents. Léonid Kameneff fut extradé du Venezuela en 2008 pour être mis en examen et écroué en France. Une trentaine de jeunes ayant participé à ces croisières ont dénoncé des abus sexuels. Environ 400 enfants ont séjourné sur les deux bateaux-écoles de l'association entre 1969 et 2002.


§ 15 / c)   Enfin, certains, comme Dominique d’Ollo..., disaient que "si on force parfois un peu les enfants", c’est pour contrebalancer le conditionnement social ; et puis, après tout, "les femmes aussi subissent souvent le devoir conjugal", ajoutait-il ; les mères féministes apprécieront ... Ce sont de tels propos, qui choquèrent le regretté Bertrand Boulin (fils du ministre Robert Boulin), qui rendent bien difficile la distinction entre la pédophilie qui se dit amoureuse des enfants et la pédophilie des faits divers.

   Dans sa chronique Le Rose et le noir, le journaliste Frédéric Martel évoquait un fait divers de 1979, l'affaire de Saint-Ouen, qui aurait concerné un "homosexuel mineur". Singulière atténuation ... Selon les termes de la lettre de deux militants communistes (Croissant et Januel) à L'Humanité, les autorités judiciaires avaient trouvé "simplement  [sic] des pratiques sexuelles de groupe entre adultes et adolescents de 11 à 17 ans et des photos" ; cette lettre, qui justifiait ces "pratiques",  provoqua une vive réaction de Roland Leroy, alors directeur de ce quotidien : 
« Comment osez-vous soutenir un tel point de vue alors qu'il s'agit en l'occurrence de la prostitution d'une quarantaine d'adolescents et d'enfants, dont le plus jeune avait tout juste quatre ans ! [...] Je considère votre lettre indigne d'un communiste. »


§ 16 - L'argument de l'existence d'une sexualité infantile apparaît plus pertinent (on sait aujourd'hui, grâce à l'échographie, que le fœtus mâle a des érections). La distinction établie depuis l'Antiquité entre sexualité et reproduction, soulignée par le marquis de Sade, Frédéric Nietzsche et Sigmund Freud, est ainsi confirmée. Mais, car il y a un mais, l'aptitude partielle à une activité sexuelle chez le jeune enfant, par l'érection dans le cas du garçon, ne signifie pas qu'il a acquis l'autonomie psychologique et sociale également requise pour une relation sexuelle – l'enfant sait signer bien avant de comprendre la portée de la signature d'un contrat ; il sait déposer un bulletin dans une urne avant de comprendre la portée d'un vote, etc. 

   Sigmund Freud ne vit jamais dans la "sexualité infantile" une justification de la pédophilie ; cela apparaît dès 1905 avec le premier des Trois essais sur la théorie de la sexualité (section I, B) ; la même année, il déclarait à un quotidien viennois que la pédophilie homosexuelle devait être poursuivie devant les tribunaux, mais dans les mêmes conditions que la pédophilie hétérosexuelle ; le seuil en Autriche était alors de quatorze ans (encore le seuil du droit canon !). Freud pensait qu'une activité sexuelle précoce diminuait l'éducabilité de l'enfant, et que la construction de la personnalité psychologique et sociale (acquisition du principe de réalité) requiérait que la fonction sexuelle ne soit pas sollicitée précocement. Quant au freudo-marxiste Wilhelm Reich, il considérait l'homosexualité comme une sorte de satisfaction parallèle à la satisfaction hétérosexuelle et souhaitait qu'elle soit dénuée de toute sanction pénale, sauf précisément dans le cas de séduction d'enfants (Die Sexualität in Kulturkampf, 1936). C'est donc bien à tort que Daniel Cohn-Bendit, aujourd'hui député européen et homme à tout faire de la politique française, invoqua ces deux auteurs pour justifier ses écrits de 1975 et ses propos à Apostrophes en 1982. 


§ 17 - Le fait que depuis une quarantaine d'années une argumentation en faveur de la pédophilie (argumentation souvent purement idéologique) ait été soutenue, ait fait l'objet de pétitions, est une innovation radicale dans notre société occidentale, comme le fit remarquer le journaliste Jean-Claude Guillebaud dans La Tyrannie du plaisir (Paris : Le Seuil, 1998) ; après avoir relevé d'une conception révolutionnaire (anarchiste et trotskyste) de l'homosexualité, cette argumentation post-moderne a semblé pouvoir se rattacher à ce courant dit du politiquement correct qui vise à exacerber hic et nunc les exigences d'égalité des droits des minorités (exigence de mariage pour les homosexuels) ou pseudo-minorités de toutes sortes – ici la catégorie des enfants, qui ont trouvé de bien curieux libérateurs ; cette évolution est elle-même un des avatars, une conversion, de l'utopie marxiste, comme le sociologue Paul Yonnet l'a montré dans le cas de l'antiracisme. Dans une "Tribune libre", le G.R.E.D. (Groupe de recherche pour une enfance différente) affirmait : 

« L'enfant, même très jeune, a une sexualité très "ouverte" : qu'il s'agisse d'onanisme, de jeux sexuels avec d'autres enfants ou avec des adultes, que les partenaires soient du même sexe ou non, cette sexualité polyvalente n'a pas à être réprimée ». 
Il se proposait d'aider à l'organisation de l'enfance : 
« Comme l'ont fait tous les groupes humains aspirant à l'émancipation (travailleurs, esclaves noirs, peuples colonisés, femmes ...) les jeunes (enfants et ados) doivent s'inventer des structures radicalement en rupture », pour créer « l'expérience (et le réflexe mental) de la lutte collective pour leur liberté et leurs revendications ; peut-être la solution à la crise générale du militantisme ... » (Travail social - Actualités, n° 55, 23 novembre 1984).
  Louis Pauwels (1920-1997) se déclara choqué par cette tribune dans le Figaro Magazine du 19 janvier 1985. Jacques Girard me signala alors l'existence d'autres groupes pédophiles ayant milité en France, parmi lesquels le FLIP, "Front de libération pédophile" :

  On  lisait ceci dans Libération du 1er mars 1979 : 
« Naissance du « Front de libération des pédophiles »
Un nouveau groupe vient de naître: le FLIP (Front de libération des Pédophiles) dont vous pourrez lire ci-dessous la plate-forme constitutive. Qui sont-ils ? Pour l’essentiel, des lecteurs de Libération qui à la suite d’une « lettre ouverte aux pédophiles dans notre édition du 9/2/77 nous firent parvenir un courrier abondant – nous en rapportions quelques-unes dans une double page le 24 mars 77 intitulée: Relations Adultes-Enfants. Le 2 avril dernier se tenait à Jussieu une première réunion regroupant une trentaine de personnes. Simple prise de contact. Sans doute, peut-on regretter que l’essentiel des préoccupations ait été d’ordre judiciaire. Il ne fut en effet question que de répression, de défense et de poursuite des pédophiles. Sans méconnaître ces dures réalités, un tel groupe a tout à gagner s’il élargit son champ de réflexions.
Le FLIP (Front de libération des Pédophiles) est né. Quelques objectifs essentiels ont déjà pu être lancés:
— Combattre l’injustice pénale et mener une réflexion critique sur la famille et l’école, fondée sur une analyse politique de la sexualité entre mineurs et adultes.
— S’associer à la lutte des enfants qui veulent changer leur mode de vie et de tout groupe politique qui vise à l’établissement d’une société radicalement nouvelle où la pédérastie existera librement.
— Développer une culture pédérastique qui s’exprime par un mode de vie nouveau, et l’émergence d’un art nouveau.
— Prendre la parole dans des organes d’information qui lui en donnent les moyens et par les voies qui s’imposent.
— Manifester sa solidarité avec les pédophiles emprisonnés ou victimes de la psychiatrie officielle.
La « tyrannie bourgeoise » fait de l’amoureux des enfants un monstre de légende qui croque les chaumières. Nous casserons ensemble monstres et chaumières.
Pour joindre le FLIP, écrivez à Jean-Louis Burckhardt [un des trois inculpés de l'affaire de Versailles], BP N°361, 75 Paris cédex 02 (ne pas mentionner FLIP sur l’enveloppe, joindre un timbre pour la réponse) ».

   Il existait aussi le FRED (Front d'action et de recherche pour une enfance différente, créé par des radicaux du GRED (Groupe de recherche pour une enfance différente). En Belgique, le groupe CRIES, qui éditait le bulletin Espoir, et aux activités duquel la police a mis fin en 1987.

   Parce que la nouvelle morale sexuelle rejette les formes asymétriques de sexualité (viols et tournantes, mariages forcés, polygamie, inceste), elle a été amenée à admettre désormais l'homosexualité ; mais elle ne pourrait se faire, sous couvert d'une absurde revendication des « droits égaux » de l'enfant et de l'adulte à la sexualité, à une relation aussi inégale que celle existant entre un(e) impubère (garçon ou fille âgé de moins de 13 ou 14 ans) et un(e) adulte. 
On connaît la boutade : « avec l'évolution des mœurs, les gens finiront par accepter les pratiques sexuelles de l'Église catholique ». Justement, non, cela ne passe pas. Le simple bon sens et l'état de l'opinion publique étaient exprimés par Claude Sarraute (Mme Revel) dans son billet "Pétitions" : 
"Quand on en est arrivé au droit des petits gamins à disposer de leur corps, à se plier aux exigences de vieux messieurs libidineux, moi, j'ai calé." (Le Monde, 14 février 1986). 
Dans sa chronique "Une vieille réalité", Pierre Georges évoqua les réseaux pédophiles, (1) "appuyés sur de solides complicités et de fumeux théoriciens du légitime droit de l'enfance à l'amour." (Le Monde, 14 mars 1997).
Aurions-nous oublié que « toutes choses ont leur saison » ? 


1. Quelques indices sur ces réseaux sont éparpillés dans la Chronologie de Gabriel Matzneff.


SUITES :

 NOTES HISTORIQUES

"GRAND BAZAR" DE DANIEL COHN-BENDIT