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mercredi 11 novembre 2015

LÉGITIMISATIONS ET DÉPÉNALISATIONS DE L'HOMOSEXUALITÉ EN FRANCE

   Esquisse d'une vue d'ensemble des fluctuations du statut, notamment juridique, de l'homosexualité masculine en Occident, et principalement en France.


I - Légitimations antiques et au Moyen-Âge :

Voir mon Anthologie de textes grecs et latins de l'Antiquité et du Moyen-Âge, Ces petits Grecs ont un faible pour les gymnases. On peut aussi passer par les pages Platon, Xénophon, Aristote ou Auteurs licencieux grecs et latins, et suivre les liens vers les autres pages.
FOUCAULT : « Le domaine des amours masculines a bien pu être "libre" dans l'Antiquité grecque, beaucoup plus en tout cas qu'il ne l'a été dans les sociétés européennes modernes; il n'en demeure pas moins que l'on voit se marquer très tôt des réactions négatives intenses et des formes de disqualification qui se prolongeront longtemps. »
Michel Foucault (1926-1984), L'Usage des plaisirs, (Paris : Gallimard, 1984, tome 3 de l'Histoire de la sexualité), Introduction, 2, 3.

II - Stigmatisation judéo-chrétienne et lois romaines des IVe et VIe siècles

Voir ce même Ces petits Grecs ont un faible pour les gymnases. Extraits en ligne : Augustin, Pierre Damien, Albert le Grand , L'AMOUR GREC VU PAR LE DROIT ROMAIN ; et suivre les liens vers les autres pages.


L'AMOUR GREC VU PAR LE DROIT ROMAIN :

CORPUS JURIS CIVILIS : Code + Institutes + Digeste + Novelles, VIe siècle,


Altercation entre Hélène et Ganymède (XIIe siècle).

Vers 1260, le doux recueil de droit coutumier Jostice et Plet prévoyait la castration pour les sodomites délinquants primaires :
" Celui qui est sodomite doit perdre les couilles, et s'il le fait une seconde fois, il doit perdre le membre ; et s'il le fait une troisième fois, il doit être brûlé. " (XVIII, 24, § 22).
Vers 1270, le chapitre 90 des Établissements de Saint Louis disposait :
" Si quelqu'un est soupçonné de bougrerie, la justice doit le prendre et l'envoyer à l'évêque ; et s'il en était convaincu, on devrait le brûler ; et tous ses [biens] meubles sont au baron. " Juste après, venait des dispositions contre les hérétiques. Cité et commenté par Voltaire.
Vers 1285, Philippe de Beaumanoir, jurisconsulte, associait également les crimes d'hérésie et de sodomie :
" Qui erre contre la foi, comme en mécréance, de la quelle il ne veut venir à voie de vérité, ou qui fait sodomiterie, il doit être brûlé ". (Les Coutumes de Beauvaisis, édition par Thaumas de La Thaumassière, 1690, page 149).

Procès de sodomie

Et mon étude actualisée sur L'affaire Lenoir - Diot (Paris, 1750)


III - Légitimisations modernes


Humanisme : Rabelais et Michel de Montaigne notamment, dont les œuvres contiennent de nombreuses allusions,  amusées ou indulgentes, au sujet ; libertinage érudit (Théophile de Viau, La Mothe Le Vayer, Molière).


Lumières, sauf Jean-Jacques Rousseau  ; Vauvenargues, Voltaire, Diderot, Naigeon.

Dans M... au lobby gay !, (Paris : Mordicus, 2013), Christian Vanneste cite ainsi Voltaire : " ce vice, mortel pour l'humanité, s'il était général ". La pensée de Voltaire est, comme on pouvait s'y attendre, plus complexe :
« Comment s’est-il pu faire qu’un vice, destructeur du genre humain s’il était général ; qu’un attentat infâme contre la nature, soit pourtant si naturel ? Il paraît être le dernier degré de la corruption réfléchie ; et cependant il est le partage ordinaire de ceux qui n’ont pas encore eu le temps d’être corrompus. Il est entré dans des cœurs tout neufs, qui n’ont connu encore ni l’ambition, ni la fraude, ni la soif des richesses. C’est la jeunesse aveugle qui, par un instinct mal démêlé, se précipite dans ce désordre au sortir de l’enfance, ainsi que dans l’onanisme. » (Dictionnaire philosophique, puis Questions sur l'Encyclopédie)

TALLEMANT DES RÉAUX (1619-1692) :
« On lui [à Mlle de Gournay] a voulu faire accroire qu’elle disait que la fornication n’était point péché ; et un jour qu’on lui demandait si la pédérastie n’était point un crime : "À Dieu ne plaise", répondit-elle, "que je condamne ce que Socrate a pratiqué." À son sens, la pédérastie est louable ; mais cela est assez gaillard pour une pucelle. »
Historiettes, « Mademoiselle de Gournay », Paris : Gallimard, 1960, collection "Bibliothèque de la Pléiade, édition Antoine Adam.
MARQUIS D'ARGENS (??) :
« Messieurs les Antiphysiques se moquent de nos injures et défendent vivement leur goût, en soutenant que leurs antagonistes ne se conduisent que par les mêmes principes qu'eux. "Nous cherchons tous le plaisir", disent ces hérétiques, "par la voie où nous croyons le trouver. C'est le goût qui guide nos adversaires ainsi que nous. Or vous conviendrez que nous ne sommes pas les maîtres d'avoir tel ou tel goût. Mais, dit-on, lorsque les goûts sont criminels, lorsqu'ils outragent la nature, il faut les rejeter. Point du tout : en matière de plaisir, pourquoi ne pas suivre son goût ? Il n'y en a point de coupables. D'ailleurs il est faux que l'antiphysique soit contre nature, puisque c'est cette même nature qui nous donne le penchant pour ce plaisir. Mais, dit-on encore, on ne peut pas procréer son semblable," continuent-ils. "Quel pitoyable raisonnement : Où sont les hommes, de l'un et de l'autre goût, qui prennent le plaisir de la chair dans la vue de faire des enfants." »
Histoire de Madame Bois-Laurier, Thérèse philosophe, J.C. Lattès, 1979 [vers 1748].

DENIS DIDEROT (1713-1784) : « - Bordeu : De deux actions également restreintes à la volupté, qui ne peuvent rendre que du plaisir sans utilité, mais dont l'une n'en rend qu'à celui qui la fait, et l'autre le partage avec un être semblable mâle ou femelle, car le sexe ici, ni même l'emploi du sexe n'y fait rien, en faveur de laquelle le sens commun prononcera-t-il ? » Suite de l'entretien [entre d’Alembert et Diderot], 1769 [publié en 1830].


IV - Résistance aux contrôles de police, Première dépénalisation (1791)

Voir mes opuscules mis en ligne Les Assemblées de la manchette et Homosexualité et Lumières :



V - Légitimisations contemporaines

ANONYME : "Vous me permettrez de vous écrire quelques lignes pour vous exprimer la sympathie profonde que j'éprouve pour la tâche que vous avez entreprise : l'émancipation d'une classe nombreuse et innocente d'un joug si cruel, des lois injustes et du mépris immérité. Vous méritez, monsieur, les remerciements de tous vos confrères sexuels, surtout de ceux qui se cachent derrière la visière. Il me semble qu'il ne faut que de la capacité et du courage tels que les vôtres pour poser nettement – devant la raison publique [cf Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, 1793, article 22] de tous les pays – les suites logiques de votre appel à l'argumentation, du moins avec la persévérance et l'honorable hardiesse que vous n'avez pas eu peur de montrer."
Londres, 1er janvier 1868. Lettre en français adressée à K. H. Ulrichs et publiée par lui dans Memnon (1868).

Auteurs : Paul Verlaine, Marc-A. Raffalovitch,

ANONYME : « Je désirerais former un groupement d'invertis sérieux. – Ce groupement aurait pour but de rechercher tout ce qui serait capable d'améliorer la situation morale de l'inverti, situation qui est toujours si critique à cause de l'isolement forcé, situation qui souvent est la cause de catastrophes intimes. Il est bien entendu que le groupement ne comprendrait que ceux dont la bonne moralité est certaine, bien que son action humanitaire pourrait, par la suite, s'étendre à tous ceux qui ont le désir de rentrer dans la bonne voie. L'œuvre de ce groupement, en plus des avantages intellectuels et moraux qu'elle offrirait à chacun, faciliterait nécessairement l'étude de cette question si importante et d'actualité qu'est la question sexuelle et pourrait contribuer à la découverte et à la pratique de règles d'hygiène physique et morale qui adouciraient le sort cruel légué aux invertis. » Lettre au Dr G. Saint-Paul, vers 1906.

Auteurs français : André Gide, et son Corydon. (1924)

Jean Cocteau, qui publia anonymement Le Livre blanc en 1928.


Publications périodiques :

Trois séries de longs articles (en quelques sorte des pré-revues) dans les Archives d'Anthropologie Criminelle (dont Alexandre Lacassagne fut co-fondateur) :

« Annales de l’unisexualité » en 1897,

« Chroniques de l’unisexualité » en 1907 et 1909.

Akadémos, fondé en 1909 par Jacques Fersen, pour l'article de juillet 1909 :
GUY DELROUZE : « Il n'est pas de question où n'apparaissent plus curieusement la facticité en même temps que la malice du préjugé anti-charnel que celle de l'homosexualité. [...] L’homosexualité, caractère physique du genus homo, est universellement répandue, comme elle a toujours été connue. Elle n’est pas un ferment nécessaire de décadence puisqu’elle coïncide souvent avec les facultés géniales qui peuvent servir avec le plus d’éclat une société. Elle est, si nous concluons avec [Charles] Darwin et [Karl] Gegenbaur à un ancêtre androgyne des vertébrés, un atavisme, un geste ancestral, vénérable entre tous par son antiquité, une tradition en un mot !
  D’autre part, la qualité parfois éminente des individus chez lesquels ressurgit cet atavisme défend de le classer comme une régression. Que signifie un tel mot du reste quand on ne connaît ni le départ ni l’arrivée ? Savons-nous quelle piste perdue cherche à retrouver la nature ? Donc, auguste par son recul dans le passé, esquissant dans l'avenir le schéma de possibilités qui seront un jour des lois, l'homosexualité n'est pas seulement passionnante pour notre investigation, elle exige notre respect et la révision d'un procès inique. Elle ne relève plus de la criminologie, ni même de la pathologie, mais du droit commun de l’amour libéré. »
"Le préjugé contre les mœurs", Akadémos, 15 juillet 1909.

Inversions/L'Amitié (1924-1925)


HISTOIRE DE L'AMOUR GREC
Une étude sur l'amour des garçons fut publiée par l'allemand M. H. E. Meier en 1837. Une traduction française sous le titre HISTOIRE DE L'AMOUR GREC, longuement annotée et appendicée (pages 185-312), signée "L.R. de Pogey-Castries", vit le jour en 1930 ; elle fut publiée, grâce à l'aide d'André Gide, aux éditions Stendhal, et réimprimée en 1952 et 1980 par Guy Le Prat ;



son auteur était Georges Hérelle (Pougy-sur-Aube, 1848 - Bayonne, 1935), originaire de Pougy le Château (Aube), traducteur de Gabriele D'Annunzio et de Blasco Ibanez, et professeur de philosophie à Vitry-le-François, puis à Évreux et à Bayonne.

Le pseudonyme Pogey-Castries a été identifié, et cette identification est précieuse, comme étant celui d'Hérelle en 1984 par Marc Thibault, peu après la publication du catalogue des manuscrits de la Bibliothèque Municipale de Troyes. Georges Hérelle était connu de Lucien Herr (bibliothécaire de l'École Normale Supérieure de la rue d'Ulm, Herr "outé" par Péguy), du poète et critique Amédée Pigeon, de Cahen d'Anvers (ami de Marcel Proust), d'André Gide, de Montherlant et de Roger Peyrefitte. Il a laissé de nombreux manuscrits à cette Bibliothèque Municipale, exploités par certains chercheurs étrangers. Voir notamment les mss 3170 à 3172, 3174 à 3178, 3188 (projet de Nouvelles études sur l'amour grec), 3255 à 3258, 3389 à 3405bis. L'ensemble correspond à un vaste projet d'encyclopédie de l'homosexualité masculine.


VI - Pénalisations d'août 1942 (avec mineurs) et de novembre 1960 (outrage public à la pudeur)
« Sera puni d’un emprisonnement de 6 mois à 3 ans et d’une amende de … 1° Quiconque aura soit pour satisfaire les passions d’autrui, excité, favorisé ou facilité habituellement la débauche ou la corruption de la jeunesse de l’un ou de l’autre sexe au dessous de vingt et un ans, soit pour satisfaire ses propres passions, commis un ou plusieurs actes impudiques ou contre nature [termes moyen-âgeux] avec un mineur de son sexe âgé de moins de vingt et un ans. » Philippe Pétain, Pierre Laval, Loi n° 744 du 6 août 1942 [J. O. du 27 août 1942, page 2923].
Voir l'entrée "Délit d'homosexualité" de mon Dictionnaire français de l'homosexualité masculine.

PIERRE ASSOULINE (né en 1953) :

« La loi du 6 août 1942 sur la répression de l'homosexualité ne répondit pas à une initiative politique (généralement attribuée à l'Amiral Darlan [voir plus loin]) mais judiciaire. Il faut savoir que le magistrat Roger Béraud, qui en fut le rédacteur, vit l'une de ses propositions récusée par ses supérieurs au motif qu'elle était contraire aux principes chrétiens : la castration des homosexuels récidivistes ... Mais pour le reste, il s'inspirait des projets de loi antérieurs à l'Occupation, en portant toutefois, et c'est une grande différence, l'âge de la protection de 18 à 21 ans. Ce qui motivait Vichy selon Boninchi (1) ? Là encore, des motifs conjoncturels : la multiplication des camps de jeunesse regroupant des mineurs du même sexe, trop propices selon le législateur aux "initiations mutuelles" (cas de figure pour lequel la loi considérait comme coauteurs le coupable et la victime). Mais la nouvelle loi était tellement tarabiscotée qu'elle revenait à permettre les relations sexuelles avec des adolescents de 13 ans quand ils n'étaient pas du même sexe, mais les condamnait fermement lorsqu'il s'agissait de moins de 21 ans du même sexe. De plus, elle ne faisait pas de différence entre homosexualité masculine et lesbianisme (ce qui n'était pas dans le cas dans les droits anglais et allemands qui ne sanctionnaient pas celle-ci) »

1. Marc Boninchi Vichy et l'ordre moral, Paris : PUF, 2006.
« Retour sur l’ordre moral », http://passouline.blog.lemonde.fr/livres/ , 22 mars 2006.

Celle de juillet-novembre 1960 semble bien due à l'influence du psychiatre catholique Marcel Eck : « L'homosexualité paraît prendre actuellement un développement inquiétant, au point que l'on peut parler d'un véritable péril homosexuel. » Parents et éducateurs devant le péril homosexuel, janvier 1960. C'est l'ancien article 330 alinéa 2 de l'ancien Code pénal.

Il y eut d'abord une loi d'habilitation pour la prise d'ordonnances :

Loi n°60-773 du 30 juillet 1960 AUTORISANT LE GOUVERNEMENT A PRENDRE, PAR APPLICATION DE L'ARTICLE 38 DE LA CONSTITUTION, LES MESURES NECESSAIRES POUR LUTTER CONTRE CERTAINS FLEAUX SOCIAUX


Ce 4° résultait d'un sous-amendement n° 9 proposé par le député Paul Mirguet et adopté le 18 juillet 1960 par l'Assemblée nationale ; le Gouvernement s'en était remis à la sagesse de l'Assemblée.

L’ordonnance du 25 novembre 1960 ajouta à l'ancien article 330 du Code pénal un alinéa 2 prévoyant un doublement des peines minimales encourues pour outrage public à la pudeur « lorsqu'il consistera en un acte contre nature avec un individu de même sexe ». Cette disposition fut abrogée en décembre 1980 (voir plus loin, au § X).


VII - Légitimisations récentes - 1

VII / a) Auteurs :

Roger Peyrefitte : Les Amitiés particulières, 1944 ; Notre amour, 1967. La Muse garçonnière, 1973.

Marcel Jouhandeau : Corydon résumé et augmenté, 1951.

Daniel Guérin (1904-1988) : Eux et lui, Monaco, : Éditions du Rocher, 1962. Rééd. Question De Genre/GKC, 2000.
Articles dans la revue La Nef sur la répression de l'homosexualité en France (1958) et en Angleterre (1957).

Jean-Louis Bory : Ma Moitié d'orange, et un ouvrage en collaboration avec Guy Hocquenghem ; voir l'Introduction de mon DFHM.

Yves Navarre, ses romans.

Dominique Fernandez : notamment son roman en partie autobiographique L'Étoile rose, Paris : Grasset, 1978.


VII / b) Journaux et organisations :  

Futur (1952-1955 ou 56) : déplore vigoureusement la disposition du régime de Vichy d'août 1942, conservée en 1945 par un gouvernement de gauche.

Claude Mosset : « Un journal [Futur] qui défend et exalte l'homosexualité au nom de la liberté absolue de la personne humaine et de la liberté des pratiques sexuelles est un journal dont les fins sont contraires à la morale admise. Même s'il conserve un ton digne et s'il fait appel à des bases scientifiques, il présente, en raison des thèses mêmes qu'il défend, un danger pour la jeunesse. Le requérant [Jean Thibault] argue du fait que son journal ne peut être regardé comme licencieux parce qu'il conserve un caractère sérieux et une expression décente. Nous ne saurions admettre une interprétation aussi étroite du mot licencieux. Ce mot couvre non seulement ce qui est contraire à la décence, mais encore ce qui est déréglé. L'homosexualité, c'est de la licence. Faire l'apologie de ce vice, c'est se montrer licencieux. » Conclusions du commissaire du Gouvernement, Conseil d'État, 1956.

Arcadie, la revue (1954-1982) : idéologie légaliste promue par un catholique se disant apôtre de l'ascèse, qui, dans ses revendications, se focalisait uniquement sur l'amendement Mirguet de juillet 1960, acceptant donc implicitement la restriction drastique de Vichy de 1942.
Nonobstant, cette revue est une source très précieuse sur la pensée des homosexuels et de leurs amis à cette époque, surtout pour la période 1957-1970 où elle avait le monopole de cette expression. Le nom de cette revue fut suggéré par Roger Peyrefitte.
À l'abonnement à cette revue était associé le fonctionnement d'un club, dit, par discrétion, " Club littéraire et scientifique des pays latins (CLESPALA) ".

Table des articles d'Arcadie

Olympe, mensuel, en kiosques depuis 1968.

FHAR (Front homosexuel d'action révolutionnaire, 1971-1973) : j'ai fréquenté les réunions (et parfois plus) de ce vaste groupe à l'École des Beaux-Arts, rue Bonaparte, à Paris VIe, pendant sa deuxième année d'existence, 1972-1973. On y voyait le normalien et écrivain Guy Hocquenghem, surnommé Superstar. Daniel Guérin me raconta qu'il s'y était fait agresser par des "folles".

* * * * *

Dr Romain Liberman : « Fréquente dans les amitiés masculines de longue date, l'homosexualité prend souvent comme point de départ les jeux de groupe où dominent la rivalité et la compétition, qui s'expriment dans la comparaison des organes virils et la probation éjaculatoire. Généralement, ces pratiques se font sans investissement affectif, et restent sans lendemain. Quelquefois, la relation homosexuelle se double d'une relation amoureuse, plus souvent d'ailleurs entre un adolescent et un enfant, et demande alors à être contrôlée avec "doigté" et perspicacité. La plupart du temps cette activité homosexuelle ne dure que l'espace d'un moment et la vacillation dans l'hétérosexualité doit se faire sans problèmes. » "L'homosexualité clinique", Libertés médicales, n° 10, octobre 1971. (Extrait d'un tiré à part reçu en 1975).

Pierre Juquin (né en 1930) :
« La couverture de l'homosexualité ou de la drogue n'a jamais rien eu à voir avec le mouvement ouvrier. L'une et l'autre représentent même le contraire du mouvement ouvrier. » Le Nouvel Observateur, 15 mai 1972.
Cette prise de position très forte d'un membre important du P.C.F. eut au moins le mérite d'introduire rapidement la question homosexuelle dans le champ politique de l'ère Pompidou. Il en résulta une réaction d'homosexuels communistes qui en 1974-75 se manifestèrent par la création de groupes de libération homosexuelle (GLH). Mais au lieu de s'en tenir à la satisfaction de la liberté obtenue (les termes moyen-âgeux et chrétiens "impudique" et "contre nature" sortent enfin du Code pénal en 1982), le lobby gay, depuis LGBT, a cru devoir se lancer dans une surenchère égalitariste (demande de pacs, droit au mariage, à l'adoption et à la PMA, reconnaissance de prétendus "changements" de sexe) qui me semble complètement déplacée, l'homosexualité relevant à mon sens davantage de la liberté et de l'amitié (" poussée à l'extrême " écrivait Platon dans ses Lois ...) que de la conjugalité et de l'égalité des droits des couples. Voir mon article : Mariage homo ...


VIII - Deuxième dépénalisation (partielle) : 1974 :
restriction du champ du délit instauré en 1942

La révision du seuil de "consentement homo" instauré en 1942 ; élevé alors de 13 à 21 ans, il fut abaissé à 18 ans par le président Valéry Giscard d'Estaing, en harmonisation avec la nouvelle majorité civile (loi du 5 juillet 1974 modifiant l'article 388 du Code civil).


IX - Légitimisations récentes -2

GLH parisiens, trois groupes dont le premier créé en 1974 sous le nom de Philandros par Jean-Paul Amouroux (alors étudiant à Nanterre), en partie grâce à des membres ou anciens membres du club Arcadie et de son groupe de jeunes, en partie avec des "anciens" du FHAR.

Ouvrage paru en 2015

Aleph/CIDH 1975 :

" Centre d'Information et de Documentation sur l'Homosexualité (CIDH)
Avant les scissions de décembre 1975 en plusieurs tendances des Groupes de Libération Homosexuelle (GLH) ; Claude Courouve a co-fondé en 1975, l'Association Laïque pour l'Étude du Problème de l'Homosexualité (ALEPH) pour lutter contre la sous-information de l'homosexualité.. Un des buts était de clarifier la situation juridique des homosexuels pour tout le monde, et notamment pour les partis politiques, et pas seulement pour le milieu homosexuel.
En 1977, l'ALEPH est devenu le Centre d'Information et de Documentation de l'Homosexualité (jusqu'en 1981). Les documents envoyés à la presse, sont documentés :
- d'indications bibliographiques,
- de références bibliques des passages qui évoquent ou condamnent l'homosexualité...
- de nombreux courriers (de l'époque) aux dirigeants de l'État [en vue de la légalisation complète de l'homosexualité, obtenue en 1982].
Aujourd'hui, le site Kademos (voir ci-dessous [site de Jacques Girard, mort depuis, le site, pas JG]) publie certains documents, notamment les courriers (de l'époque) aux dirigeants de l'État ...
Catalogue des livres sur l'homosexualité édités par Claude Courouve : http://www.courouve.com/ [Site mort]. "
http://www.archiveshomo.info/annuaire/france.htm

   J'avais en effet créé en 1975 cette association avec Louis Mallet, rencontré par une petite annonce d'Actuel ;  nous n'étions pas membres des GLH parisiens, mais avions assisté à quelques unes de leurs réunions. Je devais être alors abonné à la revue Arcadie. Par la suite  Robert Kozérawski, Jean-Pierre Lévêque et le biologiste Jean-Claude Feray se sont joints à nous ; Jean-Claude Feray a depuis fait des recherches très pointues sur Kertbeny (qui en 1868-69 créa en allemand les néologismes homosexual et Homosexualität) et Robert Kozérawski s'est investi pendant plusieurs années dans l'association Lusogay avant de rejoindre un temps, à mon grand étonnement, une association d'homosexuels musulmans.

   J'étais alors en relations avec des universitaires militants américains (Bob Roth, Wayne R. Dynes), et anglais (de l'association Campaign for Homosexual Equality, notamment Peter Ashman), et abonné au périodique anglais Gay News. Mon activité professionnelle consistait en cours particuliers de maths et de physique, après cinq années (1966-1971) à plein temps dans l'Éducation nationale en Île-de-France comme enseignant en maths. Activité qui entraîna une suspicion infondée de pédophilie, d'où enquête de voisinage, visite à domicile d'un policier, convocation au 36, quai des Orfèvres, et fichage par les Renseignements généraux (fiches que j'ai pu consulter, à deux reprises, au siège de la C.N.I.L.)


Désinformations qui m'irritaient :

1 ) Le Monde annonça que l'Association Psychiatrique Américaine avait modifié sa définition psychiatrique de l'homosexualité, alors que le changement avait consisté à retirer purement et simplement l'homosexualité de la liste des pathologies ; cela fut très dur d'obtenir une rectification ; j'ai dû faire intervenir un psychiatre américain.
ASSOCIATION PSYCHIATRIQUE AMÉRICAINE : « L’homosexualité en elle-même et par elle-même n’impliquant aucune altération dans le jugement, la stabilité, l’honnêteté, ou les capacités professionnelles, qu’il soit donc déclaré que l’Association Psychiatrique Américaine déplore toutes les discriminations publiques et privées envers les homosexuels dans des domaines tels que l’emploi, le logement, l’habitation collective, les patentes, et déclare qu’aucune exigence de discernement, de capacité ou d’honnêteté supérieure à ce qui est demandé aux autres personnes ne devrait être imposée aux homosexuels. » Communiqué du 15 décembre 1975 [ma traduction].

2 ) Lors du lancement du mensuel commercial Homo en 1975 (mensuel auquel j'ai collaboré), Bruno Frappat du Monde (ensuite directeur à La Croix, et que j'avais rencontré avec Louis Mallet à l'ancien siège du Monde, 5 rue des Italiens) fut bien sarcastique dans un de ses articles : " On aura très vite fait le tour de la question ", comme si l'homosexualité était un non-sujet ; c'est ce que j'appelle l'homophobie négative.

3) Arcadie se faisait passer pour une association alors que c'était d'abord une revue mensuelle, créée en 1954 sans comité de rédaction, doublée d'un club créé en 1957 sous le régime SARL, " CLESPALA ", Club littéraire et scientifique des pays latins, dont André Baudry était autocratiquement et juridiquement le gérant (information vérifiée auprès du Tribunal de commerce de Paris)).

4) André Baudry, directeur d'Arcadie, réclamait en permanence " l'abrogation de l'amendement Mirguet " qui ne constituait , aussi déplorable qu'il fût (le "fléau social"), qu'une étape intermédiaire de procédure parlementaire dans une loi d'habilitation à prendre des ordonnances.

Les deux dispositions dont on pouvait, dans les années 1970, exiger l'abrogation étaient l'article 330 alinéa 2 du Code pénal, créé par ordonnance en novembre 1960 (aggravation des peines en cas d'outrage public à la pudeur en situation homosexuelle) - et surtout l'article 331 alinéa 3 du même Code pénal, hérité de Vichy. Au Parti Socialiste, les idées n'étaient pas plus claires là-dessus que dans les GLH ; ils souscrivaient à la revendication du père Baudry, sans davantage vérifier ni se documenter. En 1974, Arcadie annonça triomphalement, (énorme confusion !) que l'amendement Mirguet était abrogé ...

   Les actions de cette association ALEPH ont dû commencer en 1975, année de la déclaration de l'association, première association déclarée dans ce domaine, sauf erreur.

Courriers à tous les partis politiques, comme le faisait déjà le directeur d'Arcadie, mais avec une argumentation documentée et invoquant, à la suite de Daniel Guérin, les arguments de laïcité, et de liberté sexuelle comme nécessaire contrepoids à la liberté religieuse. Selon Alexandre Marchant, ma correspondance avec Daniel Guérin est conservée à la B.D.I.C.

   Je n'avais jamais eu d'engagement militant durable dans un parti politique, considérant d'un côté qu'ils avaient tous plus ou moins leur part de vérité et de l'autre que la culture, stricto sensu, scientifique, juridique, littéraire ou philosophique, est bien plus intéressante et utile que la politique politicienne. Par ailleurs le mode de fonctionnement des partis que j'avais un peu fréquentés ne me proposait aucune place au rôle que j'y envisageais (contribution à l'élaboration des programmes. L'avenir me démentira-t-il ? Cela reste à voir.



- Enquête auprès d'une soixantaine de psychiatres parisiens et rennais ayant répondu (sur 250 questionnaires envoyés). Questions sur le statut de l'homosexualité (maladie, perversion, anomalie, ou variante) et sur le traitement éventuel. Résultats publiés dans Homo en 1975 . Parmi les réponses, celle du Professeur Henri Baruk (1897-1999) : « L'homosexualité est en voie de développement en grande partie sous l'influence des idées psychanalytiques. Elle représente un danger pour les sociétés. Elle doit être soignée. »

- Documentation historique et lexicographique, la deuxième encouragée par l'article inaugural " Anti-rôle " de l'instituteur Dominique Robert (mort du sida vers 1990) dans le n° 3 de la revue Dérive.

- Obtention de la preuve, par simple consultation de l'Annuaire téléphonique interne de la Préfecture de police de Paris par un adhérent qui y travaillait, de l'existence au sein de celle-ci d'un  "Groupe de contrôle des homosexuels " ; émanation bien lointaine de la " sous-brigade des pédérastes " (sic) des années 1870, alors dirigée par l'agent Rabasse.

Vers 1976, j'avais rencontré des Jeunes Socialistes ; ils m'avaient alors dit qu'ils répugnaient à défendre la cause de l'homosexualité parce que, selon eux, les homos étaient généralement de droite...

COMITÉ POUR UNE CHARTE DES LIBERTÉS : « L'homosexualité est un comportement sexuel comme les autres. Elle est une des expressions de la liberté fondamentale du corps. L'homosexualité ne doit entraîner sous aucune forme une inégalité ou une discrimination quelconque. » Liberté, libertés, Réflexions du comité pour une charte des libertés animé par Robert Badinter, préface de François Mitterrand, Paris : Gallimard. 1976. [Sans doute une réaction aux démarches d'André Baudry].

HENRI CAILLAVET (1914-2013) : « La réprobation liée aux risques de sanctions pénales a fortement contribué à la marginalisation et à l'isolement des homosexuels, la répression pénale ayant ainsi un effet exactement inverse au but de dissuasion recherché. » Proposition de loi (exposé des motifs), décembre 1978.

DIDIER BARIANI : « Le Parti Radical-Socialiste demeure traditionnellement et fondamentalement attaché au respect des libertés individuelles. Malheureusement, l'émergence de nouvelles formes de délinquance juvénile fait apparaître qu'en dépit de l'évolution des mentalités, la protection des mineurs est encore une nécessité pour l'équilibre de notre société. » Lettre au président du Centre d'Information et de Documentation sur l'Homosexualité, 1er juillet 1980.

   Ce travail de documentation de l'Aleph/CIDH attira longtemps l'attention de diverses personnes, homosexuelles ou non, dont Michel Foucault à qui j'avais communiqué (vers 1978) des documents d'archives sur les procès de sodomie du XVIIIe siècle ; le pasteur Joseph Doucé ; Bertrand Boulin, (fils de l'ancien ministre, décédé en 2002) ; l'écrivain Dominique Fernandez ; l'écrivain Roger Peyrefitte, à qui j'avais communiqué à sa demande, pour sa biographie de Voltaire, un extrait inédit des archives de la police parisienne dans la première moitié du XVIIIe siècle ("le grand mémoire", aujourd'hui publié dans mon opuscule Les Assemblées de la manchette) ; Philippe Lejeune (voir son article dans la revue Romantisme, 2e trimestre 1987). De même Daniel Guérin, dont je fit publier le texte « Plutarque et l’amour des garçons »  dans Dialogues homophiles, numéro 2, mars 1978, et que j'avais interviewé pour le mensuel Homo 2000 en 1979.

Les réactions au travail associatif ne sont pas facilement distinguables de celles à mon premier ouvrage Les Homosexuels et les autres (Paris : Athanor, 1977) :
" Vous trouverez tout dans ce livre qui est sérieux et bourré d'informations. " (Charlie Hebdo)
" Un intéressant document sur l'évolution des esprits [...] utile à ceux qui animent des groupes d'éducation sexuelle avec des adolescents. " (L'École des parents)

   La même année fut publié, en collaboration avec Pierre Fontanié (collaborateur régulier d'Arcadie et adhérent indélicat du C.I.D.H.) et Jean-Pierre Lévêque, un "Glossaire des homosexualités", en tant que publication du "Centre d'information Aleph".

Pendant cette période, un certain nombre de travaux universitaires furent effectués, dont je n'ai eu connaissance que plus tard, pour la plupart d'entre eux.

CUARH : je n'ai pas rassemblé de documentation sur cette association, d'autres ont dû certainement s'en charger.

La fin de mon activité associative est liée à un incident grave relativement à une réponse du président Valéry Giscard d'Estaing.

   Peu avant la campagne présidentielle de 1981, j'avais écrit à V. Giscard, au nom du C.I.D.H., pour lui exposer l'argumentation en faveur de l'abrogation du nouvel article 331 alinéa 2 ; il m'avait fait une réponse en partie favorable, en partie défavorable, disant, si je me souviens bien, qu'il était opposé à toute discrimination à l'égard des homos, mais que la disposition contestée lui semblait justifiée par la nécessité de protéger les mineurs civils de plus de 15 ans. Je fis la bêtise de communiquer cette réponse à un adhérent du Var, Pierre Fontanié (auteur de nombreux articles dans la revue Arcadie), qui, sans m'en avertir, en a envoyé copie à Homophonies qui n'a publié qu'une partie de cette lettre, la partie défavorable, sans même indiquer que ce qui était publié était une partie seulement de la réponse du Président de la République.

   Je fus alors profondément écœuré par une telle mauvaise foi (cf le dialogue des « représentants de commerce du Peuple » de Jacques Prévert : « – Qu’est-ce que cela peut faire que je lutte pour la mauvaise cause puisque je suis de bonne foi ? – Et qu’est-ce que cela peut faire que je sois de mauvaise foi puisque c’est pour la bonne cause ? », Spectacle, 1949), mais aussi je me sentais personnellement responsable vis-à-vis de Giscard de l'utilisation malveillante faite de sa réponse. Là-dessus sont arrivés la marche du 4 avril et tout l'activisme des mouvements homos orientés à l'extrême gauche, le slogan-tract « Les homos contre Giscard », etc.

   Ce n'est pas que je fusse particulièrement giscardien à l'époque ; au 1er tour de 1981 j'ai même voté Mitterrand (pas au second, car je pressentais alors qu'il allait gouverner avec des ministres communistes).

   Le comportement de ce membre (socialiste) du C.I.D.H., Pierre Fontanié, m'a profondément déçu et j'ai alors décidé de revenir à autre chose, mes intérêts philosophiques anciens et des recherches académiques à la Bibliothèque nationale, précédés de mon travail pour le Vocabulaire de l'homosexualité masculine (Payot, 1985)..

Publications homos des années 1968-1992 : ArcadieOlympe, In, Homo, Nouvel Homo, Dialogues homophiles, Incognito-Magazine, Gai Pied, Homo 2000, Homophonies, MasquesSamouraïGaie France, etc. En gras celles auxquelles j'ai donné un ou plusieurs articles (parfois les mêmes ...). Pour Gai Pied, un seul article, sur le livre tout récemment paru de Rudolf Maurer André Gide et l'URSS., Berne : Tillier, 1983 ; pour Masques, trois je crois ; pour les autres, je ne sais plus combien. J'étais rédacteur de Homo 2000 et simple collaborateur ailleurs. L'essentiel de la matière de ces articles est passé, avec de nombreux compléments, dans mes publications ultérieures.


Mes publications (la plupart en auto-édition) :

L'Affaire Lenoir-Diot, Paris, C. Courouve, 1980
ISBN 2-86254-001-9 (erroné). Version augmentée en ligne.

Voltaire (1694-1778)
L'Amour socratique / Voltaire ; présenté et annoté par Claude Courouve
Paris : C. Courouve,  1994
ISBN 2-86254-017-X (br.) : 20 F
2e éd., 1999
Indice(s) Dewey : 844.5 (oeuvre) (22e éd.)
ISBN 2-86254-024-2 (br.) : 25 F
[Nouv. éd.]
La Ciotat (Résidence La Calanque, 13600) : C. Courouve, 2002
ISBN 2-86254-031-5 (br.) : 6 EUR. Version augmentée en ligne :
VOLTAIRE : L'AMOUR SOCRATIQUE

Les Gens de la manchette, 1720-1750 / [textes réunis et présentés par] Claude Courouve
Paris : C. Courouve, 1978
ISBN 2-86254-004-8 (Br.) : 7,50 F
Les Assemblées de la Manchette : documents sur l'amour masculin au XVIIIe siècle.
1987,  34 pp.
ISBN 2-86254-014-5
Les Assemblées de la Manchette : documents sur l'amour masculin au XVIIIe siècle et pendant la Révolution
Nouv. éd.
Indice de l'Histoire de France :  LL 310-5 = 1700-1800
ISBN 2-86254-018-8 (br.) : 40 F
Les Assemblées de la manchette / [Claude Courouve]
2000, 18 pp.
ISBN 2-86254-026-9 (br.) : 60 F. Revu et augmenté dans http://laconnaissanceouverteetsesennemis.blogspot.fr/2014/08/les-assemblees-de-la-manchette-12.html

Bibliographie des homosexualités
Paris : C. Courouve, 1977, 12 pp.
ISBN 2-86254-005-6 (Br.) : 4,50 F
Nouvelle édition 1978.
ISBN 2-86254-003-X (Br.) : 9 F. Voir plus loin, Fragments 4 et 5.

Contre nature ?
Paris : C. Courouve, 1981
ISBN 2-86254-009-9 (Br.). Son contenu a été intégré aux articles "Contre nature" et "Délit d'homosexualité" de mon Dictionnaire français de l'homosexualité masculine (réédition électronique augmentée du Vocabulaire de 1985).

Les Flammes de Sodome : opinions variées sur l'amour homosexuel masculin
Paris : C. Courouve, 2001
24 pp.
ISBN 2-86254-028-7 (br.) : 10 EUR : 66 F
Les Flammes de Sodome : opinions variées sur l'amour homosexuel masculin
2e éd. augmentée 2004, 54 pp.
ISBN 2-86254-033-1 (br.) : 10 EUR. Repris partiellement dans mon DFHM.

Fragments : Adam, Aletrino, Allendy, Barthes...
Paris : C. Courouve, 1980, 11 pp.
Collection Archives unisexuelles
ISBN 2-86254-006-4 (Br.)
Autre auteur : Kozérawski, Robert . Éditeur scientifique
Sujet(s) :  Homosexualité -- Citations, maximes, etc.
Fragments. 2 / [choisis par] Claude Courouve, R. Kozerawski
Paris : C. Courouve, 1980
ISBN 2-86254-007-2 (Br.)
Fragments. 3 / [choisis par] Claude Courouve, R. Kozerawski
Paris : C. Courouve, 1981
Autre auteur : Kozérawski, Robert . Éditeur scientifique
ISBN 2-86254-008-0 (Br.)
Fragments. 4 / [choisis par] Claude Courouve, R. Kozerawski
Paris : C. Courouve, 1981
En appendice, "Bibliographie des homosexualités", 3e édition, 1, 1478-1881.
ISBN 2-86254-011-0 (Br.)
Fragments. 5 / [choisis par] Claude Courouve, R. Kozerawski
Paris : C. Courouve, 1981
Précédé de : "Bibliographie des homosexualités", 3e éd., 2, 1882-1924.ISBN 2-86254-012-9 (Br.)

Centre d'information Aleph (Paris)
Glossaire des homosexualités / Aleph ; [rédigé par Claude Courouve, Pierre Fontanie et Jean-Pierre Lévèque]
Paris : Centre d'information sur l'homosexualité Aleph, 1978
ISBN 2-902681-03-8 (Br.)

Homosexualité, Lumières et droits de l'homme ; suivi de L'affaire de Lenoir et Diot
Paris : C. Courouve, 2000, 18 pp.
ISBN 2-86254-025-0 (br.) : 30 F
http://laconnaissanceouverteetsesennemis.blogspot.fr/2014/08/laffaire-de-lenoir-et-diot-paris-1750.html

Les Homosexuels et les autres
Paris : Éditions de l'Athanor, 1977
Collection Une Enquête de...
Bibliographie pp. 147-148
ISBN 2-7051-0300-7 (Br.) : 30 F

Jupiter et Ganymède : notes sur la pédophilie et les seuils de consentement
Paris : C. Courouve, 2002
10 pp. : couv. ill. ; 30 cm
ISBN 2-86254-032-3 (br.) : h. c.
http://laconnaissanceouverteetsesennemis.blogspot.fr/2009/10/notes-sur-la-pedophilie-et-les-seuils_6962.html

Les Origines de la répression de l'homosexualité
Paris : C. Courouve, 1978
Collection :  Collection Archives des homosexualités
Collection Archives des homosexualités
Bibliographie pp. 15-16
ISBN 2-86254-000-5 (Br.) : 6 F

Tableau synoptique de références à l'amour masculin : auteurs grecs et latins
Paris : Courouve, 1986
ISBN 2-86254-013-7 : 64 F
Ces Petits Grecs ont un faible pour les gymnases : l'amour masculin dans les textes grecs et latins, Nouvelle édition
Paris : C. Courouve, 1988

Repères / C. Courouve, R. Kozerawski
Paris : C. Courouve, 1980
ISBN 2-86254-002-1 (Br.)
Homosexualité -- Chronologie
Presse homosexuelle -- France -- 1970-....

Vocabulaire de l'homosexualité masculine
Paris Payot, 1985.Collection :  Langages et sociétés, ISSN 0399-8665
ISBN 2-228-13650-6 : 99 F.Voir mon Dictionnaire français de l'homosexualité masculine (réédition électronique augmentée du Vocabulaire).



X - Troisième dépénalisation, partielle : loi du 23 décembre 1980 : suppression de la
circonstance aggravante instaurée en novembre 1960 dans l'outrage
public à la pudeur (article 330, alinéa 2 de l'ancien Code pénal)

Loi 80-1041 du 23 décembre 1980, article 1er, paragraphe V.

CONSEIL CONSTITUTIONNEL :
« La loi relative à la répression du viol et de certains attentats aux mœurs peut, sans méconnaître le principe d'égalité, distinguer, pour la protection des mineurs, les actes accomplis entre personnes de même sexe de ceux accomplis entre personnes de sexes différents. »
Décision 80-125 DC du 19 décembre 1980 qui valida donc le maintien de cet article 331 alinéa 2.

Ma petite publication de 1981, Contre nature ?, est épuisée et n'a pas été rééditée. Son contenu a été intégré aux articles "Contre nature" et "Délit d'homosexualité" de mon Dictionnaire français de l'homosexualité masculine (réédition électronique augmentée du Vocabulaire de 1985).


XI - Quatrième, et dernière,  dépénalisation : août 1982 :
abrogation complète du délit instauré en 1942

 ROBERT BADINTER (né en 1928) : « Chacun de nous est libre de critiquer ou d'approuver l'homosexualité, chacun est libre de choisir ou de ne pas choisir tel ou tel comportement sexuel ; cela relève du choix intime de la personne ; plus ce choix est intime, plus il est secret et mieux cela vaut. »
Sénat, séance du 5 mai 1982, Journal Officiel [Débats Sénat], page 1634. [Par la suite, Badinter approuva la loi Halde de décembre 2004 qui introduisait la notion de propos discriminatoires à l'égard des homos et qui permit des condamnations à l'égard du député Vanneste, condamnations cependant heureusement annulées en cassation. Cette loi fut suivie d'un renforcement de la reconnaissance de l'homosexualité sous la forme de l'extension du mariage et de l'adoption aux couples de même sexe.

La loi du 4 août 1982 (après trois rejets par le Sénat) abroge donc l'article 331 alinéa 2 du Code pénal. L'opposition RPR ne dépose alors pas de recours auprès du Conseil constitutionnel.

Mon objectif majeur de dépénalisation étant obtenu, et ne voyant pas l'utilité d'autres actions, je ne suis plus intervenu dans le champ militant de l'homosexualité, me consacrant à la préparation de mon Vocabulaire, mis à part, poussé par Alain Leroi (qui collabora comme moi au magazine Gaie France), une participation occasionnelle au lieu associatif parisien L'Escargot, dans le 11e. Ce lieu comportait une petite bibliothèque, tenue par Michel Meignez de Cacqueray, à laquelle j'ai fait don d'un certain nombre d'ouvrages français et étrangers. Maurice Lever et moi-même y furent reçus pour parler de nos ouvrages parus en 1985, Les Bûchers de Sodome et le Vocabulaire ... On y rencontrait des membres du GAGE, Groupe achrien (terme inventé par Renaud Camus) des grandes écoles, le journaliste et écrivain Frédéric Martel (alors sous le pseudo de Frédéric Letram). Je n'ai jamais su (ou je ne me souviens pas) si ce lieu avait un directeur, et dans l'affirmative qui il était.





Small Blowjob - Cornelius Mc Carthy
 

XII - Tentative infructueuse de rétablir le délit d'homosexualité
en mai 1991 par l'opposition de droite :

Voir le post sur ce sujet. Il s'agit des débats au Sénat en mai et octobre 1991.

* * * * *

Ébauche d'une vue d'ensemble des qualifications de l'homosexualité :

"Une abomination" (Lévitique). C'est une de celles qui auront le plus grand retentissement.
"Amitié poussée à l'extrême" (Platon)
"Autant par coutume que par nature les mâles se mêlent aux mâles" (Montaigne, Essais, livre I, chapitre xxiii, page 115 de l'édition Villey/PUF, paraphrasant Aristote)
"Le sentier de la vertu" (Plutarque)

"Contre la loi de la nature et l'ordre de la raison" (Pierre Damien)
« Aberration monstrueuse », « union de sexes semblables » (Gilles de Corbeil)
"Le péché le plus grave après la bestialité" (Thomas d'Aquin)
"Contre l'ordre de nature, pour ce qu'il se commet contre l'ordre du sexe" (Bénédicti, 1601)

"Crime de ceux qui commettent des impuretés contraires à l'ordre même de la nature" (Encyclopédie, 1765, à propos de la sodomie)
"La passion la plus honteuse qui ait jamais souillé la nature humaine" (Kant, Remarques touchant les Observations ...)

"Faute d'orthographe de la nature humaine" (La Douceur, 1772, à propos de la pédérastie)
"Vice des peuples guerriers" (marquis Donatien de Sade, 1795, à propos de ce qu’il appelle pédérastie)
"Petit défaut" (Aubriet, 1824, parlant de Cambacérès)
"Le seul lien qui rattache la magistrature à l'humanité" (Charles Baudelaire, à propos de ce qu’il appelle pédérastie)
"Un amour sans nom, ou plutôt un vice infâme" (Paul Gide [père d'André Gide], 1867, à propos de la pédérastie grecque)
"Un problème qui a l'attention des philosophes, aussi bien que des médecins et des naturalistes (Remy de Gourmont, 1907, à propos de ce qu’il appelle uranisme)
"Variante anomale de la libido" (P. Näcke, 1909)
"Variante de l'organisation sexuelle génitale" (Sigmund Freud, 1920)
"Une habitude sexuelle" (Louis Aragon, 1928, sur ce qu’il appelle "pédérastie")
"Un crime social" (Maxime Gorki, 1934)

"Un amour comme un autre, ni meilleur ni pire" (Klaus Mann, 1934)

"La force qui aime la force" (Jean Cocteau, 1936, à propos de la seule pédérastie)
"Le trait dominant des pédagogues" (René Allendy, 1939)
« Secret, interdit […] messe noire […] damnation » (Jean-Paul Sartre, 1945)

"Un péril" (Dr Marcel Eck, psychiatre catholique, janvier1960)
"Un fléau social" (député Paul Mirguet, juillet1960)

« Une anomalie sexuelle » (Jean-Paul Sartre, 1963)
« Un comportement sexuel comme les autres, une des expressions de la liberté fondamentale du corps. » (Comité pour une Charte des libertés, avec Robert Badinter, Liberté, libertés, 1976).
« Un des côtés de l'hermaphroditisme humain" (Gilbert Lascault, professeur de philosophie à l'Université de Paris-X - Nanterre, 1977 ; j'ai été son étudiant et j'ai assisté à sa soutenance de thèse d'État)
« Pas une forme de désir, mais quelque chose de désirable" (Michel Foucault, 1981)
« Une occasion historique de rouvrir des virtualités relationnelles et affectives" (Michel Foucault, 1981)
« Une déviance, une anomalie" (Jean-Marie Le Pen, 1984)
"Une forme de déviation, de marginalité, que le corps social peut supporter, sans l'avaliser jusqu'au bout" (Jean-Paul Aron, 1987)
"Une question personnelle et individuelle" (député M. Hannoun, 1987)
« L'homosexualité, ce n'est pas l'indifférence sexuelle » (Jacques Derrida, 2001)
« La voie mystique par excellence » (Michel Masson, 2005)
« Une anomalie » (Alain de La Morandais, Olivier Mazerolle, janvier 2013)