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mercredi 26 octobre 2016

CES PETITS GRECS... CONSTANTES ET TRAJECTOIRES


Pour servir d'introduction à Ces petits Grecs...

I / BANDE SACRÉE DES THÉBAINS

Elle est évoquée dans son principe par Platon et Xénophon d'Athènes ; puis dans sa réalité (hypothétique en tant que véritable bataillon d'amants et d'aimés) par Dinarque (vers -360/-290) : "Thèbes fut une très grande cité à l'époque où Pélopidas conduisait le bataillon sacré" ; ainsi que par Athénée de Naucrate (Sages attablés, livre XIII), Hiéronymos de Rhodes, Plutarque (De l'Amour ;
Pélopidas) et Polyen, un à six siècles plus tard ; " Mais certains disent qu'elle était composée d'érastes et d'éromènes " (Plutarque, Pélopidas).
Elle aurait été fondée par Gorgidas en -378, ou selon Athénée, par Épaminondas ; elle remporta les victoires de Tégyre (en -375, sous la direction de Pélopidas) et de Leuctres ; elle fut dissoute après la défaite de Chéronée, en -338.

Certaines traductions disent "légion sacrée".

Le thème « armée et homosexualité » trouve des illustrations dans la correspondance de Madame, qui rapporte l’avis de Louvois, dans certains scandales en France au XIXe siècle. Carnets de Proudhon (sur Changarnier et Lamoricière). Scandale de Médéa [aujourd’hui Lemdiyya] : articles de La Révolte (1891) et du Bulletin Médical (1892). A. Hamon, La France politique et sociale (1891), 1892. A. Hamon, Psychologie du militaire professionnel, 1894, chapitre sur la sexualité, pages 153-165.
Un Ordre de Chéronée, petite société secrète d'homosexuels, fut fondée en Angleterre vers 1895 par G. C. Yves (1867-1950), par référence à ce bataillon, à sa défaite et à sa possible renaissance.
Dr Chavigny, "L’homosexualité dans l’armée", Revue de l’hypnotisme, juillet 1908, pages 39-40.
Dans Corydon, André Gide évoquait l’homosexualité des militaires aux dialogues I et IV.


II / BEAUTÉ MASCULINE

Elle est soulignée par de très nombreux auteurs anciens :
Homère, Pindare, Anacréon, Alcée de Mytilène, Callimaque et son élève Apollonios de Rhodes, Xénophon, Platon, Eschine, Zénodote, Aristide, Élien, Hygin, Théocrite, Xénophon, Théocrite, Hygin,
Lucrèce, Pétrone, Juvénal, Cicéron, Virgile, Plutarque, Apulée de Madaure, Achille Tatius, Diogène Laërce, Athénée de Naucratis, Élien.
Parmi les modernes, Rabelais (Quart Livre, X), Frédéric Nietzsche et André Gide (Corydon).


III / CHRISTIANISME ET TOLÉRANCE (??)

La thèse du christianisme tolérant à l’égard de l'homosexualité, soutenue par John Boswell (1947-1994), et reprise par le Français Jean-Claude Guillebaud, n'a pas résisté à l'examen d'un nombre suffisant de textes. Voir Gai Saber Monograph n° l, 1981 (2nd ed. 1985); Ramsay MACMULLEN, 1982 ; Pierre J. PAYER, 1984 ; David F. WRIGHT, 1984 ; Maurice LEVER, Les Bûchers de Sodome, Paris : Fayard, 1985; James A. BRUNDAG, 1987 ; E. CANTARELLA, 1988; J. RICHARDS, 1991 ; John LAURITSEN, A Freethinker's Primer of Male Love, Provincetown : Pagan Press, 1998. Ce qui peut avoir induit quelques auteurs en erreur, c'est que l'intolérance chrétienne connut des fluctuations (le contraire, une parfaite stabilité, aurait été étonnant), passant de quelques années de pénitence à la peine de mort (appliquée du début du XIVe à la fin du XVIIIe siècle sur le territoire de la France continentale actuelle), ou inversement.
La condamnation judéo-chrétienne de ce que l'on désigne aujourd'hui sous le nom d'homosexualité est un élément utile pour mettre en évidence la stabilité anthropologique de ces relations masculines, ainsi que la distance existant entre cette condamnation et le point de vue de la civilisation gréco-latine qui, elle, appréciait la jeunesse, la beauté, l’intelligence, le plaisir et l’amour ; la reconnaissance de la chose, et aussi le sentiment d'en être, ne sont pas nés avec les mots homophile, gay ou queer, pas davantage avec le mot Homosexualität, pas plus avec celui de sodomie, contrairement à ce qu'avancent les sociologues dits "constructivistes".

On connaît les condamnations vétéro-testamentaires et pauliniennes, mais les injonctions d'hétérosexualité passent trop souvent inaperçues ; or l’arche de Noé (Genèse VI, 19) n’admettait que
des couples hétérosexuels. Il y a au moins deux injonctions d’hétérosexualité dans le Nouveau Testament : Évangile selon Matthieu, XIX, 4-6: « mâle et femelle faits par Dieu ; l'homme s'attachera à sa femme ; ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas. » C'est repris dans Évangile selon Marc, X, 7-9. Ma remarque de l’existence de ces injonctions, faite à Mgr Jacques Gaillot lors d’un débat à l’ENS-Ulm, l’avait laissé sans voix.
Dans l'Ancien Testament hébraïque il n'existe aucun exemple d'acte homosexuel pardonné ensuite, contrairement au meurtre et à l'inceste.
Pour trouver une mythologie faisant une place à l’homosexualité, c’est vers les Grecs qu’il faut se tourner. Un des intérêts du présent travail est de mettre en évidence cette différence fondamentale entre les belles cultures grecque et latine et la sinistre doctrine des Hébreux et de leurs successeurs.

Complément d’information sur les Écrits intertestamentaires (Gallimard, collection Bibliothèque de la Pléiade) :

Jubilés (-IIe siècle ; texte hébreu original perdu, traduit de l’éthiopien) : XIII, 17 : les gens de Sodome étaient de grands pécheurs ; XVI, 5-6 : impureté et destruction de Sodome ; XX, 5-7 : impureté de Sodome, corruption mutuelle par la fornication.

Testament des douze patriarches (1er siècle)
Gallimard, Collection « Bibliothèque de la Pléiade » (Écrits intertestamentaires ; traduction du grec) :

Levi XVII, 11 : prêtres pédérastes dans la septième semaine [cité par Voltaire] ;
Nephtali III, 4 : Sodome a changé son ordre naturel ;
Benjamin IX, 1 : vous vous adonnerez à la luxure, comme les habitants de Sodome ; vous périrez, à
l'exception de quelques-uns, et vous reviendrez à vos passions pour les femmes.

Pour comparaison, le Coran.


IV / CONTRE NATURE

Cette qualification fut celle la plus constamment appliquée à l'amour masculin en général (et non à la seule pédérastie stricto sensu) par les auteurs chrétiens. Elle mérite donc un traitement spécial.

Auteurs païens : Jamblique (les Pythagoriciens voulaient déjà supprimer les accouplements contre nature et déréglés), Platon (paraphysin, dans une œuvre tardive, Les Lois, mais aussi dans Phèdre), Philon, Cicéron, Musonius, Longus, Célius Aurélien.
Auteur juif : Philon ; puis les
Judéo-chrétiens (les plus nombreux) : Tertullien, Lactance, Constitutions apostoliques, Ambroise, Jean Chrysostome, Jean Cassien, Augustin, Jérôme, Justinien, Évagre, Alcuin, Hincmar de Reims, Burchard de Worms, Alain de Lille, Albert le Grand, Gerson, et alii.
Ajoutent « contraire à la raison » : Théodulfe d'Orléans, Pierre Damien, Anselme de Laon, Albert le Grand.

L'existence d'une homosexualité animale exclusive ou occasionnelle (et les animaux sont plus proches que nous de la nature entendue dans un certain sens) a été reconnue par : Aristote (perdrix), Athénée (colombes, perdrix), Elien (cailles), Horapollon (perdrix), Pline l'Ancien (cailles, coqs, perdrix), Plutarque (coqs). Décidément, les perdrix ...

Animaux signalés depuis par de bons observateurs : abeilles, bonobos, castors, chauve-souris, chèvres, chiens, chimpanzés, hannetons, lions, lucioles, pigeons, poulains, poules, singes, tourterelles
et vaches.

Cette homosexualité animale est envisagée mais son existence est niée par les auteurs et/ou textes suivants : Platon (Lois), Ovide, pseudo-Phocydide, Plutarque, Lucien, Longus, Jean Chrysostome, Célius Aurélien, Agathias (VIe siècle), Justinien, Altercation …, Vincent de Beauvais. Cette négation implique cependant une perception ancienne du concept d'homosexualité, ce qui sape encore plus la thèse constructiviste.

La qualification « contre nature » fut reprise dans la théologie chrétienne et le droit français coutumier ancien, puis par Montesquieu, par l’ Encyclopédie (article SODOMIE d’Antoine-Gaspard Boucher d'Argis, publié en 1765, en grande partie inspiré de celui de Pierre Richelet, 1679 …, et cité in-extenso dans DFHM), par Jean Jacques Rousseau (Émile, IV) et par Kant (Métaphysique des mœurs, 1, 1, 24 : homosexualité rangée avec la bestialité, selon l’usage des juristes d’Ancien Régime).
André Gide eut donc raison d'en démontrer l'inconsistance dans son Corydon (collection Folio, Paris : Gallimard, 2001 [1924]).
Le concept de contre nature fut fort critiqué à l'époque moderne, par Montaigne, Pascal, Diderot, Voltaire et Sade, notamment. On retrouva cependant cette qualification en août 1942 dans une « loi » du maréchal Pétain, en février 1945 dans une ordonnance du gouvernement provisoire du général Charles de Gaulle, puis, pour la dernière fois, en novembre 1960 dans une ordonnance du Premier ministre Michel Debré.


V / DÉFINITIONS ET QUALIFICATIONS

Évolution des définitions :

Éros : la philia poussée à l'extrême (Platon).
Amour d'amitié : tendance à former une amitié à partir d'un idéal de beauté (Cicéron, Stoïciens)
Sodomie : péché contre nature, d'un mâle avec un mâle, ou d'une femme avec une femme (Albert le Grand)
Vice sodomitique : vice où l'on ne tient pas compte du sexe requis (Thomas d'Aquin)
Sodomie : quand deux d'un même sexe se mêlent ensemble, encore que ce fussent femmes, ou quand
l'homme se mêle avec la femme à rebours (Sa, 1601).
homme avec homme ou femme avec femme (Beauny, 1635).
Péché contre nature : crime de celui ou de celle qui a un commerce impudique avec quelque personne de son sexe (Soulatges, 1762).
Sodomie : crime contre nature qui consiste dans l'usage d'un homme comme si c'était une femme, ou
d'une femme comme si c'était un homme (Grand Vocabulaire Français, 1773).
Inversion : anomalie consistant en ce qu'un homme a des instincts sexuels féminins ou une femme des instincts masculins (Lalande, Vocabulaire de la philosophie).
Homosexualité : tendance, conduite des homosexuels – personnes qui éprouvent une appétence sexuelle plus ou moins exclusive pour les individus de leur propre sexe (Grand Robert, 1985).
sexualité des personnes homosexuelles – qui éprouvent une attirance sexuelle pour les personnes de leur sexe (Petit Larousse, 1994).

L'homosexualité, parfois restreinte à la pédérastie (avec toutes les ambiguïtés que ce terme comporte), a été qualifiée ou métaphorisée de façon variée ; en voici un aperçu :
"Une abomination" (Lévitique)"Le sentier de la vertu" (Plutarque)
"Contre la loi de la nature et l'ordre de la raison" (Pierre Damien)
« Aberration monstrueuse », « union de sexes semblables » (Gilles de Corbeil)
"Le péché le plus grave après la bestialité" (Thomas d'Aquin)
"Contre l'ordre de nature, pour ce qu'il se commet contre l'ordre du sexe" (Bénédicti, 1601)
"Crime de ceux qui commettent des impuretés contraires à l'ordre même de la nature" (Encyclopédie,
1765, à propos de la notion de sodomie)
"La passion la plus honteuse qui ait jamais souillé la nature humaine" (Kant, Remarques touchant les
Observations ...)
"Faute d'orthographe de la nature humaine" (La Douceur, 1772, à propos de la pédérastie)
"Vice des peuples guerriers" (marquis de Sade, 1795, à propos de ce qu’il appelle pédérastie)
"Petit défaut" (Aubriet, 1824, parlant de Cambacérès)
"Le seul lien qui rattache la magistrature à l'humanité" (Baudelaire, à propos de ce qu’il appelle pédérastie)
"Un amour sans nom, ou plutôt un vice infâme" (Paul Gide, 1867, à propos de la pédérastie grecque)
"Un problème qui a l'attention des philosophes, aussi bien que des médecins et des naturalistes (Remy
de Gourmont, 1907, à propos de ce qu’il appelle uranisme)
"Variante anomale de la libido" (P. Näcke, 1909)
"Variante de l'organisation sexuelle génitale" (S. Freud, 1920, en allemand)
"Une habitude sexuelle" (Louis Aragon, 1928, sur ce qu’il appelle pédérastie)
"Un crime social" (Maxime Gorki, 1934, en russe)
"Un amour comme un autre, ni meilleur ni pire" (Klaus Mann, 1934)
"La force qui aime la force" (Cocteau, 1936, à propos de la seule pédérastie)
"Le trait dominant des pédagogues" (René Allendy, 1939)
« secret, interdit […] messe noire […] damnation » (Jean-Paul Sartre, 1945)
"Un péril" (Dr Marcel Eck, médecin catholique, janvier 1960)
"Un fléau social" (député Paul Mirguet, juillet 1960)
"Une anomalie sexuelle" (Jean-Paul Sartre, 1963)
« un comportement sexuel comme les autres, une des expressions de la liberté fondamentale du corps. » (Comité pour une Charte des libertés, Liberté, libertés, 1976).
"Un des côtés de l'hermaphroditisme humain" (Gilbert Lascault, 1977)
"Pas une forme de désir, mais quelque chose de désirable" (Michel Foucault, 1981)
"Une occasion historique de rouvrir des virtualités relationnelles et affectives" (M. Foucault, 1981)
"Une déviance, une anomalie" (J.-M. Le Pen, 1984)
"Une forme de déviation, de marginalité, que le corps social peut supporter, sans l'avaliser jusqu'au bout" (Jean-Paul Aron, 1987)
"Une question personnelle et individuelle" (député M. Hannoun, 1987)
« l'homosexualité, ce n'est pas l'indifférence sexuelle » (Jacques Derrida, 2001)
« La voie mystique par excellence » (Michel Masson, 2005)


VI / DIALOGUES

Le dialogue est le genre à la fois rationaliste et démocratique par excellence.
Prodicos de Céos (-Ve siècle) : dialogue entre Vertu et Dépravation ; recours à des artifices en faisant
jouer aux hommes le rôle des femmes ; jeunes garçons dont l'amour te donnera la plus grande joie (cf
Xénophon d'Athènes).
Platon, Symposium.
Xénophon, Symposium.
Plutarque, Sur l'Amour.
pseudo-Lucien : Chariclès contre Kallicratidas ; l'amour masculin relève d'un esprit philosophique.
Athénée de Naucratis, Sages attablés.
Achille Tatius, Leucippé et Clitophon, II
Altercation entre Hélène et Ganymède (XIIe siècle).
Depuis : Thérèse philosophe ; Denis Diderot, Suite de l’entretien ; David Hume, A Dialogue ; marquis de Sade, Philosophie dans le boudoir ; Remy de Gourmont, Dialogue des amateurs ; André Gide, Corydon.
La forme du dialogue est appropriée pour traiter des sujets prêtant à controverse ; on peut regretter qu’aujourd’hui elle ne soit plus guère utilisée.


VII / EFFÉMINEMENT

Aristophane, Aristote, Démosthène (la mollesse détruit la grâce), Cicéron, Sénèque le Père, Philon d’Alexandrie, Columelle ; après Néron : Martial, Plutarque, Tacite, Juvénal, Suétone, Apulée de Madaure, Aulu-Gelle, Athénée, Cyprien de Carthage, Ausone, Basile de Césarée, Adamantius, Firmicus Maternus, Grégoire de Nysse, Jean Chrysostome, Salvien, Célius Aurélien, Macrobe, Ennodius ;

Moyen-Âge : Grégoire de Tours, Alcuin, Ordéric Vital, Jean de Salisbury, Alain de Lille.

Raffalovich, 1896 : « Les efféminés sont menteurs à tous les degrés, depuis la perfidie minutieuse jusqu'à l'inconscience, jusqu'à une incontinence de faussetés. Ils observent mal et reproduisent mal ce qu'ils ont observé ». Uranisme et unisexualité.
Rejet des efféminés, des folles, par le club parisien Arcadie ; cf G. Sidéris, 2000.


VIII / GOÛT
Continuité de cette caractérisation de l'homosexualité, d'Achille Tatius à Paul Valéry, pour le moins. Cf DFHM.


IX / HELLÉNISMES ET LATINISMES

Pour rester plus proche des textes originaux, j'utilise, en italiques dans le Corpus :

1/ les hellénismes androgyne, cinède, cinédologue, éraste, éromène, éros, érotique, paidika, paidéraste, paidérastie, paidomane, paidomanie, paidophile, philogyne, philomeire, philopaide ;

2/ les latinismes amateur, cinède, délicat, délices, efféminé, exolète, impudicité, impudique, patient, pédicateur, sodomite.

La traduction de certains de ces termes reste encore controversée.


X / HOMMES LIBRES ET ESCLAVES

Solon avait interdit aux esclaves d’aimer les enfants mâles. (Plutarque)
Gymnases interdits aux esclaves chez les Crétois. (Aristote).
Artémidore : être passif en songe avec un esclave est de mauvaise augure.
Eschine : amour des garçons interdit aux esclaves ; il n'est pas interdit à l'homme libre de s'unir à un
garçon.
Pline le Jeune : lettre d’amour adressée par Cicéron à l’esclave Tiro.
Plutarque : les Romains s’abstenaient des garçons de naissance libre.
Polybe : achat de beaux esclaves après la guerre contre Persée.
Sénèque le Père : l'impudicité est un crime pour l'homme libre, une nécessité pour l'esclave.
Sénèque le Jeune : esclave glabre qui sert le vin, et qui est un jules dans la chambre.
Sextus Empiricus : stupre avec un homme libre interdit par la loi chez les Romains.
Stace : consolation pour la perte d’un esclave favori.
Tertullien : sans le savoir, un Romain se sert de son fils comme d'un petit esclave grec.
Valère Maxime : condamnations pour propositions faites à des hommes libres.
L’affirmation selon laquelle l’homosexualité chez les Romains n’était tolérée qu’entre homme libre et
esclave est souvent reprise au XXe siècle : Paul Veyne, Beert Verstraete.


XI / INNÉ / ACQUIS

Voir Parménide, Hippocrate, Aristote, Ptolémée, Eusèbe de Césarée, Lactance, Firmicus Maternus et
Célius Aurélien.
Aux XIXe et XXe siècles, opposition entre les tenants du troisième sexe (Ulrichs, Hirschfeld, Marcel
Proust), et les théories psychanalytiques ou existentialistes.


XII / LISTES DE PERSONNAGES (PROSOPOGRAPHIE)

Plusieurs inventaires de personnages homosexuels furent dressés dès l'Antiquité par Xénophon d'Athènes (vers -428 / vers -355), Martial (vers 40 / 102), Élien (vers 175 / vers 235), Arnobe (vers 240 / vers 304) et Julius Firmicus Maternus (IVe siècle). On en retrouve chez Christopher Marlowe et dans les écrits libertins, notamment français, des XVIIe et XVIIIe siècles. Ces listes ont été complétées et actualisées au milieu du XIXe siècle par les Allemands Ulrichs et Benkert. Aujourd'hui, des ouvrages entiers offrent des listes d'homosexuels célèbres, avec plus ou moins de sérieux.
Éros a ses héros dans l'histoire : Socrate, Alcibiade, les tyrannicides Harmodius et Aristogiton (Aristote, Démosthène, Thucydide), César (Cf Calvus, Catulle, Dion Cassius, Macrobe, Suétone et Tacite), Néron, Antinoüs et Hadrien (Ammien Marcelin, Athénée, Dion Cassius, Justin, Pausanias, Spartianus), et alii.


XIII / LOI SCANTINIA

Problème posé par Sextus Empiricus, Ausone, Cicéron, Juvénal, Martial, Plutarque, Prudence, Quintilien, Suétone, Tertullien et Valère Maxime.
A supposer qu'elle ait existé, il semble qu'elle ait été dirigée contre la pédophilie homosexuelle (sexualité avec des garçons impubères) plutôt que contre l'homosexualité per se ; peut-être aussi contre le viol ou la passivité des hommes libres. Elle était en tout cas tombée en désuétude au début de l'ère chrétienne ; il se serait agi d'une peine d'amende, et en aucune façon d'une peine de mort comme dans le Lévitique.

Législation impériale : Corpus Juris Civilis. Ensuite : Bréviaire d'Alaric II, Capitulaires, droit coutumier anglais et français.


XIV / MALADIE

Explication par une anomalie de latéralité à la conception : Parménide, Lactance et Célius Aurélien.
Voir aussi Aristote, Célius Aurélien (vice d'un esprit corrompu), Procope et Albert le Grand.
Martin Le Maistre au XVe siècle.
Médecine légale française du début XIXe siècle (Mahon, Orfila, et alii.)
Psychiatrie européenne des XIXe/XXe siècles ; contredite par Freud.
Génétique de la fin du XXe siècle (elle cherche un gène, mais ne trouve rien).
Le quotidien Le Monde annonça que l'Association Psychiatrique Américaine avait modifié sa définition de l'homosexualité, alors que le changement avait consisté à retirer purement et simplement
l'homosexualité de la liste des pathologies ; cela fut très dur d'obtenir une rectification ; j'ai dû faire intervenir un psychiatre américain.
ASSOCIATION PSYCHIATRIQUE AMÉRICAINE : « L’homosexualité en elle-même et par elle-même n’impliquant aucune altération dans le jugement, la stabilité, l’honnêteté, ou les capacités professionnelles, qu’il soit donc déclaré que l’Association Psychiatrique Américaine déplore toutes les discriminations publiques et privées envers les homosexuels dans des domaines tels que l’emploi, le logement, l’habitation collective, les patentes, et déclare qu’aucune exigence de discernement, de capacité ou d’honnêteté supérieure à ce qui est demandé aux autres personnes ne devrait être imposée aux homosexuels. » Communiqué du 15 décembre 1975 [ma traduction].

XV / "MARIAGES" MASCULINS

XVI / MICROCOSME, MILIEU, MODE

Les Anciens avaient perçu que l'amour masculin entraînait la formation d'un milieu social et l'élaboration d'un mode de vie particulier (Juvénal, Théodoret de Cyr et Bernardin de Sienne) ; on s'interrogeait et on mettait en cause les gymnases (Platon, Cicéron, Plutarque, Tacite, Clément d'Alexandrie), et les écoles de danse (Macrobe) et les fêtes (Philon, Libanios).
Bacchanales, mystères dionysiaques de grande Grèce, transportées ensuite en Étrurie puis à Rome ; orgies secrètes comportant des relations homosexuelles ; nombreuses condamnations après les révélations d'une affranchie, et interdiction en -186 ; répression sévère aux environs de Tarente (Pouilles) en -184 (Tite-Live).
Étuves-bains, backrooms (Londres, début XIXe siècle au plus tard), Ligues d'amour en Russie au début du XXe siècle. Bains et saunas à Paris ; orgies du Fhar (Paris, 1971-1973) ; bars video, espaces de drague, dark rooms et labyrinthes.
Assimilation à un phénomène de mode (Aristophane, Achille Tatius, Jean Chrysostome). Expression vice à la mode sous l'Ancien Régime (1693). En 1726, le vice du cul aurait été "plus à la mode que jamais" (avocat Barbier).
Mythe de l'augmentation ou de la résurgence de ce comportement (Jean Chrysostome, Philon, Libanios, Henri de Clairvaux). Certains Anciens croyaient à la progression quantitative de l'homosexualité : mode (contagion interne) ou contagion extérieure. Mythe du vice étranger (Du Bellay) bien entretenu depuis. Cf Les Flammes de Sodome.


XVII / MYTHOLOGIE ANTIQUE

Abdéros, aimé d'Héraclès (Bibliothèque d'Apollodore)
Achille,amant et aimé de Patrocle (Bion, Homère, Pindare, Platon, Sextus Empiricus, Xénophon)
Admète, aimé d'Apollon (Callimaque, Plutarque) et d'Héraclès (Plutarque)
Adonis, aimé de Dionysos (Phanoclès, Platon le Comique)
Agamemnon, amant d'Argennos (Athénée, Properce)
Alcyonée, aimé d'Eubarytos (Antoninus Liberalis)
Ameinias, amant de Narcisse
Ampélos, aimé de Dionysos (Ovide, Pausanias)
Apollon, aima Admète, Branchos, Carnos, Cyparissos, Hélénos (Ptolémée), Hyacinthe (Arnobe, Clément d'Alexandrie, Firmicus Maternus, Hygin), Leucatas (Servius), Phoibos (Plutarque)
Argennos, aimé d'Agamemnon
Branchos, aimé d'Apollon (Lucien)
Calaïs, aimé d'Orphée (Phanoclès)
Calamos, uni d'amour à Carpos
Carnos, aimé d'Apollon
Carpos, uni d'amour à Calamos
Chrysippe, aimé de Laïos (Arnobe, Dion de Pruse, Elien, Euripide, Pisandre, Platon), d'Oedipe, de Thésée (Hygin)
Cycnos [roi de Lygurie], ami de Phaéton,
Cycnos [fils d'Apollon), aimé de Phylios
Cyparisse, aimé d'Apollon (Ovide)
Daphnis, aimé de Pan (Méléagre)
Dionysos, aimé de Polymnos (Clément d'Alexandrie, Pausanias), aima Ampélos
Endymion, aimé d'Hypnos
Euphorion, aimé de Zeus (Ptolémée)
Eurybatos, amant d'Acyonée
Eurysthée, aimé d'Héraclès (tradition alexandrine)
Ganymède [Aquarius, Verseau], aimé de Zeus (Bibliothèque d’Apollodore, Apulée, Aristide, Athanase d'Alexandrie, Clément d'Alexandrie, Eusèbe de Césarée, Firmicus Maternus, Homère, Hymnes homériquesHygin, Ibycos, Justin, Lactance, Lucien, Minucius Felix, Ovide, Phanoclès, Pindare, Platon, Plaute, Properce, Tatien, Virgile),
Ganymède [Aquarius, Verseau], aimé de Minos (Athénée) et de Tantale (Eusèbe).
Hélénos, aimé d'Apollon (Ptolémée)
Héraclès amant d'Abdéros, d'Admète, d'Eurysthée, d'Hylas (Apollonios de Rhodes, Arnobe, Bibliothèque d'Apollodore, Clément d'Alexandrie, Firmicus Maternus, Hygin, Théocrite, Théognis), de Iolaos (Plutarque)
Hespéros, amant d'Hyménaeos
Hyacinthe, aimé d'Apollon, de Thamyris (Bibliothèque d'Apollodore), de Zéphyr
Hylas, aimé d'Héraclès
Hyménaeos, aimé d'Hespéros
Hypnos, amant d'Endymion
Iolaos, aimé d'Héraclès
Laïos, amant de Chrysippe
Leucatas, aimé d'Apollon
Leucocamas, aimé de Promachos (Conon)
Mélès, aimé de Timagoras (Pausanias)
Milétos, aimé de Minos et de Sarpédon (Bibliothèque d'Apollodore)
Minos, amant de Ganymède, de Milétos et de Thésée (Athénée)
Narcisse, aimé de Ameinias
Oedippe, amant de Chrysippe
Orphée, amant de Calaïs
Pan, amant de Daphnis
Patrocle, amant et aimé d'Achille
Pélops, aimé de Poseidon (Arnobe, Clément d'Alexandrie, Pindare)
Phaéton, ami de Cycnos
Phoïbos, aimé d'Apollon
Phylios, amant de Cycnos
Pirithous, amant et aimé de Thésée (Bion)
Polymnos, amant de Dionysos
Poséidon, amant de Pélops
Promachos, amant de Leucocamas
Sarpédon, amant de Milétos
Rhadamanthe, amant de Talos (Ibycos)
Talos, aimé de Rhadamanthe
Tantale, amant de Ganymède (Eusèbe)
Thamyris, amant de Hyacinthe (Bibliothèque d'Apollodore)
Thésée, amant et aimé de Pirithous, amant de Chrysippe, aimé de Minos
Timagoras, amant de Mélès
Zéphyr, amant de Hyacinthe
Zeus, amant de Ganymède et d'Euphorion

Études de Marc Daniel [Michel Duchein] et de Bernard Sergent.


XVIII / NOTIONS ANCIENNE ET MODERNE D'HOMOSEXUALITÉ ANIMALE ET HUMAINE
" Pour les Grecs, Éros préside en premier lieu à l'attachement passionné  d'un homme pour un garçon, et Aphrodite aux relations sexuelles d'un homme avec une femme. " (R. Flacelière, L'Amour en Grèce, chapitre II).
La lecture des CCLV et quelques auteurs et textes que j'ai recensés permet de constater que l'Antiquité n'opposait pas simplement l'actif au passif – opposition qui n'a d'ailleurs pas disparu aujourd'hui ; chez Platon, Martial et Ptolémée notamment, on relève des distinctions suivant l'âge de l'aimé (enfant, adolescent, adulte). La notion d'homosexualité masculine – ou amour et désirs masculins pour le même sexe – était acquise, et il existait de nombreux termes ou expressions pour l'exprimer, et l'opposer à l'amour des femmes (hétérosexualité masculine) ; de nombreux auteurs parlent d’amour, ce qui est bien plus élégant que l’expression actuelle de "pratiques sexuelles", soit dit en passant :

En grec :
amours masculines (Agathias)
ce caractère (Aristophane)
éros, érotique, amour des mâles, amour masculin/amour des femmes (Aristote)
union masculine, amours de garçons/liaisons féminines, sorte d'amour, philomeire/philogyne, gynécomanie/paidomanie (Athénée)
philopaide (Callimaque)
union avec la femme/union avec un homme (Constitutions apostoliques)
commerce des mâles (Diodore de Sicile)
érotique, cinédologue, philopaide (Diogène Laërce)
autre éros ; ambidextre (Euripide)
union naturelle/union de mâle à mâle (Josèphe Flavius)
amour masculin (Justin)
amour des femmes/amour des mâles, hétérochrotas (pseudo-Lucien)
gynécomanie, Cypris/Éros, désir pour les mâles (Méléagre)
pandémos/ourania, amour vulgaire/amour céleste (Platon) ; cf uranisme.
éros, genre d'amour, amour légitime/amour des garçons, gynécomanie/paidomanie, porté à l’érotique (Plutarque)
ceux qui aiment les paidika/ceux qui aiment les femmes et les jeunes filles (Plutarque)
passion pour les femmes/union masculine (Ptolémée)
amour masculin (Sextus Empiricus)
philopaide (Straton de Sardes et Théocrite)
paidéraste, porté à l'éros (Xénophon d'Athènes)

En latin :
amour pour les mâles (Achille Tatius)
virosus, porté sur les mecs (Aullu-Gelle)
fils appartenant aux genres féminin et neutre ; vice bi-masculin (Ausone)
deux formes d'amour (Célius Aurélien)
amour d'amitié [amor amiticiae] (Cicéron)
paidérastie (Lucilius)
vice sodomitique ( rapports sexuels avec le sexe non complémentaire [non debitum], par exemple homme avec homme ou femme avec femme) (Thomas d’Aquin).

La distinction suivant le sexe de la personne aimée était non seulement faite par les Anciens, mais encore discutée dans des dialogues. Le dialogue est le genre à la fois rationaliste et démocratique par excellence.
Prodicos de Céos (-Ve siècle) : dialogue entre Vertu et Dépravation ; recours à des artifices en faisant
jouer aux hommes le rôle des femmes ; jeunes garçons dont l'amour te donnera la plus grande joie (cf
Xénophon d'Athènes).
Platon, Symposium.
Xénophon, Symposium.
Plutarque, Sur l'Amour.
pseudo-Lucien : Chariclès contre Kallicratidas ; l'amour masculin relève d'un esprit philosophique.

Les Anciens discutaient aussi de l'homosexualité des animaux (voir plus haut, IV, CONTRE NATURE).

Chez les modernes :
Cf mon DFHM et l’entrée Knabenliebe de l’Index Nietzsche).


XIX / PHILOSOPHES

Dès ses débuts, la philosophie a été dotée d'une certaine image homosexuelle ; voir Athénée et Diogène Laërce. Le premier couple connu est celui formé par les philosophes présocratiques Parménide d'Élée et Zénon d'Élée (Platon).
Viennent ensuite le sophiste Critias avec Euthydème (Xénophon).
Polémon était épris de Xénocrate (Diogène Laërce IV, 19), mais il aima également Cratès (Diogène Laërce IV, 21).
Il y a, bien sûr, Socrate et Alcibiade (Platon), Socrate et Isocrate (Platon), Socrate et Archélaos d'Athènes (Diogène Laërce II, 10)).
Zénon de Citium était épris de Chrémonidès (Diogène Laërce VII, 17) ; Crantor de Soles l'était d'Arcésilas de Pitane (Diogène Laërce IV, 29 ; Eusèbe de Césarée) qui était lui-même, et comme Cléon (Diogène Laërce V, 76), épris de Démétrios de Phalère (Diogène Laërce IV, 41). Autres couples connus, Ménédème d'Érétrie et Asclépiade (Diogène Laërce II, 137), Mélanthios de Rhodes et Eschine de Naples (Diogène Laërce II, 64).

On attribue à Platon plusieurs aimés : Agathon (Élien), Alexis (Diogène Laërce III, 31), Aster (Diogène Laërce III, 29), Dion (Élien ; Diogène Laërce III, 30) et Phèdre (Diogène Laërce III, 31).
À Aristote, un seul : Hermias d'Atarnée (Diogène Laërce V, 3).

Théophraste était amoureux du fils d'Aristote, Nicomaque (Diogène Laërce V, 39).
Athénée écrivait : " Vous autres philosophes, qui faites des choses si étranges contre la nature " (XIV, 605d). Aux yeux des Latins, les philosophes grecs sont les "idéologues" de ce milieu pédérastique ; cf Cicéron, Tusculanes.

Les mœurs de Socrate furent évoquées par de nombreux auteurs modernes dont les suivants :
Franco (1579) ; Montaigne (1580, 1588) ; Bénédicti (1599) ; Mlle de Gournay ; La Mothe Le Vayer (1630) ; Cyrano de Bergerac ; Fraguier (1723) ; Anecdotes, 1733 ; d'Argens (1744) ; Grou (1762) ; Voltaire (1764) ; Larcher (1765), etc.
L’expression amour philosophique est apparue au XVIe siècle (cf DFHM).
La définition homosexuelle de l'amour par Aristote (Seconds analytiques, II, xxii, 68a40-69b8) fut remarquée par le psychanalyste français Jacques Lacan (1901-1981) lors d’un de ses séminaires.


XX / PURETÉ DE CET AMOUR

Platon, Banquet.
Plutarque, Sur l’amour : 750b : Protogène : je suis hostile non à Éros mais à la luxure ; 750c : l’Éros véritable n’a rien à voir avec les femmes ; 750d : Éros qui s'attache à une âme jeune et bien douée aboutit à la vertu par le chemin de l'amitié [origine de l'expression "le sentier de la vertu"] ; 751a : Protogène : il n'y a qu'un Éros authentique, celui des paidika [cité par Montaigne] ; 751b : Solon avait interdit aux esclaves d'aimer les enfants mâles ; Daphné ; le critère du mec érotique ; il s'est introduit dans les gymnases à la faveur de la nudité [cité par Van Limburg].
Pseudo-Lucien, Les Amours : 49 : on devrait aimer les jeunes comme Alcibiade a été aimé par Socrate ; 51 : Théomneste : la paidérastie ne devrait être permis qu'aux sages ; 53 : Théomneste admire la solennité des discours suscités par cette paidérastie.
Chateaubriand : « Théomneste rit de la prétendue pureté de l’amour philosophique, et finit par la peinture d’une séduction dont les nudités sont à peine supportables sous le voile de la langue grecque
ou latine. »


XXI / CONTINUITÉ DES SIGNES RÉVÉLATEURS

bruits significatifs (Clément d'Alexandrie)
cheveux bouclés (Aristophane)
cheveux longs (Ordéric Vital)
cris (Apulée)
cuisses épilées (Aulu-Gelle)
démarche (Lucien de Samosate, Macrobe, Sénèque le Jeune)
épilation (Épictète, Martial, Properce)
gestes et attitudes (Adamantius, Anthologie grecque, Ennodius, Sénèque le Rhéteur,
Philostrate, Traité de physiognomonie)
gratter sa tête avec un seul doigt (Ammien Marcellin, Calvus, Juvénal, Plutarque, Sénèque le
Père, Sénèque le Jeune)
isolement et marginalité (Anthologie Palatine, XI) ; et depuis Raffalovich.
langage (Sénèque le Jeune, Zénodote d'Éphèse)
mouvements féminins (Columelle)
regard (Sénèque le Jeune, Lucien de Samosate, Philostrate, Salvien)
rubans (Salvien)
tenir les bras de travers (Adamantius, Traité de physiognomonie)
tuniques à manches (Aulu-Gelle, Cicéron, Polémon, Suétone, Virgile)
couleur : vert à Rome ; amour noir (Villon) ; l’œillet 1890-1894 ; lavender ; triangle rose, zone bleue ; russe голубой ; arc-en-ciel.
voix (Adamantius, Juvénal, Sénèque le Rhéteur, Traité de physiognomonie).

Depuis : Virey, Casper ; Goncourt, Journal, 3 juin 1862 : " Correspondance déjà remarquée par les médecins entre les organes génitaux et les organes vocaux, entre le larynx et les sens. "
Ibid, 22 décembre 1889 : " On cause pédérastie, et Huysmans dit que les pédérastes ne se reconnaissent pas tant à l'invite de l'oeil, à la tendance aux attouchements caressants, qu'à un certain aigu et féminisé dans la voix, qui doit tenir à la corrélation de la gorge avec les organes génitaux et au détournement de fonction de ces derniers. "
Marcel Jouhandeau dans Ces Messieurs.


XXII / VICE D'ALTÉRITÉ, VICE ÉTRANGER

Sur les Sodomites (habitants de Sodome, aujourd'hui Sedom) : quasiment tous les auteurs chrétiens.
Sur les Celtes : Aristote, Diodore de Sicile, Strabon et Athénée, .
Sur les Germains : Tacite, Sextus Empiricus, Ammien Marcellin, Procope.
Sur les Gaulois : Eusèbe de Césarée.
Sur les Perses : Hérodote, Xénophon d'Athènes, Plutarque et Sextus Empiricus ; mais opinion contraire d'Ammien Marcellin.
Sur les Crétois : Aristote, Athénée, Cornélius Népos, Élien, Maxime de Tyr, Platon, Plutarque, Servius, Sextus Empiricus, Strabon et Timée.
Sur les Grecs, du point de vue des Romains : Cicéron, Cornélius Népos, Pline l'Ancien, Pline le Jeune et Sénèque le Jeune.
Sur les Massaliotes (habitants de Massalia, aujourd'hui Marseille) : Plaute, Athénée.
Sur les Païens, du point de vue des Chrétiens : Aristide, Athanase d'Alexandrie, Clément d'Alexandrie, Cyprien de Carthage, Eusèbe de Césarée, Justin, Lactance, Firmicus Maternus, Minucius Felix, Orose, Salvien, Tatien, Tertullien.
Sur les Normands et Français : l'Anglais Giraldus de Cambrie.
Sur les Auvergnats : Raoul Glaber.

Toute l'Antiquité se trouve aujourd'hui dotée d'une forte image homosexuelle. Depuis, dénonciations protestantes des vices des "bougres" catholiques aux XVIe et XVIIe siècles. Stigmatisations nationalistes du "vice italien" au XVIe siècle, du "vice arabe" au XIXe siècle, du "vice allemand" par des Français aux alentours de 1900, et à la Libération (1945-1946), du "vice anglo-saxon" par Édith Cresson, avant qu'elle soit premier ministre, en 1991.


mardi 18 octobre 2016

CES PETITS GRECS...

TABLE DES CCL ET QUELQUES AUTEURS

Aristote, marbre, copie de l'époque impériale (Ier ou
IIe siècle) d'une sculpture en bronze faite par Lysippe


Mes publications antérieures sur papier en auto-édition :

Tableau synoptique de références à l'amour masculin : auteurs grecs et latins
1986
ISBN 2-86254-013-7

repris et augmenté dans

Ces Petits Grecs ont un faible pour les gymnases : l'amour masculin dans les textes grecs et latins
1988
ISBN 2-86254-015-3

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Introduction : Constantes et trajectoires


Côté femmes :

Sandra Boehringer, L'Homosexualité féminine dans l'Antiquité grecque et romaine,  Paris : Les Belles Lettres, 2007 ; collection d'études anciennes, série grecque.



* * * * *


ABBON DE ST GERMAIN DES PRÉS // ACHILLE TATIUS D'ALEXANDRIE // ADAMANTIUS // AELRED DE RIEVAUX // AGATHIAS // ALAIN DE LILLE // ALBERT LE GRAND // ALCÉE DE MYTILÈNE // ALCIPHRON //ALCUIN // ALEXANDRE DE HALES // ALEXANDRE NECKAM // ALTERCATION ENTRE GANYMÈDE ET HÉLÈNE // ALVARUS PELAGIUS // AMBROISE // AMMIEN MARCELLIN // ANACRÉON // ANSELME DE CANTORBERY // ANSELME DE LAON // ANTHOLOGIE GRECQUE // ANTONINUS LIBERALIS // APOLLONIOS DE RHODES // APULÉE // ARISTIDE // ARISTOPHANE // ARISTOTE // pseudo-ARISTOTE 1 // pseudo-ARISTOTE 2 // ARNOBE // ARTÉMIDORE D'ÉPHÈSE // ATHANASE D'ALEXANDRIE // ATHÉNAGORAS // ATHÉNÉE DE NAUCRATIS // AUGUSTIN // pseudo-AUGUSTIN // AULU-GELLE // AURÉLIUS VICTOR // pseudo-AURÉLIUS VICTOR // AUSONE // AVITUS.

Les plus importants de ces 39 auteurs ou textes semblent être :
Achille Tatius pour son roman, Leucippé et Clitophon, comportant quelques personnages que l'on peut aujourd’hui décrire comme homosexuels.
Albert le Grand, pour sa définition clairement homosexuelle (hommes comme femmes) de sodomia, ce qui contredit définitivement la thèse constructiviste absurde selon laquelle l'identité homosexuelle et la notion d'homosexualité seraient apparus en 1868 avec le mot allemand homosexual, néologisme longtemps attribué par les mêmes à un psychiatre...

Dans l'Altercation, Ganymède considère que seuls les paysans devraient s'adresser aux femmes.
Mais pour Anselme de Laon, coucher avec un mâle est une injure à la raison.
Aristophane, pour ses comédies Les Cavaliers, Les Nuées et Les Oiseaux, entre autres.
Aristote, surtout Politique, livres II et V, et Ethique à Nicomaque, où se trouve une recherche sur l'origine des amours masculines : nature ou habitude ? ; par ailleurs Aristote avait attentivement observé l'homosexualité animale, ce qui aurait été impossible sans la notion d'homosexualité.
Athénée, notamment le célèbre livre XIII des Sages attablés, ou il nous dit que " beaucoup préfèrent les amours de garçons aux liaisons féminines "...


BASILE DE CÉSARÉE // BAUDRI DE BOURGUEIL // BÈDE LE VÉNÉRABLE // BENOÎT DE NURSIE // BERNARD DE CLAIRVAUX // BERNARDIN DE SIENNE // BIBLIOTHEQUE D'APOLLODORE // BION // BONAVENTURE // BURCHARD DE WORMS.

À noter parmi ces 10 auteurs ou texte :
Bernardin, qui décrit de façon étonnamment moderne (avec une préfiguration du coming out) une évolution en six étapes de la personnalité homosexuelle,
Burchard qui indique les pénitences alors encourues.


CALLIMAQUE // CALVUS // CAPITULAIRES DES ROIS DES FRANCS // CARMINA PRIAPEA // CATHERINE DE SIENNE // CATULLE // CÉLIUS AURÉLIEN // CÉSAR // CICÉRON // CLÉMENT D'ALEXANDRIE // CODE // COLOMBAN // COLUMELLE // CONCILES ET SYNODES // CONSTITUTIONS APOSTOLIQUES // CORPUS GLOSSARIORUM LATINUM // CYPRIEN DE CARTHAGE.

17 auteurs ou œuvres anonymes. Cicéron : Discours, avec l'usage politique de l'accusation d'homosexualité ; République et Tusculanes (interrogation sur la nature de cet amour d'amitié) ; Clément d'Alexandrie (Le Pédagogue et Exhortations aux Grecs) est également un auteur majeur pour la question. Dans les Capitulaires, l'empereur chrétien Charlemagne établit la peine de mort pour les luxures sodomitiques (année 803).

Le Concile de Naplouse (1120) recommandait de brûler l'adulte sodomitique, actif ou passif. Un peu plus tard, on sera plus indulgent pour les clercs.


DÉMOCRITE // DÉMOSTHÈNE // DENIS D'HALICARNASSE // DIDACHÉ // DIGESTE // DINARQUE // DIODORE DE SICILE // DIOGÈNE LAËRCE // DION CASSIUS // DION DE PRUSE (ou CHRYSOSTOME) // DONAT // DOUBLES DITS.

12 auteurs ou textes. Dans les Vies de Diogène Laërce, premier Bottin de l'amour masculin (sauf erreur), voir notamment les livres II (les Socratiques et leurs disciples) et IV (l'Académie) à VII (les Stoïciens). Selon Démocrite, " Éros est légitime quand il poursuit sans excès les belles choses ".


ÉLIEN // ENNODIUS // ÉPICTÈTE // ÉPICURE // ÉPIPHANE DE SALAMINE // ÉPITRE DE BARNABÉ // ESCHINE D'ATHÈNES // ESCHYLE // ÉSOPE // EUNAPE DE SARDES // EURIPIDE // EUSÈBE DE CÉSARÉE // ÉVAGRE LE SCOLASTIQUE.

13 auteurs ou textes. À noter le discours Contre Timarque d'Eschine. Dans les Histoires variées, Élien attribue à Laïos l'invention de l'amour des garçons. Eusèbe de Césarée note que Moïse prescrit le contraire de Platon quand il punit la pédérastie dans le Lévitique.


FESTUS // FIRMICUS MATERNUS // FLETA.

3 auteurs ou texte. Firmicus (pour sa liste de couples grecs célèbres, encore un indice de la notion d'identité homosexuelle masculine) seul auteur notable ici.


GALIEN // GAUTIER DE CHÂTILLON // GERSON // GILLES DE CORBEIL // GIRALDUS DE CAMBRIE // GRATIEN // GRÉGOIRE DE NYSSE // GRÉGOIRE DE TOURS // GRÉGOIRE LE GRAND // GRÉGOIRE III // GRÉGOIRE IX // GUIBERT DE NOGENT.

12 auteurs.
GERSON (1363-1429), théologien et mystique : "La quatrième partie du péché contre nature est si des hommes ont compagnie les uns des autres au fondement ou ailleurs. Ou les femmes les unes des autres par détestables et horribles façons qui ne se doivent nommer ni écrire ; ou les hommes des femmes, en lieux non naturels."
Le pape Grégoire le Grand (vers 540-604) évoque la peine du feu qui ne sera systématiquement appliquée en Europe qu'à partir du XIIIe siècle. Voir ma note sur les procès de sodomie.


HELGAUD // HENRI DE CLAIRVAUX // HÉRACLITE (l'érudit du 1er siècle) // HÉRODIEN // HÉRODOTE // HÉSIODE // HÉSYCHIUS D'ALEXANDRIE // HILDEBERT DE LAVARDIN // HINCMAR DE REIMS // HIPPOCRATE // HIPPOLYTE DE ROME // HISTOIRE AUGUSTE // HOMÈRE // HORACE // HORAPOLLON // HYGIN // HYMNES HOMÉRIQUES // HYPÉRIDE.

18 auteurs ou textes. Homère (le plus ancien auteur européen) pour l'histoire de Jupiter et Ganymède, et pour celle d'Achille et Patrocle – et Horace, qui disait éprouver des passions pour mille filles, mille jeunes garçons, sont évidemment très importants.


IBYCOS // INSTITUTIONS // ION DE CHIOS // ISOCRATE.

Les Institutions appartiennent au Corpus Juris Civilis romain.


JACQUES DE VITRY // JACQUES DE VORAGINE // JAMBLIQUE // JEAN CASSIEN // JEAN CHRYSOSTOME // JEAN DAMASCÈNE // JEAN DE SALISBURY // JÉRÔME // JOSÈPHE FLAVIUS // JULIEN L'APOSTAT // JUSTIN // JUVÉNAL.

12 auteurs. On peut noter la Correspondance de Jérôme (adultère ou sodomite, le mari reste le mari) et surtout les Satires de Juvénal (livres II et IX).


LACTANCE // LETTRE D'ARISTÉE // LIBANIOS // LONGUS // LUCAIN // LUCIEN DE SAMOSATE // pseudo-LUCIEN // LUCILIUS // LUCRÈCE // LYSIAS.

10 auteurs ou texte. Se détachent le discours Contre Silvanus de Libanios et les Amours du pseudo-Lucien. Noter chez Longus la caractérisation de Gnathon comme "pédéraste par nature", dans son roman Daphnis et Chloë ; encore un indice de la notion d'identité homosexuelle bien antérieure au XIXe siècle franco-allemand.


MACROBE // MALALAS // MARBODE DE RENNES // MARC AURÈLE // MARTIAL // MAXIME DE TYR // MÉLÉAGRE // MINUCIUS FELIX // MOSCHOS // pseudo-MOSCHOS // MUSONIUS RUFUS.

11 auteurs. Voir les Épigrammes de Martial, notamment les livres II, III, VI et XI.


NÉPOS // NICÉPHORE CALLISTE XANTHOPOULOS // NICOLAS DE CLÉMANGES // NONIUS MARCELLUS // NONNOS DE PANOPOLIS // NOVELLES.

6 auteurs ou texte.


ORACLES SYBILLINS // ORDÉRIC VITAL // ORIGÈNE // OROSE // OVIDE.

5 auteurs ou texte. Voir l'histoire d'Orphée dans le livre X des Métamorphoses d'Ovide. Ovide fut probablement lu par l'apôtre Paul ; on trouve dans les Métamorphoses, VII, 20 : " La passion me conseille une chose, la raison une autre. Je vois le bien et je l'approuve, et c'est au mal que je me laisse entraîner. " Et dans les Épîtres aux Romains de Paul, VII, 15 : " Mes actes je ne les reconnais pas, car ce que je veux je ne le pratique pas, mais je fais ce que je déteste. " Déjà dans Euripide, Médée, vers 1077-80 : "Je succombe à mes maux. Oui, je sens le forfait que je vais oser ; mais la passion l'emporte sur mes résolutions, et c'est elle qui cause les pires maux aux humains." (paroles de la mère qui va tuer ses enfants) ; Sénèque, Phèdre, autour du vers 373 à propos de son amour coupable, et ailleurs... Paul était un personnage cultivé - il lisait Euripide (mais il ne cite pas ce passage).


PARMÉNIDE // PARTHÉNIOS // PAUL (l'apôtre) // pseudo PAUL // PAUL (le juriste) // PAUL ÉVERGETINOS // PAUSANIAS // PÉNITENTIEL ROMAIN // PERSE // PÉTRONE // PHANOCLÈS // PHÈDRE // PHILON D'ALEXANDRIE // pseudo-PHILON // PHILOSTRATE // pseudo-PHOCYLIDE // PIERRE DAMIEN // PIERRE LE CHANTRE // PINDARE // PISANDRE DE CAMIRUS // PLATON // PLAUTE // PLINE L'ANCIEN // PLINE LE JEUNE // PLOTIN // PLUTARQUE // pseudo-PLUTARQUE // POLEMON // POLLUX // POLYBE // POLYEN // PORPHYRE // PROCOPE DE CÉSARÉE // PRODICOS DE CÉOS // PROPERCE // PRUDENCE // PTOLÉMÉE.

35 auteurs. Il est souhaitable de connaître le Satyricon, roman de Pétrone, et son célèbre personnage Giton ; ce roman inspira Baudelaire et Verlaine, fut énormément admiré par Nietzsche. Le Banquet ou Symposium de Platon, trop mal compris, est incontournable. Voir aussi le Dialogue sur l'amour de Plutarque, les Épîtres de Paul et les considérations astrologiques de la Tétrabible de Claude Ptolémée : "explications" de la pédérastie stricto sensu, de la bisexualité, de l'androphilie.
Dans le théâtre de Plaute, cette question proustienne : "prends-tu tout le monde pour des cinèdes parce que tu l'es ?" révélatrice pour la question de l'identité, tout comme le vocabulaire de Plutarque, et très gênante pour les constructivistes.


QUINTE-CURCE // QUINTILIEN // PSEUDO-QUINTILIEN.

Voir De l'Institution oratoire, de Quintilien, livres I et II.


RABAN MAUR // RAGUEL // RAOUL GLABER // REGINO DE PRUM // RICHARD DE DEVIZES // RUPERT DE DEUTZ.

6 auteurs. Voir les Histoires de son temps de Raoul Glaber pour la corruption des Francs par les Auvergnats.


SALLUSTE // SALVIEN // SÉNÈQUE LE PÈRE // SÉNÈQUE LE JEUNE // SERVIUS // SEXTUS EMPIRICUS // DE SODOMA // SOPHOCLE // SOUDA // SPARTIANUS // STACE // STOBÉE // STRABON // STRATON DE SARDES // SUÉTONE.

15 auteurs ou textes. A retenir : le grand Sénèque le Jeune, les Esquisses de Sextus (quelques passages dans les livres I et III) et bien sûr la Vie des douze Césars de Suétone (10 sur 12 ...).


TACITE // TATIEN // TÉRENCE // TERTULLIEN // TESTAMENT DES DOUZE PATRIARCHES // THÉOCRITE // THÉODORET DE CYR // THÉODOSE // THÉODOSE II // THÉODULFE D'ORLÉANS // THÉOGNIS DE MÉGARE // THÉOPHANE LE CONFESSEUR // THOMAS D'AQUIN // THUCYDIDE // TIBULLE // TIMÉE // TITE-LIVE // TRAITÉ DE PHYSIOGNOMONIE.

18 auteurs ou textes. À noter les poésies de Théocrite et de Théognis de Mégare (notamment le livre II), le Second statut diocésain de Théodulfe d'Orléans (pour l'égalité des "crimes" commis entre femmes avec ceux commis entre hommes) et le livre XXXIX de l'Histoire de Rome de Tite-Live.


VALÈRE MAXIME // VINCENT DE BEAUVAIS // VIRGILE // VULGATE (Bible en latin).

Noter évidemment les Bucoliques de Virgile ; la seconde églogue, traduite en français en 1543, raconte l'histoire d'Alexis et de Corydon.


XÉNOPHON D'ATHÈNES // XÉNOPHON D'ÉPHÈSE // XILIPHINOS LE JEUNE .

Voir en particulier le Banquet de Xénophon d'Athènes.


YVES DE CHARTRES.

Sa correspondance, citée par John Boswell, informe sur l'homosexualité à Tours et à Orléans. Condamnation dans ses Décrets.


ZÉNODOTE D'ÉPHÈSE // ZOSIME.

* * * * *

« Le domaine des amours masculines a bien pu être "libre" dans l'Antiquité grecque, beaucoup plus en tout cas qu'il ne l'a été dans les sociétés européennes modernes; il n'en demeure pas moins que l'on voit se marquer très tôt des réactions négatives intenses et des formes de disqualification qui se prolongeront longtemps. »
Michel Foucault (1926-1984), L'Usage des plaisirs, (Gallimard, 1984), Introduction, 2, 3.
« L'homme a toujours été pareil à lui-même et nous pouvons en connaître autant sur lui en lisant les auteurs de la Grèce que ceux d'une autre époque. Il n'a pas évolué. »CIaude Lévi-Strauss, Le Figaro, 26 juillet 1993.

Une recherche de constantes perdurant entre l'Antiquité classique et notre temps ne peut donner de bons résultats que si elle s'effectue à partir d'un corpus de textes le plus grand possible ; c'est la "chasse de Pan" du philosophe anglais Francis Bacon. Ramsay MacMullen et Craig A. Williams, notamment, ont déploré que certains, tel le Français Paul Veyne, tirent des conclusions à partir de quelques auteurs seulement – moins d'une dizaine. J’ai recensé environ 255 auteurs, recueils ou textes anonymes, latins et grecs, pour l'Antiquité classique et le Moyen-Âge occidental : parmi lesquels ceux que citaient des auteurs comme Érasme, Montaigne, Montesquieu, Voltaire, Chateaubriand, Vigny, Paul et André Gide (père et fils) ; j’indique ci-dessous les références de quelques travaux érudits plus ou moins récents non mentionnés par Thomas K. Hubbard en 2003 :

F. Jacobs, "Leben und Kunst der Alten II", Vermischte Schriften, 1829.
H. Hössli, Eros - Die Männerliebe der Griechen, ihre Beziehungen zur Geschichte, Erziehung, Literatur und Gesetzgebung aller Zeiten, 1836-1838.
M. H. E. Meier, "Päderastie", Encyclopädie der Widdenschaften und Kunst, volume 9, 1837 ; traduction française 1930 [Hérelle], rééditée en 1952 et 1980.
P. Van Limburg Brouwer, "L'amour des mâles", Histoire de la civilisation morale et religieuse des Grecs, tome 4, 1838.
W. A. Becker, "Die Knabenliebe", Charikles, Bilder altgriechischer Sitte, 1840. Mentionné par André
Gide dans la note manuscrite γ 885-91 comme étant « un recueil de renseignements »
J. A. Symonds, A Problem in Greek Ethics, 1883.
N. Blondeau et F. Noël, Dictionarium eroticum latino-gallicum, I. Liseux, 1885.

Edward Carpenter, IOLÄUS - An Anthology of Friendship, 1902, 1906, 1915.


Raoul Vèze [J. Hervez], Le Baiser en Grèce, 1908
Anonyme, Le Livre d'Amour des Anciens, Bibliothèque des Curieux, 1911, 1928.
Thierry Sandre [Ch. Moulié], Le Treizième livre d’Athénée, 1924.
M. H. E. Meier, "Päderastie", Encyclopädie der Widdenschaften und Kunst, volume 9, 1837 ;
traduction française 1930 [Georges Hérelle], rééditée en 1952 et 1980.
M. H. E. Meier / L. R. de Pogey-Castries [Georges Hérelle], Histoire de l'amour grec, 1930, 1952,
1980.
Marc Daniel [Michel Duchein], Des Dieux et des garçons. Étude sur l’homosexualité dans la mythologie grecque, Paris : Arcadie, 1968.
Daniel Guérin, "Plutarque et l’amour des garçons", Dialogues homophiles, n° 2, mars 1976.
K.J. Dover, Greek Homosexuality, London : 1978, 1980, 1989. Traduction française : Homosexualité grecque, 1982.
John Boswell (1947-1994), Christianity, Social Tolerance and Homosexuality - Gay People in Western Europe from the Beginning of the Christian Era to the Fourteenth Century, Chicago : 1980, 1981.
Michel Foucault, Histoire de la sexualité, tome 1, Paris : Gallimard, 1976, 1984.
Michel Foucault, Histoire de la sexualité, tomes 2 et 3, Paris : Gallimard, 1984.
P. J. Payer, Sex and the Penitentials - The Development of a sexual Code, 1984.
Bernard Sergent, L'Homosexualité dans la mythologie grecque, Paris : Payot, 1984 ; Homosexuality in Greek Myth, 1986.
Bernard Sergent, L'Homosexualité initiatique dans l'Europe ancienne, Paris : Payot, 1986.
E. Cantarella, Secondo natura : La bisessualità nel mondo antico, 1988 ; Bisexuality in the Ancient World, 1992.
K.J. Dover, Aristophane’s Speech in Plato’s Symposium, in Collected papers, 1988 [1966].
John Boswell (1947-1994), " Revolutions, Universals, and Sexual Categories ", in Martin Duberman, Martha Vicinus and George Chauncey, Jr., Hidden from History: Reclaiming the Gay and Lesbian Past, 1989.
William Poole, " Male Homosexuality in Euripides ", in A. Powell, ed., Euripides, Sexuality and Women,
1990.
William A. Percy III, Pederasty and Pedagogy in Archaïc Greece, Urbana : 1996.
Mark. D. Jordan, The Invention of SODOMY in Christian theology, 1997.
Florence Dupont et Thierry Éloi, L’Érotisme masculin dans la Rome antique, 1998, 2001.

Thomas K. Hubbard, Homosexuality in Greece and Rome. A Sourcebook of Basic Documents, University of California Press, 2003. La bibliographie imposante de cet ouvrage, pages 533-547, rend
inutiles les mentions de notre version précédente, sauf quelques cas particuliers (et indications de traductions françaises ou étrangères) que nous avons conservés ci-dessus, comme l’identification de Pogey-Castries = Georges Hérelle, identité inconnue de Hubbard en 2003.

Charles-Raphaël Payeur, SODOME ET GOMORRHE ou le droit à la différence, Sherbrooke (Canada) : Éditions Théosis, 2005.


Le progrès de ce travail dépend maintenant des publications de nouvelles éditions critiques occidentales pour les auteurs concernés. Notre sujet, loin d'avoir été le sujet tabou qu'on a dit trop souvent, est, au contraire, partie intégrante du socle de notre culture – soit les œuvres historiques, littéraires et philosophiques, admirablement claires, de la civilisation gréco-latine.

Ce corpus permet donc de se faire une première idée de l'impact, de l'importance et de la nocivité du christianisme relativement aux libertés, des lexiques grec et latin de l'amour masculin, du statut juridique et moral de cet amour, de la forte intertextualité rencontrée. À la suite de K. J. Dover, (1989, p. 16), j'ai pris le parti de transposer en italique certains hellénismes et latinismes.


L'AMOUR DES GARÇONS (3/4) CHEZ MAXIME DE TYR, PLUTARQUE, ATHÉNÉE, DIOGÈNE LAËRCE et Pseudo-LUCIEN

Une page des Vies parallèles Rome,1470,
collection de l'Université de Leeds.

Avant de lire entre les lignes, il faut lire les lignes (proverbe provincial)


Voir aussi : Platon, Xénophon et Aristote

Martial et Juvénal

Augustin, et alii

Michel Foucault : « Il y a deux âges d’or de la problématisation de l’homosexualité comme monosexualité, c’est-à-dire des rapports entre hommes et hommes, et hommes et garçons. Le premier, c’est celui de la période grecque, hellénistique qui se termine en gros au cours de l’Empire romain. Les derniers grands témoignages en sont : le dialogue de Plutarque, les dissertations de Maxime de Tyr et le dialogue de Lucien. »
« Entretien avec J.P. Joecker, M. Overd et A. Sanzio », Masques, n° 13, printemps 1982.


PLUTARQUE (vers 48 / vers120) biographe et moraliste grec,

Vies parallèles, Collection Budé, Loeb Classical Library :

Agésilas [-444/-360, roi de Sparte] :
II, 1 : lorsqu'il était parmi les garçons élevés ensemble, Lysandre fut son éraste [cf Lysandre, 22] ;
XI, 2 : passion pour Mégabatès encore pais ; 5 : il était tourmenté par son éros pour ce garçon dont il avait refusé un baiser ; [cité par André Gide]
XIII, 2 : Agésilas aida le fils de Pharnabaze en matière d'érotique ; celui-ci s'était épris d'un jeune athlète [cf Xénophon, Helléniques] ;
XX, 6 : sachant qu'Agésipolis était porté à l'érotique, il amenait la conversation sur les garçons en âge d'aimer [relevé par André Gide] ; l'éros lacédémonien n'a rien de honteux et est très décent , comme je l'ai écrit dans ma vie de Lycurge [cité par Lafitau] ;
XXV, 1 : Archidamos était amoureux de Cléonyme encore pais ; XXXIV, 7 : âge du plus grand charme, quand le pais devient andros [relevé par André Gide].

Alexandre [-356/-323, roi de Macédoine], 9 : à Chéronée [août -338] il se jeta le premier sur le bataillon sacré de Thèbes ; 22 : 47 : Éphestion l'aimait ; 67 : donne un baiser à son éromène Bagoas.

Aristide, 2 : rival de Thémistocle pour l'amour du beau Stésiléos.

Caton l'ancien, X, 5 ; XX [cité par Henri Irénée Marrou].

Cicéron, VII, 5 :

Cimon, I, 3-4 : Damon poursuivi par un Romain.

Cléomène, 3 : Xénarès avait été l'amant du roi Cléomène, liaison que les Lacédémoniens appellent inspiration ; 4 ; 37.

Démétrios, 19 : beau garçon rencontré sortant de chez lui ; 24 : mort du beau Damoclès.

Flaminius, XVIII, 3 :

Lycurge [vers -800], 17 : érastes de bonne renommée pour les jeunes à partir de 12-13 ans ; 18 : les érastes partageaient la bonne et la mauvaise réputation des garçons [cf Élien ; cité par André Gide] ; ils tâchaient de rendre leur ami vertueux (1) ; Éros était tellement en honneur chez eux que les femmes les plus honnêtes s'y éprenaient elles-mêmes des jeunes filles ; 25 : les érastes faisaient les achats nécessaires pour ceux qui avaient moins de trente ans.
1. Montesquieu : " Les préceptes de Lycurge et de Socrate sur l'amour pour les garçons, nous font voir le penchant déterminé des Grecs pour ce vice, puisque les législateurs songèrent à faire usage de ce penchant, en le réglant à peu près comme Mme de Lambert et les moraux d'aujourd'hui ont pensé à faire usage de l'amour pour les femmes et de celui des femmes pour les hommes, en purifiant cet amour et en le réglant. Quand un législateur emploie un mobile, il faut qu'il le juge très fort. " (Mes pensées, VIII, xxiii)

Lysandre, 1 : beauté masculine ; 22 [cf Agésilas, II].

Marcellus, 2, 5-8 : propositions insistantes de Scantinius Capitolinus au fils de Marcellus, adolescent d'une grande beauté ; Scantinius C. condamné à une amende par le Sénat [cf Valère Maxime].

Marius, XIV, 4 : Luius ne savait pas résister à l'attrait des beaux garçons ; 6 : le soldat Trébonius tue Lusius qui voulait le violenter [cf pseudo-Quintilien].

Numa, IV, 7-8 : on peut raisonnablement croire qu'un dieu ait de l'amitié pour un homme et que sur cette amitié se greffe le sentiment qu'on appelle éros ; Phoïbos, Hyacinthe et Admète ont été aimés d'Apollon.


Pélopidas [vers -410/-364, général thébain] :
XVIII, 1-2 : bande sacrée composée d'érastes et d'éromènes [cité par Sade] ; critique de Pamménès [général thébain, ami d'Épaminondas ; cf Homère, Illiade] ; 4 : Iolaüs aimé d'Hercule [cité par André Gide] ; Platon appelle l'éraste "ami divin" [cf Phèdre] ;
XIX, 1 : ce n'est pas la passion de Laïos qui fut à l'origine des liaisons des érastes chez les Thébains ; les législateurs favorisèrent cet éros afin de tempérer le caractère des jeunes [cf Freud sur la masturbation] ; 3 : Gorgidas et le bataillon sacré [cité par André Gide] ;
XXVIII, 5 : Alexandre de Phalères avait eu pour paidika le plus jeune de ses beaux-frères [relevé par Gide].


Pompée, XLVIII, 12 : Klodios : qui est le mec qui cherche un mec ? Qui se gratte la tête avec un seul doigt ?

Solon [-VIIe/-Ve siècles], I, 2-3 : sa liaison érotique avec le beau Pisistrate [cf Élien] ; faible en face des beaux garçons [cité par Voltaire] ; 3 : paidérastie interdite aux esclaves par sa loi [cf Banquet des sept sages et Dialogue sur l'amour] ; 4 : Pisistrate fut aussi l'éraste de Charmos et il offrit à l’Académie une stature d’Éros ; II, 2 : un garçon ou une femme ; XXI, 2 : il plaçait la philia au dessus de la parenté.

Sylla, II, 6 : épris du comédien Métrobios qu'il ne cessa pas d'aimer ; XXXVI, 2 : Métrobios jouait en costume masculin des rôles de femmes ; bien qu'ayant dépassé la jeunesse, il ne cessa pas d'être aimé par Sylla, qui ne s'en cachait pas.

Thémistocle, 3 : sa rivalité avec Aristide au sujet d'un jeune garçon, Stésilaos de Céos.

Moralia, Collection Budé, Loeb Classical Library :

Banquet des sept sages, 152d : Solon a rédigé une loi athénienne : les esclaves n'auront pas accès à éros [cf Solon].

Comment distinguer le flatteur de l'ami, 71c : il ne faut pas critiquer un éraste devant son éromène.

Comment tirer profit de ses ennemis, 89e : soupçons d'efféminement [malakia] portés sur Lacydès [successeur d'Arcésilas à l'Académie], à cause de sa démarche et de sa coiffure ; sur Pompée, à cause de son habitude de se gratter la tête d'un seul doigt [cf Pompée].

De la curiosité, 2 : Aristippe curieux de ce que Socrate disait aux jeunes pour se les attacher à ce point. ; 10 : on voit à Rome des gens qui ne font nul cas des tableaux, des statues, ni même, par Zeus, de la beauté des jeunes garçons.


Dialogue sur l'amour [Erotikos] : 750b : Protogène : je suis hostile non à Éros mais à la luxure ; 750c : l’Éros véritable n’a rien à voir avec les femmes ; 750d : Éros qui s'attache à une âme jeune et bien douée aboutit à la vertu par le chemin de l'amitié [origine de l'expression "le sentier de la vertu"] ; 751a : Protogène : il n'y a qu'un Éros authentique, celui des paidika [cité par Montaigne] ; 751b : Solon avait interdi aux esclaves d'aimer les enfants mâles ; Daphné ; le critère du mec érotique ; 751c : vers de Solon : « il aime les gars dans leur jeunesse en fleur, désirant la douceur des lèvres et les cuisses » [traduction Félix Buffière] et d'Eschyle ; 751de : libertinage et efféminement [thelutéti] sont contraires à la nature ; cite Platon [Phèdre, 250e] ; 751f : les désirs pour les garçons et pour les femmes relèvent d'une chose unique ; Éros ; comme un bâtard de vieillard, l'amour des paidika chasse celui qui est légitime [cité par Schopenhauer ] ; il s'est introduit dans les gymnases à la faveur de la nudité [cité par Van Limburg] ; 754d : l'éraste dirige le jeune homme ; 760d : la pièce de Sophocle Niobé [cf plus loin Athénée] ; 760f : l'éromène de Cléomaque assiste à la bataille ; 761a : la paidérastie était en faveur chez les Chalcidiens après la mort de Cléomaque ; 761b : nouvel ordre des soldats : l'éraste à côté de l'éromène ; Éros est le seul stratège invcincible ; 761c : l'éraste et l'éromène sont intrépides ; 761d : divers héros ayant été adonnés à l'érotique ; Iolaös fut aimé d'Hercule [cité par Edward Carpenter]; 761e :  Apollon fut l'éraste d'Admétus ; 767a : Euripide ambidextre devant la beauté [cité par Fourier] ; 768ae : l'union du mâle avec le mâle [arren arrenas homilian] ;  est l'œuvre d'Hybris ; 768ef : vengeances d'hommes dont on avait abusé ; 769b : ni la paidomanie ni la gynécomanie ne méritent le nom d'éros ; 770bc : le philosophe Bion disait que les premiers poils des beaux garçons tuent l'amour pour eux [cité par Montaigne].


De l'éducation, 11d : faut-il éviter ce sujet ? ; 11e : faut-il permettre aux érastes de passer leur temps avec les garçons ? ; hommes qui ont admis les amours masculines et qui ont ainsi fait progresser les jeunes gens vers la culture, le gouvernement des hommes ou la vertu morale [idée reprise par Nietzsche] ; 11f : témoignage d'Euripide en leur faveur : "un autre éros" ; n'admettre que ceux qui sont amoureux des âmes ; 11f-12a : les amours à la thébaine ou à la manière de l'Élide sont à fuir, ainsi que ce qu'on appelle les rapts à la crétoise ; mais les amours à l'athénienne ou à la lacédémonienne sont à imiter [cité par Paul Gide (père d'André)].

Dits notables des Lacédémoniens, 222b : jeune qui rougit lorsqu'il est rencontré avec son éraste [cf Ion]; 231b : homme efféminé [malakoi] par nature.

De l'étude des poètes, 34a [cf Euripide].

De la malignité d'Hérodote, 13 : les Perses ont pratiqué la castration des jeunes gens avant de connaître les Grecs [cité par Forberg].

Des notions communes contre les Stoïciens, 28 : chasse aux jeunes gens imparfaits.

Propos de table [Symposiaques], I, 2, 618d : juste critique de Pamménès : Homère aurait dû ranger l'éraste à côté de l'éromène dans le bataillon [cf Illiade, II] ; 619a : placer ensemble les buveurs ; ensemble aussi les érotiques, non seulement ceux qui aiment les paidika, mais aussi ceux qui aiment les femmes et les jeunes filles ; 5, 622e : les hommes trouvent le plus grand plaisir en voyant leurs éromènes ; l'amant se persuade que son aimé est beau et bon [kalos kai agathos] ; II, 1, 633f : les hommes aiment être taquinés sur leur amour en présence de leurs éromènes ; IV, 5, 671b : certains pensent qu'Adonis était le paidika de Dionysos ; Phanoclès, homme érotique.
VII, 8, 3 : dans la nouvelle comédie, chez Ménandre, « il n'y a pas d'amour des garçons et la séduction des vierges y tourne, très convenablement, au mariage. »

Que les animaux usent de raison, 990d : il ne s'est point trouvé que les mâles se soient jamais joints avec les mâles ; mais cela arrive aux plus brillants et aux meilleurs des hommes ; 990e : si un coq monte sur un autre coq, on le brûle tout vif [cité par Buffon].

Questions romaines, 40 : sports à l'origine de l'amour infâme [cité par Montesquieu et par A. Becker] ; 101 (287f-288a) : les enfants libres auraient porté un badge [bulla] parce que les Romains aimaient les jeunes esclaves, comme le prouvent leurs comédies, mais s'abstenaient des garçons de naissance libre.

pseudo-PLUTARQUE (Ier/IIe siècles),
Histoires d'amour, Loeb Classical Library :
II, 772ef : mort d'Actéon qui était aimé par Archias ; III : Aristodème et le garçon.


MAXIME DE TYR (vers 125 / vers 185), sophiste grec,

Dissertations, Bibliotheca Teubneriana, traduction (parfois revue) de J. J. Combes-Dounous, 1802 :

XXIV, " Qu'est-ce que l'érotique de Socrate ? ", i : jeune Corinthien amoureux d'Actéon ; " Périandre, tyran d'Ambracie faisait ses plaisirs d'un jeune Ambracien. Ce commerce n'avait rien que d'illégitime. C'était plutôt une passion honteuse que de l'amour. Aveuglé par son pouvoir, Périandre prenait ses ébats au milieu de l'ivresse, sans précaution, avec son Ganymède. "
ii : L'autre espèce d'éros ; " Épaminondas affranchit Thèbes de la domination de Lacédémone avec une phalange d'amants. Un grand nombre de jeunes Thébains étaient amoureux chacun d'un beau garçon. Epaminondas fit prendre les armes aux uns et aux autres. Il en forma un bataillon sacré. Ces jeunes gens, pleins d'intrépidité et de courage, combattirent avec beaucoup d'adresse, et ne se laissèrent point mettre en déroute. Ni Nestor, le premier des Capitaines dans les champs Troyens, ni les Héraclides dans le Péloponnèse, ni les Péloponnésiens dans les campagnes de l'Attique, n'eurent une pareille phalange. Chacun des amants était obligé de bien payer de sa personne ; soit par amour-propre, parce qu'il combattait sous les yeux de ce qu'il aimait ; soit par nécessité, parce qu'il combattait pour ce qu'il avait de plus cher. De leur côté, les garçons voulaient se montrer les émules de leurs amants "
iv : " Osons demander à Socrate quelque compte de sa conduite. Qu'il nous apprenne ce qu'il disait de lui-même dans ses discours. Qu'entendait-il, lorsqu'il disait en parlant de lui, « qu'il était le serviteur de l'amour ; qu'il était la règle blanche pour les beaux garçons, qu'il était habile dans son art : qu'Aspasie de Milet, et Diotime de Mantinée, en tenaient école ; qu'il avait pour disciples, Alcibiade, le plus pimpant des Athéniens ; Critobule, l'Athénien le plus à la fleur de l'âge ; Agathon, le plus abandonné à la mollesse ; Phædre, à la divine tête ; Lysis, le Ganymède, et Charmide, le beau garçon ? [...] il veut qu'il soit permis au citoyen qui fait l'action la plus louable, d'aimer, parmi les beaux, garçons celui qui lui plaît le plus. O l’admirable récompense ! "
v : " Rien ne se ressemble moins que Socrate éperdu d'amour, et Socrate modèle de tempérance ; que Socrate brûlant à l'aspect des beaux garçons, et Socrate gourmandant le libertinage. Est-ce bien Socrate, l'antagoniste de Lysias sur le chapitre de l'amour, qui touche de son épaule l'épaule de Critobule, qui revient de la chasse du bel Alcibiade, que la seule présence de Charmide met hors de lui ? Sont-ce là des choses qui conviennent aux mœurs d'un philosophe ?  "
vi : " Socrate ne fut attaqué, sous le rapport de l'amour, ni par ces adroits accusateurs, ni par Aristophane même, le plus acharné de ses ennemis, qui fit entrer dans les pièces de théâtre dirigées contre lui, tout qui pouvait prêter à la malignité comique. Il lui reprocha sa pauvreté ; il le traita de mauvais bavard, de sophiste; il l'attaqua sur tout, hors sur l'obscénité de ses amours. Il n'y a donc pas apparence que les calomniateurs, ni les auteurs comiques, eussent contre Socrate la moindre prise, de ce côté-là. "
vii : " Nous pouvons d'abord répondre à ses modernes accusateurs, qui ne sont pas moins fougueux que les anciens, que ce genre d'amour n'est pas l'invention de Socrate, mais qu'il est beaucoup plus ancien et nous produirons pour témoin Socrate lui-même, le louant, l'admirant, et désavouant d'en être l'auteur. Car, Phèdre de Myrrhine lui ayant montré le discours de Lysias, fils de Céphale, sur cette matière, Socrate lui dit, qu'il ne voyait pas une grande merveille à être plein comme une outre des ouvrages d'autrui, tels que ceux de la belle Sapho, (car il se plaît à l'appeler ainsi, à cause de la beauté de ses vers, quoiqu'elle fût petite et brune), ou d'Anacréon qu'il nommait le sage. Le panégyrique de l’amour qu'il prononça, dans le Banquet, il l'attribue à une femme de Mantinée. Mais, que l'auteur de cet ouvrage fût une femme de Mantinée, ou de Lesbos, reste qu'il n'appartenait point à Socrate, et qu'il n'en avait point les prémices.  "
viii : " On avait aussi entre deux hommes, entre Patrocle et Achille, un amour que les travaux et le temps consolident, et qui dure jusques à la mort. Ils sont jeunes, et ont des mœurs l'un et l'autre. L'un donne des leçons ; l'autre les reçoit. L'un a du chagrin ; l'autre le console. L'un chante ; l'autre écoute. C'est aussi un trait caractéristique d'amour, de demander, d'un côté, la permission de combattre, et de pleurer, dans la crainte de ne pas l'obtenir; tandis que, de l'autre, on se laisse fléchir ; on pare le suppliant de ses propres armes; on tremble du retard de son retour; on veut mourir, en apprenant, sa mort ; et on abjure ses ressentiments. L'amour se retrouve jusque dans les rêves, dans les songes, dans les larmes d'Achille, et dans la dernière offrande qu'il fait au tombeau de Patrocle, dans sa chevelure. Tels sont les tableaux de l'amour qui nous sont présentés dans les ouvrages d'Homère. "
ix : " Les ouvrages de Sappho (s'il est permis de comparer les modernes aux anciens) ne renferment-ils pas tous les principes de Socrate sur le sujet de l'amour ? Socrate et Sappho me paraissent avoir dit la même chose, l'un de l'amour des hommes, et l'autre de l'amour des femmes. Ils annoncent qu'ils ont de nombreuses amours, et que la beauté est toujours sûre de les enflammer. Ce qu'Alcibiade, Charmide, et Phædre, sont pour Socrate, Gyrinne, Athis et Anactorie, le sont pour Sappho. "

XXV, i : " Socrate [...] vit que tout fourmillait d'impurs débauchés, et de Ganymèdes (02) pris dans les pièges. Il eut pitié des uns et des autres. Il ne pouvait point opposer à ce genre de libertinage une loi. Car il n'était ni Lycurgue, ni Solon, ni Clisthène, ni aucun de ceux qui, revêtus d'une délégation publique, avoient de l'empire sur l'esprit des Grecs. "
ii : " Chez les autres, l'amour n'était que l'appétit du désir qui se perd en vagabond dans les jouissances, qui a sa source dans les agréments corporels, qui attire et séduit les yeux, et par eux s'insinue dans l'âme. Car les yeux sont le chemin de la beauté (08). Chez Socrate, l'amour ne le cédait point en intensité à celui des autres : il était différent sous le rapport du désir, plus modéré sous le rapport de la jouissance, plus ingénieux sous le l'apport de la vertu. Il avait son principe dans la beauté de l'âme qui se dessine sur le corps. "
iii : " En se passionnant pour un beau jeune homme, Socrate et Clisthène ont des vues toutes différentes. L'aiguillon de Socrate est son amour pour la vertu ; celui de Clisthène est son goût pour le plaisir. "
iv : " Lors donc que vous entendrez dire d'un philosophe, qu'il aime, et d'un débauché, qu'il aime aussi, ne donnez pas le même nom au sentiment de l'un et de l'autre. L'un cède à l'impulsion du plaisir, l'autre est entraîné par les charmes de la beauté. "
v : " Un Spartiate [Agésilas], qui n'avait point été nourri au Lycée, qui n'avait point fréquenté l'Académie, qui n'avait point été instruit dans les principes de la philosophie, ayant rencontré un jeune-homme [Mégabate], Barbare à la vérité, mais extrêmement beau, et déjà dans la fleur de l'âge, en devint amoureux. Eh ! comment s'en serait-il défendu? Mais son amour n'alla point au-delà de ses yeux. "

XXVI, i : " DES Grecs firent prisonnier un Thrace, nommé Smerdis. C'était un Ganymède pour un Roi. Il s'enorgueillissait d'attirer tous les regards. On en fit cadeau à un tyran d'Ionie, à Polycrate de Samos (04), qui l'accueillit avec satisfaction. Polycrate devint amoureux de Smerdis, qui inspira, en même temps, au poète de Téos, à Anacréon, une affection décidée. Smerdis reçut de Polycrate, de l'argent, de l'or, et tout ce qu'il était dans l'ordre qu'un beau Ganymède reçût d'un tyran qui l'aimait. Il reçut d'Anacréon des hymnes, des louanges en vers, et tous les hommages de cette nature, qu'un poète décerne à l'objet qu'il aime. Or, si l'on compare l'amour à l'amour, celui du tyran à celui du poète, quel est celui des deux qui paraîtra le plus auguste, le plus céleste, le plus digne d'être consacré à Vénus, d'être regardé comme l'œuvre d'un Dieu? Je pense, moi, que c'est celui dont les Muses et les Grâces forment le cortège, plutôt que celui qui cède à la nécessité, et à la crainte. Celui-ci est d'un esclave, d'un misérable mercenaire ; celui-là est d'un homme libre, d'un Grec. "
ii : " Éros est peu familier aux Barbares. "
iv : " Éros uni au logos ne laisse pas d'être une passion. Mais, si vous ôtez le logos, vous dérangez toute la symétrie; vous n'en faites plus qu'une maladie. "
v : " Éros est une faim de la psyché. "
viii : " Il est honteux à un adolescent, en Crète, de n'avoir point d'amoureux. Mais il est également honteux à un Crétois de toucher à ses aimés. O l'admirable loi ! dans laquelle on a si heureusement allié l'amour et la tempérance! "

XXXVII, v : " Anacréon rendit moins cruelle pour les Citoyens de Samos la tyrannie de Polycrate, en faisant aimer à ce tyran le beau Smerdis, la chevelure de Cléobule., la flûte de Batylle, et les chants ioniens. "



ATHÉNÉE DE NAUCRATIS (IIe/IIIe siècles), rhéteur grec,

Les Sages attablés [Le Banquet des Sophistes], Bibliotheca Teubneriana, Collection Budé (incomplet), Loeb Classical Library :

I, 15bc : Damoxène enthousiasmé pour un garçon de 16 ou 17 ans ; 20ef : après la bataille navale de Salamine [en l’an -480] Sophocle dansa nu et huilé [cité par André Gide] ; 25c : Eubule : point de femmes dans leur camp ; ils sont revenus de la guerre de Troie avec le cul plus large que les portes de la ville [belle hyperbole ...].
III, 103bc : pièce de Baton le comique [IIIe siècle] intitulée Précepteur qui trompe la jeunesse d'un adolescent ;
IV, 161b : Alexis, dans ses Tarantins : Épicharidès est amateur de chiens [de débauchés] et fait pourtant partie des pythagoriciens.
V, 187e-188a : Alcibiade intoxiqué par l'amour du garçon [pais] Charmide ; Callias et son paidika Autolycus ; cite  Xénophon,  Symposium ; 216ef : Pausanias [athénien] éraste d'Agathon ; affirme dans le Symposium de Xénophon qu'une armée composée de paidika et d'érastes serait très vaillante ; 217a : Pausanias livre sa pensée sur l'érotique.
VI, 260b : licence impure de Philippe de Macédoine, d'après Théopompe, Histoires, XXVI.
VII, 310b : Théognis ne désavoue pas sa paidérastie.
VIII, 339ac : railleries d'Antiphanes et révélations d'Eschine [cf Contre Timarque, 41] contre l'athénien Misgole, enflammé par la vue de jeunes.
IX, 389c : Aristote sur les perdrix mâles.
X, 423e : Les Paidérastes, oeuvre de Diphile [pièce perdue du poète comique du -IVe siècle] ; 427d : le cottabe [bassin pour le vin] servait à honorer les éromènes ; Pindare dit honorer ainsi Agathon ; 445e : Alcée [de Mytilène] auteur de la pièce Ganymède ; 451c : la chose la plus forte du monde : le pénis, à qui tout est possible si l'on n'est insensible ;
XI, 505f : Platon : Zénon [d'Élée] fut le paidika de Parménide [cf Parménide, 127] ;
XII, 522de : orgie des Tarentins en plein jour ; 523c : les Massaliotes sont devenus efféminés ; faiblesse [malakia] de caractère, efféminement par le luxe ; proverbe : "Voguez vers Massalia." [cf Plaute] ; 540e : Polycrate tyran de Samos, passionné par les liaisons masculines [arrenon homilias] ; 542d : Douris [-IIIe siècle], Histoires, XVI : Démétrius passait en secret ses nuits avec de jeunes gens [cité par W. Becker]. 


XIII, 561f : légion sacrée des Thébains, composée d'érastes et d'éromènes ; 563ef : reluqueurs de gamins, en bons disciples de Zénon [de Citium] qui ne s'adressait pas aux femmes, mais aux paidika ; vous dites que les éromènes doivent être gardés jusqu'à 28 ans ; 564a : même dans les temps anciens on aimait les garçons, on appelait les éromènes "paidika" ; 564b : Aristote a dit que les érastes ne regardent que les yeux de leurs éromènes [fragment ne figurant pas dans les œuvres conservées] ; 564f : les éromènes des Stoïciens ont des mentons rasés ; 565e : vous appelez cinèdes ceux qui se parfument ; 565f : éromènes aux mentons et culs rasés ; 592f : Démosthène tomba amoureux d'un nommé Aristarque ; 601a : le poète Stésichore [vers -600] était immodérément adonné à l'érotique ; chansons appelées paidika ; les pratiques d'érotique étaient tellement actives, et personne ne considérait ces érotiques [ou érotistes ?] comme vulgaires, qu'un grand poète comme Eschyle, et aussi Sophocle, introduisirent le thème d'éros dans leurs tragédies -- le premier celui d'Achille et Patrocle [Myrmidons], le second celui des garçons dans Niobé, pièce que certains appellent Paidérastria ; 601c : Pindare était érotique sans mesure ; 601d : Théoxène de Ténédos était l'éromène de Pindare ; 601ef : beaucoup préfèrent l'amour des paidika aux liaisons féminines ; les Crétois et les Chalcidiens d'Eubée ont une passion pour les paidika ; Échémène dit dans son Histoire de Crète que c'est Minos qui enleva Ganymède ; 601f : Minos était l'éraste de Thésée [cité par Chateaubriand] et lui donna sa fille Phèdre en mariage, selon Zénis ou Zéneus de Chios ; 602ab : Jérôme de Rhodes [-290/-230] : ces amours de garçons [paidon érotas] se répandirent ; les érastes ne voulaient pas passer pour lâches aux yeux de leurs paidika ; légion sacrée organisée à Thèbes par Épaminondas [cité par Chateaubriand] ; Harmodios et Aristogiton ; éros de Chariton et Mélanippe [cité par E. Carpenter] ; Mélanippe était le paidika d'après Héraclite le Pontique dans Péri Érotikon ; 602d : mort de Cratinos et de son éraste Aristodémos ; les tyrans essayèrent d'abolir entièrement les amours des paidika [cité par J. Potter] ; 602f : la paiderastie passa de Crète en Grèce, selon Timée [vers -356/-260] ; d'autres déclarent que Laïos fut l'initiateur de ces amours [érotos ; cité par Forberg ; et par Chateaubriand : " Des savants, dans Athénée, examinent doctement quand l'amour pour les jeunes garçons commença. Les uns le font remonter à Jupiter, et les autres à Minos, qui devint amoureux de Thésée ; les autres à Laïus, qui enleva Chrysippe, fils de Pélops, son hôte. Hiéronyme, le péripatéticien loue cet amour et fait l'éloge de la légion de Thèbes ; Agnon l'académicien rapporte que chez les Spartiates il était licite à la jeunesse des deux sexes de se prostituer légalement avant le mariage. " (Études historiques, Cinquième discours, troisième partie "Mœurs des païens")] ; il devint amoureux de Chrysippe, fils de Pélops [cité par W. Becker] ; 603a : Praxilla de Sycyon [poétesse lyrique grecque ] dit que Chrysippe fut enlevé par Zeus [ou par Œdipe ?] ; bien que les Celtes aient de belles femmes, ils préfèrent les paidika [cité par H. Estienne]; ils dorment sur des peaux d'animaux avec deux éromènes ; le roi Alexandre était follement philopaide et épris de l'eunuque Bagoas ; 603d : [cf Ibycos]; 603e : Sophocle était philomeire [cité par Forberg], et Euripide philogyne ; 603f [cf Ion de Chios] ; 604c [cf Ion de Chios] ; 604de : Hiéronyme de Rhodes : anecdote du manteau de Sophocle ; 605a : Onomarque [stratège phocéen] était philopaide ; 609d : Charmos a été l'éraste d'Hippias.


XIV, 620ef : le récitant des poèmes de Sotades de Maronée est appelé cinédologue ; 638b : Amêtor d'Éleutherne fut le premier à jouer à la harpe des chansons érotiques ; 639a : poèmes érotiques pas différents de ceux de Sappho et d’Anacréon, d’après Cléarque.
XV, 670b : éros est un lien de certaines personnes portant des couronnes ; 670d : on mettait des couronnes aux portes des éromènes ; l'éromène est l'image d'éros ; 677d : Callixène de Rhodes, dans ses Livres d'Alexandrie, mentionne Hadrien et Antinoüs ; 692f : invocation d'Harmodios selon les Villageois d'Antiphane ; 695c : j’aimerais devenir une lyre portée par de beaux garçons ; 697de : chanson composée par Séleucus : je serai paidophile ; j'aimerais cela plutôt que de me marier, un garçon [pais] peut m'assister à la guerre ; 699c : paidomanie du tyran Agathoclès.


DIOGÈNE LAËRCE (début IIIe siècle), écrivain grec,

Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres, ou Vies et doctrines des philosophes illustres, Collection Budé (incomplet), Loeb Classical Library, Classiques modernes ; Flammarion, collection GF ; Pochothèque (Le Livre de poche) : 

II, 19 : Socrate fut le paidika [garçon aimé] d'Archelaos, selon Aristoxène [cf Porphyre et Souda ; cité par Montaigne] ; 23 : Ion de chios raconte que dans sa jeunesse Socrate visita Samos en compagnie d’Archelaos ; 31 : Socrate a méprisé la beauté d'Alcibiade [cf Platon, Symposium] ; 49 : Xénophon était l'éraste de Clinias, selon Aristippe [cité par Montaigne] ; 50 : Xénophon accusa Ménon de Pharsale d'être plus jeune que son paidika [cité par Becker] ; 76 : Aristippe hostile aux cinèdes ; 99 : le sage peut avoir des éromènes [aimés] ; le garçon et le jeune homme sont utiles pour faire l'amour, selon Théodore [cité par Montaigne] ; 105 : Phédon fut forcé de se prostituer [cf Aulu-Gelle ; cité par Montaigne] 

III, 29 : Platon aima Aster ; 30 : aima aussi Dion ; 31 : Alexis et Phèdre [qui avait vingt ans de plus que Platon] ; 32 : il embrasse Agathon et lui transmet son âme ; 81 : selon lui, l'érotique pourrait être une quatrième sorte de philia [après l'affection familiale, l'amitié qui naît de la fréquentation, et celle qu'impose les devoirs d'hospitalité ; cf Aristote]. 

IV, 7 : Xénocrate de Chalcédoine dédaigna les avances de la courtisane Phryné ; 17 : Polémon accusé par sa femme d'avoir eu des rapports avec des jeunes gens [cité par Montaigne] ; 19 ; 21 : Cratès fut l'élève et l'éromène de Polémon ; 22 : Arcésilas de Pitane fut l'éromène de Crantor ; 24, 30 ; 34 [cité par Montaigne] ; 40 : Arcésilas fut appelé cinédologue par les élèves de Chios le stoïque ; 41 : Arcésilas épris de Démétrios et de Cléochare ; 47 : on reproche à Bion de Borysthène [vers -325/vers -255] de ne pas courtiser un certain jeune homme ; 49 : son reproche à Alcibiade d'avoir détourné les maris de leurs femmes, puis plus tard les femmes de leurs maris [cf Suétone sur César] ; 53-54 : coucha avec son élève Bétion. 

V, 3 : Aristote aurait eu Hermias comme paidika ; 20 : à la question "Qu'est-ce qu'un ami ?" il répondait : "une seule âme en deux corps" ; demander pourquoi on recherche les beaux est une question d'aveugle [cf Stobée] ; 31 : il considérait l'érotique comme une source d'amitié ; il disait qu'éros, ce n'est pas seulement coucher, mais aussi philosopher ; 39 : Théophraste aima Nicomaque, selon Aristippe ; 93 : 

VI, 46 : Diogène de Sinope hostile aux garçons fardés ; 58 : transformer les érastes [amants] du corps en érastes de la beauté de l'âme ; 80 : Diogène de Sinope aurait écrit une Érotique et un Ganymède ; 91 : Cratès frappa le derrière de Ménédème en demandant : "Asclépiade est là ?". 

VII, Les Stoïciens, 17 : Zénon de Citium fut amoureux de Chrémonidès ; 18 : les philopaides perdent la raison à force de passer leur temps avec les garçons ; 113 : éros, désir qui ne vient pas aux sages [ou qui ne vise pas au bon motif] ; 166 : on dit qu'alors qu'il était enfant, Hérillos de Carthage [vers -260] trouva de nombreux érastes

VIII : 10 : on était païs jusqu'à 20 ans selon Pythagore ; 60 : Pausanias [un médecin] était l'éromène d'Empédocle ; 71 ; 86 : certains disent qu'Eudoxe de Cnide était le paidika de Théomédon. 

IX, 25 : Zénon d'Élée fut l'élève et le paidika de Parménide [cf Platon] ; 111 : Timon a écrit des poèmes cinédiques ; 113 : il [Timon] avait la raillerie facile. 

X : cf ÉPICURE.


Pseudo-Lucien, IIIe-IVe siècle,

Les Deux Éros, Loeb Classical Library VIII ; traduction Roger Peyrefitte (1954, 1973) :

4 : Théomneste : discussion comparative sur les philopaides et ceux qui aiment les femmes ; 5 : Lycinus annonce le récit d'une discussion entre deux mecs [andros] sur les deux sortes d'amour [récit du dialogue : 19-52] ; l'un prenait un plaisir excessif avec les paidika [garçons aimés], tandis que l'autre, ignorant de l'éros des mâles, était attiré par les femmes ; 9 : Kallicratide aimait les palestres seulement à cause de son éros pour les paidika ; sa misogynie lui faisait souvent maudire Prométhée ; 11 : Kallicratide aurait préféré voir l'Éros de Thespie plutôt que l'Aphrodite de Cnide [deux statues] ; 19 : Chariclès [jusqu'en 28] : Aphrodite, par ta grâce permet que les hommes restent masculins ; 20 : la luxure transgressa les lois de la nature ; 22 : chez les animaux, les lois de la nature sont préservées ; 23 : argument des disciples de Socrate [cité par Festugière] ; 24 : ce ne sont pas des philosophes, ceux qui appellent la beauté du corps, vertu de l'âme ; 25 : les services rendus par une femme sont supérieurs à ceux d'un paidika ; 27 : le garçon outragé n'a pas de plaisir [cité par Chateaubriand] ; 28 : si on accepte l'union [homilia] entre mâles, que les femmes aussi puissent s'aimer entre elles ; 30 : Kallicratide [jusqu'en 49] : Aphrodite, soit bienveillante, car nous aussi nous honorons ton fils, Éros ; 31 : l'éros des mâles est la seule activité qui combine plaisir et vertu ; nous sommes des étrangers isolés dans une terre étrangère [cité par J. Boswell] ; cependant nous ne nous laisserons pas envahir par la peur et nous ne trahirons pas la vérité ; 33 : le mariage est un remède contre la nécessité, mais l'éros des mâles découle d'un esprit philosophique ; 35 : l'amour des femmes est nécessaire, mais celui des mâles est une invention supérieure, bien que plus récent ; 36 : l'amour le plus stable est celui des mâles ; 39 : laideur des femmes au réveil [cité par Chateaubriand] ; 44 : opposer aux maux associés aux femmes la vie masculine d'un garçon ; 45 : éducation philosophique et exercices du corps ; 46 : qui ne serait pas éraste [amant] d'un tel garçon ? ; 47 : l'amour était le médiateur de l'affection entre Oreste et Pylade [cf Pindare ; cité par Chateaubriand] ; Pylade se montra être plutôt l'éraste que l'éromène [aimé] ; 48 : avec le temps, il devient difficile de savoir qui est l'éraste de qui ; 49 : on devrait aimer les jeunes comme Alcibiade a été aimé par Socrate ; 51 : Théomneste : la paidérastie ne devrait être permis qu'aux sages ; 53 : Théomneste admire la solennité des discours suscités par cette paidérastie ; éros se fait une échelle de plaisir : vue, contact, baisers, caresses, 54 : Socrate était autant adonné à l'érotique que n'importe qui ; le plaisir était au service de l'amitié entre Achille et Patrocle ; cite Eschyle [fragment 136].